En effet, l’ONG signale plus de 40 personnes tuées, ainsi que des violences sexuelles, des enlèvements, des actes de torture et des arrestations arbitraires, traduisant, selon elle, une impunité persistante et un climat politique tendu.
Les bulletins hebdomadaires de la Ligue Iteka indiquent que ces abus ne sont pas des incidents isolés, mais s’inscrivent dans un contexte de pression accrue sur les opposants politiques, de restrictions des libertés publiques et de menaces contre les défenseurs des droits humains, les agents des forces de sécurité et les milices proches du pouvoir, telles que les Imbonerakure, étant régulièrement pointés du doigt comme auteurs présumés de ces violences.
Un rapport récemment publié par ACAT‑Burundi (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture) datant du 31 mars 2026 corrobore ces constats, documentant des assassinats, des actes de torture et des arrestations arbitraires dans plusieurs provinces.
Le rapport fait etat pour le seul mois de mars, de dizaines de corps sans vie ont été découverts, dont plusieurs victimes de "suicides mis en scène", dissimulant en réalité, selon l’ONG, des assassinats ciblés.
L’organisation dénonce également l’enterrement précipité des victimes par les autorités, sans identification ni enquête, en violation du Code de procédure pénale.
Sur l’ensemble du premier trimestre, l’ACAT‑Burundi rapporte au moins 185 assassinats, 49 disparitions forcées et 125 arrestations arbitraires, dressant un tableau inquiétant de violations massives des droits humains dans le pays.
En revanche, la crise des droits humains au Burundi n’est pas nouvelle. Des organisations internationales avaient déjà dénoncé des abus similaires lors des élections et réformes constitutionnelles précédentes, lorsque le parti au pouvoir avait remporté l’écrasante majorité des sièges législatifs (environ 97 %), une victoire dénoncée par l’opposition comme frauduleuse dans un contexte jugé défavorable à une compétition politique équitable.
Des rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch, notamment, ont régulièrement souligné une intensification de la répression contre toutes formes d’opposition, y compris les médias indépendants et les ONG, avec l’imposition de mesures légales et financières visant à suspendre ou geler les comptes de plusieurs organisations de défense des droits humains, dont des acteurs majeurs comme ACAT‑Burundi et la Ligue Iteka elle‑même.
Dans son dernier communiqué, la Ligue Iteka appelle les institutions judiciaires nationales à ouvrir des enquêtes transparentes et indépendantes, et à traduire devant la justice les auteurs présumés de violations graves, exhortant la communauté internationale à envisager des sanctions ciblées contre les individus et entités responsables.
La situation des droits de l’homme au Burundi a été aggravée par la fermeture, en 2019, du bureau du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme à Bujumbura, après que le gouvernement ait suspendu sa coopération avec l’organisme dès 2016 à la suite d’un rapport dénonçant les violences post-électorales de 2015.
En 2025, c’est le président de la Commission Nationale Indépendante des Droits de l’Homme (CNIDH), Sixte Vigny Nimuraba, qui a été contraint à l’exil, officiellement pour des « dysfonctionnements internes », alors qu’il venait de publier des rapports documentant de graves violations.
Aujourd’hui, sans bureau de l’ONU sur place, la situation est suivie à distance par le Rapporteur Spécial Fortuné Gaetan Zongo, le gouvernement refusant toute coopération avec l’expert.
Les experts internationaux alertent sur une persistance des violations, notamment contre l’opposition et les activistes, dans un contexte pré-électoral tendu, soulignant l’absence de mécanisme de contrôle indépendant sur le terrain.














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