Les stades, qui devraient constituer des lieux d’animation populaire, de cohésion sociale et de rayonnement international, deviennent à l’évidence le miroir d’une défaillance structurelle profonde.
Dans ce contexte, la déclaration de Vidiye Tshimanga, président des Aigles du Congo, prend une résonance particulière. Son désarroi face à l’état déplorable du Stade Tata Raphaël illustre un scandale persistant : des infrastructures vétustes, des inondations récurrentes et un entretien presque inexistant, qui détonnent singulièrement avec les standards requis pour le football professionnel.
Cette situation, loin d’être anecdotique, traduit un manque de planification et d’investissement public dans un secteur capable de mobiliser des masses et de générer un prestige international.
Le problème se double d’une urgence normative et organisationnelle : le Stade des Martyrs, principal équipement national, a perdu depuis janvier 2026 son homologation par la Confédération africaine de football (CAF) pour les compétitions internationales. Cette décision prive les clubs congolais de structures fiables et sécurisées, et souligne de manière éclatante la négligence chronique des autorités envers les infrastructures sportives.
Sport et gouvernance : entre urgence structurelle et responsabilité politique
L’état des stades congolais révèle une contradiction flagrante : tandis que le football demeure un vecteur d’identité nationale et de fierté populaire, les pouvoirs publics semblent incapables de mettre en œuvre une politique cohérente de maintenance et de modernisation. Le Stade Tata Raphaël, véritable symbole historique, et le Stade des Martyrs, censé incarner l’excellence, se trouvent réduits à l’état de vestiges mal entretenus.
Cette situation n’est pas sans conséquence : elle fragilise la compétitivité des clubs, limite l’accès du pays aux compétitions internationales et alimente un sentiment de frustration légitime parmi les acteurs du sport et les citoyens.
La responsabilité politique est ici engagée : l’inaction prolongée face à ces infrastructures dégradées est révélatrice d’une gouvernance court-termiste, incapable de conjuguer ambition nationale et planification stratégique.
Plus qu’un simple scandale sportif, le désarroi exprimé par Vidiye Tshimanga illustre une problématique plus large : la nécessité impérieuse pour la RDC de repenser sa politique d’infrastructures et de services publics, afin que des lieux emblématiques comme les stades ne deviennent pas des symboles de délabrement, mais au contraire des instruments de cohésion, de développement et de rayonnement international.
En définitive, la crise des stades congolais est le révélateur tangible d’un manque de vision stratégique, dont les effets se propagent à l’ensemble des services sociaux et des infrastructures de base et qui appelle une réorientation urgente des priorités nationales.














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