Ce refus n’est ni caprice institutionnel ni posture d’orgueil, mais l’affirmation d’un principe cardinal : la crédibilité d’un dialogue tient à l’indépendance morale de ceux qui l’animent.
En choisissant de demeurer sous l’égide de l’Angola, la CENCO-ECC rappelle que la médiation ne se fragmente pas au gré des calculs de pouvoir, et qu’elle exige un cadre reconnu, stable et respecté.
L’initiative du dialogue inclusif était et demeure, en son essence, une œuvre portée par la CENCO-ECC. Elle procède d’une lecture lucide des fractures nationales et d’une volonté d’offrir à la République un espace de parole affranchi des tutelles partisanes.
Que deux pays, le Togo et l’Angola, aient été ciblés comme lieux possibles de ce dialogue relève d’une diplomatie prudente, attentive aux équilibres régionaux et aux symboliques politiques.
Dans cette architecture, la feuille de route de Kinshasa, élaborée conjointement par l’ECC-CENCO et les délégués de la présidence, constitue moins un compromis fragile qu’un socle méthodologique, patiemment négocié, dont la légitimité ne saurait être contestée sans porter atteinte à l’esprit même du processus.
Tentatives de récupération et force du crédit moral
Il est toutefois manifeste que le pouvoir, oscillant entre méfiance et opportunisme, s’emploie à torpiller, récupérer, voire saboter cette initiative dès lors qu’elle échappe à son contrôle direct.
Tantôt il en conteste la paternité, tantôt il en dilue la portée, cherchant à transformer un espace de médiation en instrument de légitimation. Cette stratégie, à courte vue, trahit une incompréhension profonde de la nature du dialogue inclusif : celui-ci ne peut prospérer dans la confiscation ni survivre à la manipulation.
Face à ces manœuvres, le soutien explicite de l’opposition non armée confère à la démarche de la CENCO-ECC une force singulière et un crédit accru. Ce ralliement, fondé sur la reconnaissance d’une médiation équitable, restaure la centralité morale du processus et le soustrait partiellement aux jeux d’ombre du pouvoir.
Ainsi, malgré les entraves, le dialogue inclusif conserve sa légitimité originelle : celle d’une initiative née hors des calculs étroits, portée par une autorité morale reconnue et soutenue par des forces politiques qui, refusant la violence, choisissent encore la parole comme ultime rempart contre la dislocation nationale.














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