Des grossesses non désirées et abandons scolaires : Des réflexions idéologiques

Redigé par K.A&NDJ
Le 11 février 2018 à 02:27

Le problème des grossesses non prévues des jeunes filles dans les écoles rwandaises continue de préoccuper parents, éducateurs, autorités et différents partenaires qui ne cessent de réfléchir sur une solution définitive à ce fléau.
Les statistiques du Migeprof (Ministère du genre et promotion de la femme) montrent qu’en 2016, 17.500 filles entre 16 et 17 ans ont attrapé des grossesses non désirées. Ceci revient à dire qu’en moyenne 47 filles par jour ont eu des enfants dans tout le pays.

Mme Umutoni Gatsinzi Nadine, Secrétaire Permanente près MIGEPROFE

Les statistiques de fin d’année 2017 montrent que rien que dans le District de Kirehe, à peu près 970 jeunes filles de cette tranche d’âge ont été engrossées, ce qui laisse supposer que c’est le même cas ailleurs sinon plus.

Le taux de grossesse explique que sans doute qu’elles conçoivent quand elles sont encore au banc de l’école secondaire. Ceci fait que d’aucuns se demandent pourquoi une politique de planning et une éducation sexuelle ne serait-elle pas conçues puis enseignées dans les écoles du pays, et que parallèlement des préservatifs soient mis à la disposition des adolescents dans les lieux publics accessibles à eux y compris dans les isoloirs et les lieux d’aisances.

Une autre opinion voudrait voir poursuivre un encadrement et un débat sur la reproduction qui continuerait même en famille. En d’autres termes, il faut associer les parents à l’éducation sexuelle et partant, d’éducation la reproduction. Aussi faut-il que ces nouveaux partenaires en éducation que sont les parents devraient subir cette formation scientifique sur la reproduction.

Pour sa part, l’Eglise Catholique demande que des recherches se fassent. Elle n’a jamais soutenu l’usage des préservatifs dans les écoles tout comme elle n’a jamais non plus encouragé ses chrétiens à les utiliser. Le responsable du Bureau de la Conférence Episcopale pour l’éducation catholique au Rwanda, Abbé Janvier Nduwayezu, a déclare à “IGIHE” qu’il est nécessaire que soient réalisées des recherches afin que l’on sache le vrai motif qui fait qu’un grand nombre de jeunes filles continuent à attraper des grossesses non désirées.

Abbé Janvier Nduwayezu, Directeur du Bureau Education Catholique près la Conférence Episcopale : Un défi qui demande des recherches poussées
Le Migeprof trouve lui non plus, qu’il ne convient pas de distribuer des préservatifs dans les écoles car cela risquerait de transmettre un message plutôt nuisible. Selon la Secrétaire Permanente au Migeprof, Umutoni Gatsinzi Nadine, dans son entretien avec “IGIHE”, la distribution des préservatifs dans les écoles reviendrait à dire aux jeunes filles qu’il leur est permis de faire des relations sexuelles, ce qui est contraire au message que nous voulions leur transmettre.
Elle dit qu’une sensibilisation des jeunes filles en plus d’une explication sur le fonctionnement de leur corps et les conséquences des relations sexuelles peuvent être d’une grande utilité. La Secrétaire du Migeprof promet une collaboration avec d’autres institutions concernées et que des punitions très sévères seront appliquées pour dissuader les malfaiteurs et ainsi éradiquer ce fléau.

Soeur Nayituliki, Directrice de Lycée Notre Dame de Cîteaux, elle défend contre vents et marées la chasteté, la virginité et l’abstinence chez les jeunes adolescents
Question idéologique : Valeur du mariage-Epanouissement au travail

Les déclarations de la Secrétaire Permanente près le MIGEPROF dénotent une conception de l’éducation sexuelle à la traditionnelle couplée de l’abstinence sexuelle jusqu’au mariage tel que professé dogmatiquement par l’église catholique, protestante et islamique.

La Secrétaire a droit d’être la gardienne de l’éducation sexuelle traditionnelle qui garde jalousement la valeur socialement sacrée du mariage au détriment de l’épanouissement de la jeune fille et du jeune homme pour mieux être très productif et plein d’initiative au travail générateur de richesses sociales.

En d’autres termes, nous sommes en face d’une question cruciale qu’on ne règle pas comme il faut depuis que l’école publique n’est plus élitiste et que cette école ne garde l’apprenant que 8 heures, laissant le reste de l’éducation, 16 heures, la plupart des élèves étant sous le régime de l’externat, aux parents qui, la plupart d’entre eux, étant à la limite de l’analphabétisme ou du moins ne comprenant rien de la nouvelle tendance de l’économie sociale qui fonce tout droit vers le dur capitalisme.


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