Bugarama-Rusizi : Dirigeants de base et citoyens pour l’éradication de la polygamie

Redigé par NDJ
Le 2 janvier 2018 à 09:57

Le phénomène de polygamie persiste dans la petite cité agricole de Bugarama en District de Rusizi à la frontière avec le Burundi. Ici, la plupart des hommes avaient l’habitude de prendre plus d’une femme pour épouse. Dans cette cité, on y observait récemment un vagabondage sexuel exagéré parmi les jeunes gens avec pour conséquences beaucoup de grossesses non désirées.

De l’avis des habitants de cette cité, la sensibilisation des dirigeants de base à l’éradication de cette situation sociale négative semble porter ses fruits. C’est du moins ce que constate Odette Mukayiranga, une habitante de la cité, mariée très tôt à 15 ans avec un mari qui a trois femmes.

« Après notre mariage, mon mari a eu envie de prendre trois autres femmes. Il partait périodiquement vivre chez ces femmes-là pour, à la fin, revenir au foyer. En ce moment-là nous n’avions pas des dirigeants qui plaidaient pour nous », a dit Odette parlant de la période d’avant le génocide des Tutsi de 1994.

Ce vice ne se pratique plus actuellement, a-t-elle ajouté disant que des maris polygames sont ceux qui ont pris ces femmes-là avant la période dudit génocide.

« Ceux qui ont actuellement ce vice ne gardent pas longtemps ces femmes-là. Il est des fois où il est intimé ordre à ces femmes de rentrer dans leurs familles parentales », a-t-elle ajouté.

L’origine de ce phénomène de polygamie ?

Ramadhan Nderabakura tente d’expliquer la question attribuant la cause au fait que Bugarama est fertile, qu’à la récolte et la vente de la production agricole, les hommes ont beaucoup d’argent qui les rend ivres de joie pour chercher d’autres femmes.

« C’est surtout les nouveaux venus qui pratiquent actuellement cette polygamie. Les natifs qui ont plus d’une femme, c’est une histoire qui date d’avant guerre », a-t-il dit.

Pourtant cet homme semble donner une explication qui n’est pas assez plausible. Le Secrétaire Exécutif de Secteur Bugarama, Gervais Ntivuguruzwa, a une autre façon de comprendre le phénomène. Il trouve que cette cité avec ses minarets de mosquée, on a une culture islamique qui date depuis longtemps.

« Le phénomène a quelque chose à avoir avec la culture islamique. Ici, nous avons une grande partie de la population islamisée. Nous avons aussi des gens qui viennent de part et d’autre du pays en quête de terre généreuse. Ceux-là en plus de chauffeurs de nationalités étrangères qui fréquentent cette cité viennent avec des vices variés dont ce défaut d’avoir de nombreux partenaires sexuels », a dit Gervais qui sait ce qu’il dit surtout que la cité est très fréquentée par des milliers de chauffeurs de camions venant s’approvisionner en tonnes de ciment produit par la CIMERWA (Cimenterie du Rwanda) érigée dans cette ville.

Selon ce dirigeant, cette cité frontalière du Burundi et de la RDC subit les influences des habitants de ces pays-là. « Les habitants de ces pays ne sont pas encore imprégnés de la culture de gender et de la lutte contre la polygamie », a ajouté Gervais qui dit avoir arrêté des stratégies idoines pour courber cette influence négative :

« Nous, dirigeants de secteur, de cellules et de villages Imidugudu en collaboration avec les instances de base des femmes, avons décidé que jamais nous n’accepterons de voir une jeune fille aller se constituer femme à un homme régulièrement et officiellement marié à une autre femme. Pour les filles qui le font à notre insu, nous lui disons de retourner chez ses parents tout en lui montrant les conséquences futures qu’elle encourt en restant chez cet homme légalement marié à une autre femme légitime », a indiqué Gervais montrant qu’à un certain moment même les affaires sentimentales connaissent une obligation de discipline.

Cette stratégie du forcing, a-t-il dit, couplée d’une sensibilisation de tous les instants au cours des assemblées générales des citoyens, a donné de bons effets car le phénomène est entrain de s’éradiquer de plus en plus dans la cité de Bugarama et ses alentours.

Texte inspiré du texte de Makuruki.rw portant titre "Bugarama :Umugore wishyingiye ku mugabo w’abandi basigaye bamukurayo huti huti" du 27 decembre 2017


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