Le Rwanda innove dans la conservation avec l’ADN environnemental au Parc des Volcans

Redigé par IGIHE
Le 25 février 2026 à 01:27

Le Rwanda a franchi une nouvelle étape dans la conservation de la biodiversité en adoptant la technologie de l’ADN environnemental (ADNe) pour le suivi des espèces du Parc national des Volcans.

L’introduction de cette technologie est innovante car elle permet de détecter la présence d’animaux (même les plus discrets) simplement en analysant des échantillons d’eau ou de sol, sans avoir à observer physiquement l’animal.

L’initiative se mène dans le cadre du TUI Wildlife Programme, financé par la TUI Care Foundation et mis en œuvre par l’African Wildlife Foundation (AWF), en partenariat avec le Rwanda Development Board (RDB) et le Dian Fossey Gorilla Fund.

Le projet prévoit également la mise en place d’une banque d’ADN des espèces, une première en Afrique, afin de renforcer le suivi de leur origine et de leur état de santé.

« Nous lançons une nouvelle approche de conservation fondée sur les données scientifiques afin de mieux protéger chaque espèce présente dans le Parc national des Volcans », a indiqué Nsabimana Patrick, représentant de l’AWF au Rwanda.

Le Rwanda a adopté l’ADN environnemental (eDNA) pour assurer le suivi des espèces du Parc national des Volcans

Un parc déjà riche en données scientifiques

Depuis plus de vingt ans, le Dian Fossey Gorilla Fund effectue dans le Parc national des Volcans des recherches et un suivi écologique de longue durée, constituant ainsi l’une des bases de données les plus détaillées de la région sur les écosystèmes.

Les chercheurs ont documenté les oiseaux, mammifères, amphibiens, espèces aquatiques et terrestres, insectes, plantes, ainsi que les zones humides et habitats, traçant l’évolution de l’environnement au fil des années selon les variations d’altitude.

Si les méthodes traditionnelles - observation directe, caméras ou enregistrements sonores - restent essentielles, elles peuvent être longues et parfois inefficaces pour détecter des espèces discrètes ou difficiles d’accès. L’ADNe vient ainsi compléter et renforcer ces outils.

Formation de jeunes professionnels rwandais

Du 9 au 13 février 2026, une première session de formation s’est tenue au centre de recherche de Kinigi du Dian Fossey Gorilla Fund, dans le cadre du projet « Enhancing Community-Based Ecological Monitoring in VNP ».

Vingt jeunes professionnels rwandais issus de l’AWF, du RDB, de l’Université du Rwanda, de l’Office Rwandais de Protection de l’Environnement (REMA), ainsi que des vétérinaires spécialisés dans la santé des gorilles, y ont participé.

Une première session de formation s’est tenue au centre de recherche de Kinigi du Dian Fossey Gorilla Fund

La formation a combiné cours théoriques et travaux pratiques sur le terrain et en laboratoire. Les participants ont appris les principes du suivi basé sur la biologie moléculaire, les techniques de prélèvement d’échantillons d’ADNe, leur analyse en laboratoire, ainsi que l’interprétation des données.

La première phase de collecte d’échantillons sera encadrée par des experts internationaux, tandis que la seconde sera dirigée par les professionnels rwandais formés, dans une logique de transfert de compétences et de renforcement des capacités nationales.

Une étude de référence sur 30 sites

Le projet prévoit une évaluation de référence basée sur l’ADNe dans 30 sites soigneusement sélectionnés : 16 situés à l’intérieur du parc et 14 dans les zones prévues pour son extension.

Les analyses porteront notamment sur les zones humides permanentes et les cours d’eau afin d’obtenir des données sur la présence d’espèces tout au long de l’année, ainsi que sur les zones humides temporaires pour étudier la connectivité écologique. Des prélèvements seront également réalisés dans les zones d’extension situées à 500 et 1 000 mètres des limites du parc afin d’analyser les déplacements des espèces.

Grâce à cette technologie, le champ des espèces pouvant être détectées s’élargit considérablement sur les 160 kilomètres carrés du Parc national des Volcans.

Grâce à cette technologie, le champ des espèces pouvant être détectées s’élargit considérablement sur les 160 kilomètres carrés du Parc national des Volcans
La première phase de collecte d’échantillons sera encadrée par des experts internationaux, tandis que la seconde sera dirigée par les professionnels rwandais formés

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