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Le Président Museveni vainqueur des élections avec 65.02%, résultats partiels

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 15 janvier 2021 à 02:14

Les élections ugandaises se terminent dans le calme et le bruit de bottes militaires qui ont quadrillé hier, le jour du rendez-vous électoral, tous les bureaux de vote du pays. Les résultats partiels donnent Kaguta Yoweri Museveni, 76 ans, le Président sortant, gagnant avec 65.02%.

Le jeune fringant Robert Kyagulanyi, alias Bobi Wine, 39 ans, a beau crier à la supercherie, il risque de se tromper car sa popularité urbaine de Kampala n’atteint pas encore l’imaginaire populaire des contrées rurales éloignées qui est plein de l’image d’un Museveni révolutionnaire ou d’un nouveau roi régnant imposé et incontournable depuis 1986.

Il est rapporté que sur 34.684 bureaux de vote mis en place dans tout le pays, le décompte a porté sur 8.310. Le décompte montre que Museveni y totalise 1.536.205 urnes, soit 65.02% et Kyagulanyi 647.146, soit 27.39%. Les autres 9 candidats semblent ne pas avoir retenu l’attention des électeurs ugandais.

Kyagulanyi crie à la supercherie
L’opinion publique ugandaise et internationale n’est pas étonnée de ce score provisoire qui risque de se confirmer. Ici ou là, les observateurs de Kyagulanyi ont été empêchés par des forces de l’ordre au service du pouvoir de Museveni, rapporte-t-on.

"Museveni est condamné à remporter la victoire. Il a l’armée acquise à lui y compris les commandants à divers niveaux de ladite armée et de la police. La Commission Electorale est composée d’officiels nommés à ses bons soins. En réalité, aucun d’entre eux ne représente Kyagulanyi ou un autre parti. Museveni remplit les trois conditions qui, en Afrique, déterminent le vainquer des élections. Toute voix dissonante vaut l’arrestation, la mort ou l’exil de l’auteur", indique cet observateur qui est fatigué des méthodes antidémocratiques qui sont le modus operandi en Afrique.

"Ce petit Kyagulanyi a la jeunesse en poupe. Qu’il prenne patience et lutte longtemps. Il arrivera tôt ou tard à s’asseoir sur le fauteuil convoité", a-t-il ajouté invitant les prétendants au trône à ne pas déposer les armes, à s’armer de patience.

Absence d’idéologie rationnelle de lutte
Le jeune homme brandit une carte non convaincante. Pour lui, l’Uganda a besoin de changement. L’Uganda dont il parle, c’est rien que les populations urbaines de Kampala, Masaka, Mbarara, Jinja. Pas plus ! Eux, ces quelques trois ou quatre millions ne sont pas comparables à plus de 40 millions de paysans qui s’accomodent du mode musclé de gouvernance du NRM et de son chef Museveni. "Pourvu qu’on ait la tranquillité et la sécurité", semblent dire ces paysans très noyés dans la propagande politique du parti au pouvoir.

"Nous vous encourageons à mettre vos beaux habits et à aller voter en masse . Et de grâce, restez à vos bureaux de vote pour assister au décompte des urnes", a lancé Bobi Wine aux journalistes comme une façon de s’adresser à ses sympathisants qui devaient lutter pour que leurs voix ne soient pas volées par les officels de la Commission Electorale acquis à Museveni.

Mais au fond que promet Kyagulanyi Bobi Wine ?
Pas grand chose ! Il aurait dû écrire un livre où exposer ses idées révolutionnaires. Et ce livre aurait dû sortir douze mois avant sa mêlée électorale d’hier 14 janvier2021. Alors les Ugandais doivent se demander ce en quoi il est différent de son adversaire Museveni qui a contruit les grandes villes du pays ; Kampala, Jinja, Masaka, Mbarara..., qui a fait émerger une classe commerçante riche et opprimant les petits citoyens ugandais. Museveni n’est-il pas cité pour avoir favorisé l’émergence d’une classe d’industriels et d’hommes d’affaires très satisfaits d’eux mêmes ?

C’est en effet cette classe sociale des riches qui tient à garder Museveni au pouvoir. Il la sécurise. Il est son garant. Le Pauvre petit politicien Kyagulanyi croit qu’il a tout dit dans ses chansons. Hélas non !

C’était le moment, pour lui, de construire son discours politique clair et concis à l’intention des classes sociales pauvres et moyennes. Il ne l’a pas fait tout autant que son comité de campagne n’a pas compris qu’il devait déployer des stratégies convaincantes et persuasives ciblant les classes sociales déterminées.


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