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Rwanda, plateforme régionale : ce qu’il faut savoir sur le projet d’usine chinoise de véhicules électriques attendue

Redigé par IGIHE
Le 5 mai 2026 à 02:38

Les ambitions du Rwanda de devenir un pôle régional de la mobilité verte et de la transformation industrielle attirent de plus en plus d’acteurs mondiaux du secteur automobile.

Le constructeur chinois Chery figure parmi les entreprises intéressées par un potentiel investissement dans le secteur des véhicules électriques (VE) dans le pays.

Des discussions de haut niveau ont récemment eu lieu entre le Président Paul Kagame et une délégation de Chery Holding, conduite par Xu Hui, président de Rich Resource International Investments (RRII) et vice-président ainsi que secrétaire du conseil d’administration de Chery Holding. Ces échanges ont notamment porté sur la possibilité d’implanter une usine d’assemblage de véhicules électriques au Rwanda.

Dans la continuité de cette rencontre, la directrice générale adjointe du Rwanda Development Board (RDB), Juliana Muganza, et Xu Hui ont signé un cadre de partenariat stratégique. Cet accord pose les bases d’un investissement durable et du développement de solutions de mobilité électrique dans le pays.

Ces discussions s’inscrivent dans la stratégie d’industrialisation et de mobilité électrique du Rwanda, qui met l’accent sur les transports durables et la production industrielle à forte valeur ajoutée.

Les discussions entre le Président Kagame et une délégation de Chery ont récemment porté sur des opportunités d’investissement potentielles

Chery, un acteur majeur de l’industrie automobile mondiale

Fondée en 1997 à Wuhu, dans la province de l’Anhui, Chery Holding est aujourd’hui l’un des principaux constructeurs automobiles chinois et un acteur influent de la mobilité mondiale. L’entreprise est devenue un groupe classé parmi les Fortune Global 500 et produit plus de 2,6 millions de véhicules par an, exportés vers l’Asie, l’Afrique, l’Europe et l’Amérique latine.

Le groupe dispose d’un portefeuille diversifié comprenant des véhicules thermiques, hybrides et électriques, ses marques incluant notamment Chery New Energy, Exeed, Jetour et Omoda, ainsi que d’autres gammes émergentes spécialisées dans l’électromobilité.

Chery a également développé plusieurs coentreprises et partenariats technologiques, notamment dans les systèmes avancés d’aide à la conduite et les technologies d’électrification, confirmant son orientation vers des solutions de transport plus intelligentes et à faible émission de carbone.

Par ailleurs, le constructeur fait partie des premiers acteurs chinois à avoir investi dans les véhicules électriques, lançant ses programmes EV dès la fin des années 2000 et renforçant progressivement ses capacités dans les plateformes électriques à batterie.

Ces dernières années, il a accéléré son expansion mondiale dans l’électromobilité à travers des investissements et partenariats stratégiques visant à renforcer sa capacité de production et son avantage technologique.

S’exprimant à IGIHE, Gao Zhiqiang, conseiller économique et commercial à l’ambassade de Chine au Rwanda, a indiqué que le projet d’une usine d’assemblage de véhicules électriques au Rwanda est encore à un stade préliminaire.

Selon lui, Chery a exprimé son intérêt pour renforcer la coopération avec les acteurs rwandais dans le domaine de la mobilité électrique, y compris la possibilité de créer une unité d’assemblage. Toutefois, il a précisé qu’il s’agit encore d’une intention et non d’un investissement confirmé.

« Il existe encore plusieurs questions techniques à discuter et des étapes de suivi sont nécessaires », a-t-il expliqué, ajoutant que les deux parties poursuivent leurs échanges afin d’évaluer la faisabilité du projet et le potentiel du marché.

Le Rwanda envisagé comme hub régional

Malgré ce stade initial, les perspectives restent prometteuses. Gao Zhiqiang a souligné les atouts du Rwanda, notamment la stabilité politique, l’amélioration du climat des affaires et sa position stratégique en Afrique de l’Est.

Il a également encouragé Chery à envisager non seulement le marché rwandais, mais aussi l’ensemble de la région, estimant que le pays pourrait devenir un centre de production et de distribution régional.

« Le Rwanda pourrait devenir un hub d’affaires, notamment avec les infrastructures à venir comme le nouvel aéroport international de Bugesera », a-t-il déclaré, mettant en avant les perspectives de croissance liées à une meilleure connectivité logistique.

Cependant, les autorités estiment que la concrétisation du projet prendra du temps.

Selon Gao, la mise en place d’une telle infrastructure industrielle nécessitera une préparation importante, une coordination technique et des investissements conséquents. « Cela prendra du temps - au moins deux ans ou plus... », a-t-il précisé.

Au-delà du projet d’assemblage de véhicules électriques, d’autres entreprises chinoises manifestent également un intérêt croissant pour le Rwanda.

Selon les informations disponibles, Asia Machinery propose le développement d’un parc industriel automobile, avec des dossiers déjà soumis au Rwanda Development Board (RDB) et au ministère du Commerce et de l’Industrie (MINICOM).

Une autre entreprise opérant dans le secteur des équipements médicaux envisage également la création d’un parc industriel dans la province de l’Est, ces initiatives témoignant d’un intérêt plus large pour la diversification des investissements industriels chinois au Rwanda.

Bien que les chiffres exacts ne soient pas encore disponibles, les estimations préliminaires indiquent que ces projets pourraient représenter des investissements cumulés de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Chery cherche à établir une usine d’assemblage de véhicules électriques au Rwanda

Alignement avec la stratégie de mobilité électrique du Rwanda

Ces initiatives s’inscrivent en outre dans la stratégie nationale de transition énergétique et de mobilité durable du Rwanda. Le gouvernement a notamment adopté une politique exigeant que les institutions publiques consacrent au moins 30 % de leurs nouvelles acquisitions de véhicules aux modèles électriques, dans le cadre de la réduction des émissions et de la promotion de la mobilité verte.

Dans ce contexte, un projet d’usine d’assemblage de véhicules électriques serait en cohérence avec les priorités nationales, notamment l’industrialisation, la création d’emplois et le transfert de technologies.

Il contribuerait également à l’objectif à long terme du Rwanda de développer une chaîne de valeur automobile locale basée sur les énergies propres.

Bien que le projet de Chery soit encore au stade exploratoire, les autorités rwandaises et chinoises affichent un intérêt commun pour son potentiel à long terme. S’il venait à se concrétiser, cet investissement pourrait positionner le Rwanda comme un acteur émergent de la mobilité électrique en Afrique, tout en renforçant la coopération industrielle entre Kigali et Pékin.

Les relations économiques entre les deux pays continuent par ailleurs de se renforcer. Le commerce bilatéral a atteint 849 millions de dollars en 2025, soit une hausse de 26,9 % par rapport à l’année précédente, tandis que les exportations rwandaises vers la Chine ont augmenté de 42 %.

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