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Le Rwanda se promet une intense activité industrielle pour l’après Covid19

Redigé par Jovin Ndayishimiye
Le 19 décembre 2020 à 04:17

Les stratèges économistes rwandais sont unanimes pour affirmer que cette pandémie du Covid 19 aura des répercussions économiques néfastes sur une période de dix ans quand bien même le vaccin pourrait être disponible pour bientôt.

Ils trouvent que la seule façon d’une convalescence rapide du Rwanda résidera dans sa façon d’appuyer le développement industriel du pays et le réveil des nationaux à se lancer dans cette bataille.

Un rythme moyen de développement industriel
L’industrie rwandaise a, en 2019, compté pour 18% dans le PIB, l’agriculture et élevage, 24%. Par contre le secteur des services comptait pour 49% du PIB rwandais au cours de cette période 2019.

Comment renverser cette tendance ?
Il faut dans tous les cas qu’une économie du pays se construise sur des bases solides industrielles. Les économistes rwandais tablent sur un regain d’activités industrielles pour arriver à faire en sorte que ce secteur compte pour 34% dans le PIB rwandais à l’orée de 2024. Un pari osé, dites-vous ?

Ils trouvent qu’il est parfaitement atteignable à la condition que l’Etat rwandais remplisse sa part de responsabilité : formation professionnel des agents et ouvriers d’entreprises diverses, participer à l’aggrandissement des marchés locaux et internationaux pour les produits Made In Rwanda. Ceci fera que la capacité de production des entreprises s’accroîtra. Il est aussi demandé aux pouvoirs publics de revoir sérieusement à la baisse les prix de l’eau et d’électricité. La cherté de ces deux éléments fait que les produits étrangers rendus au pays coûtent moins cher que les mêmes produits fabriqués localement.

Mais qu’est ce qui est demandé aux industriels locaux pour leur compétitivité ?
Il est recommandé aux industriels rwandais de donner un plus à la qualité des produits qu’ils mettent sur le marché afin qu’ils soient aussi si pas plus attrayants que les produits importés ou qu’ils soient supérieurement plus compétitifs que d’autres produits similaires sur le marché international.

Pour ce qui est de la capacité insuffisante d’entreprises rwandaises, des experts se posent la question de savoir pourquoi plus de 25 entreprises de décorticage du riz dans le pays ne produisent pas assez de cette marchandise rien que pour le marché intérieur qui en demande plus et recours à son importation. Elles ne répondent qu’à 45% de la demande intérieure.

Mais ici, la question pourrait être mal tournée. L’industriel ne transforme que ce qu’il voit sur le marché. Dans sa tête, il verrait mal comment il prendrait une initiative de l’Etat consistant à rassembler les fermiers agricoles et les financer pour qu’ils produisent assez pour son industrie. Dans sa conscience, il trouve, et avec raison, que ce rôle revient à l’Etat qui a toute une armée d’ingénieurs agricoles et de sociologues du développement qui sont sensés sensibiliser, réveiller et coordonner les activités agricoles des fermiers pour leur plus grande productivité.
L’objectif 2024 pourra-t-il être atteint tant que les mentalités en matière de travail et production n’auront pas évolué ?

Tenez ! L’industrie du sucre rwandais ne peut qu’offrir 11% des besoins locaux. Les industries du bois, du textile et du plastique satisfont respectivement 4 puis 10 puis 11% de la demande intérieure. Avouez que ces chiffres sont alarmants. Ils montrent une société prostrée dans des habitudes conservatrices traditionnelles empreintes d’une paresse mentale et physique décapante.

Ceci montre une image non avenante d’un citoyen rwandais qui ne fait que consommer des produits et autres biens et services économiques produits par d’autres peuples. Et c’est ici que les Rwandais n’ont pas la dimension nationaliste. Ils cherchent celle-ci au politique alors qu’elle est matérielle et vitale d’abord.
Ici, tout jeune homme soucieux d’arriver dans le secteur industriel est très encouragé par les pouvoirs publics. Mais, a-t-il suffisamment d’atouts pour y parvenir ? Pense-t-il être guidé par ce souci de produire plus et mieux avant de se gonfler les poches des recettes et se remplir la tête d’honneurs que lui donne sa profession.

Les industriels rwandais devraient dans ce cas asseoir des stratégies suffisantes et rationnelles de pouvoir fonctionner toute la capacité installée de leurs entreprises et non ce qu’elle est actuellement- entre 30 et 50%.

Absence de banques et fonds de développement agricole et industriel
Mais tout le problème pourrait être du côté des pouvoirs publics qui pourraient ne pas avoir étudié dans le détail près leurs politiques sectorielles de l’agriculture, du foncier, de l’industrie, de l’éducation, de la jeunesse de façon synergique.

Rien ne sert de voir un ministère énoncer sa politique sectorielle selon qu’il est ministère de l’agriculture, de l’environnement, de l’industrie et que sais-je. Ces politiques sectorielles devraient être conçues et étudiées en concertations permanentes jusqu’à leur point final. Ici alors, ce serait une politique du développement intégré dont il sera question. Et c’est bien elle qui sonnera le début d’un combat de tout un peuple pour son développement socio economique et son epanouissement mental.


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