En rappelant que ce dernier demeure profondément marqué par le traumatisme du génocide contre les Tutsi de 1994, elle met en lumière une donnée fondamentale souvent négligée dans les analyses superficielles : la mémoire du génocide ne relève pas du seul registre commémoratif, mais constitue un prisme structurant de la perception sécuritaire rwandaise.
Dans ce contexte, toute forme de collaboration, explicite ou tacite, entre les forces armées congolaises et les FDLR ne saurait être perçue comme un simple arrangement tactique, mais bien comme une menace existentielle.
Dès lors, la réception à Kinshasa de Jean-Luc Habyarimana, fils de Juvénal Habyarimana, ne peut être interprétée que comme un geste d’une extrême imprudence politique, tant elle ravive, au sein de la société rwandaise, des angoisses historiques encore à vif.
L’idéologie persistante des FDLR : une menace avérée et instrumentalisée
Car il ne s’agit nullement ici d’une crainte abstraite ou d’un réflexe mémoriel disproportionné, mais bien de la persistance d’une organisation dont l’idéologie génocidaire est documentée, revendiquée et, à bien des égards, intacte.
Les FDLR, héritières directes des structures responsables du génocide contre les tutsi de 1994, continuent de véhiculer un discours de haine fondé sur la négation de ce crime et la perpétuation d’une rhétorique exterminatrice. Leur présence à l’Est de la République démocratique du Congo, leur capacité de nuisance et leurs connexions persistantes avec certains segments des forces locales constituent, pour Kigali, une ligne rouge indépassable.
Dans cette perspective, toute tentative, implicite ou explicite, de réhabilitation politique ou de recyclage diplomatique de figures associées à cet héritage, qu’il s’agisse de réseaux anciens ou de nouvelles ambitions incarnées par Jean-Luc Habyarimana, apparaît comme une entreprise dangereuse, sinon irresponsable.
Loin de relever d’une simple querelle mémorielle, la question des FDLR engage la sécurité même du Rwanda et, au-delà, la stabilité régionale. Car tolérer, instrumentaliser ou banaliser une organisation porteuse d’une idéologie génocidaire, c’est ouvrir la voie à la résurgence de logiques que l’histoire récente a tragiquement illustrées.
En ce sens, l’avertissement formulé par Colette Braeckman ne relève ni de l’excès ni de la dramatisation, mais bien d’une exigence élémentaire de lucidité politique : on ne joue pas impunément avec les braises encore incandescentes de l’histoire.














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