Urgent

Le génocide au Rwanda : 20 ans déjà

Redigé par AFP
Le 31 mars 2014 à 09:12

Le génocide commis en 1994 au Rwanda, à l’instigation du régime extrémiste hutu alors au pouvoir, a fait environ 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi, mais aussi les Hutu modérés, selon l’ONU.
Le soir du 6 avril 1994, l’avion du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, de retour d’Arusha (Tanzanie) où se tenaient des négociations de paix avec la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, à majorité tutsi, aujourd’hui au pouvoir), est abattu au-dessus de (...)

Le génocide commis en 1994 au Rwanda, à l’instigation du régime extrémiste hutu alors au pouvoir, a fait environ 800.000 morts entre avril et juillet 1994, essentiellement parmi la minorité tutsi, mais aussi les Hutu modérés, selon l’ONU.

Le soir du 6 avril 1994, l’avion du président rwandais hutu Juvénal Habyarimana, de retour d’Arusha (Tanzanie) où se tenaient des négociations de paix avec la rébellion du Front patriotique rwandais (FPR, à majorité tutsi, aujourd’hui au pouvoir), est abattu au-dessus de Kigali.

Le lendemain, la Première ministre hutu modérée, Agathe Uwilingiyimana, dix Casques bleus belges de la Mission d’assistance des Nations unies d’assistance au Rwanda (Minuar) chargés de sa protection et plusieurs ministres de l’opposition sont tués.

Commencent alors les massacres à grande échelle.

Les Tutsi sont accusés sans discernement par le pouvoir, alors dominé par les Hutu, de collusion avec la rébellion venue d’Ouganda et entrée dans le nord du pays depuis 1990.

Des listes de personnes à tuer sont établies par les autorités, à tous les niveaux de l’administration. Leurs bras armés, les milices hutu Interahamwe et les Forces armées rwandaises (FAR), massacrent méthodiquement les "Inyenzi" (les cafards en kinyarwanda, pour désigner les Tutsi), de même que les Hutu opposants au parti de M. Habyarimana et ceux qui refusent de participer aux tueries.

Des barrages sont dressés dans les rues de Kigali, les miliciens et les militaires fouillent les maisons. Les milices "Interahamwe", au départ le "mouvement de jeunesse" du parti d’Habyarimana, deviennent une véritable machine à tuer.

Les massacres s’étendent à tout le pays. Hommes, femmes et enfants sont exterminés à coups de machettes, déchiquetés par les grenades et les obus, dans les rues, chez eux, et même dans les églises et les écoles où ils croyaient être en sécurité.

La population mobilisée par les autorités et des médias - avec la tristement célèbre Radio-télévision libre des Mille collines (RTLM) qui deviendra le principal "média de la haine" - prend largement part aux massacres, aux pillages et aux viols systématiques.

La Minuar est incapable d’arrêter le bain de sang, devant une communauté internationale paralysée. Le 21 avril, au plus fort des massacres, le Conseil de sécurité décide, pour des raisons de sécurité - et après le retrait unilatéral du contingent belge -, de réduire fortement l’effectif de la Minuar, à seulement 270 hommes.

Le 28 avril 1994, Médecins sans frontière-Belgique affirme qu’un véritable génocide est en cours. "C’est l’horreur totale. On est au coeur des ténèbres", déclare le porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Le 4 juillet, le FPR s’empare de Kigali, mettant fin au génocide. La victoire des rebelles déclenche à son tour un exode de centaines de milliers de Hutu vers le Zaïre voisin (aujourd’hui République démocratique du Congo), sur fond d’opération militaro-humanitaire "Turquoise", menée par la France.

Le 8 novembre, l’ONU crée un Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) à Arusha (Tanzanie).

Quatre ans plus tard, le TPIR prononce ses premières peines de réclusion à perpétuité et inclut le viol et les violences sexuelles dans les actes de génocide. Ces décisions ont constitué la première reconnaissance du génocide contre la minorité tutsi rwandaise par la justice internationale.

Depuis, plusieurs responsables du massacre ont été jugés par le TPIR. Quelque deux millions d’autres personnes, des Rwandais ordinaires, ont aussi comparu devant des tribunaux populaires, les gacaca, pour leur rôle présumé dans le génocide. Devant ces tribunaux, 65% des personnes jugées ont été reconnues coupables.

Des procès ont également au lieu en Europe - notamment en Belgique - et au Canada. L’un des plus spectaculaires s’est d’ailleurs récemment terminé à Paris, avec la condamnation à 25 ans de réclusion criminelle de l’ex-capitaine Pascal Simbikangwa pour son rôle dans cette tragédie.


Publicité

AJOUTER UN COMMENTAIRE

REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Publicité