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Selon « Transparency Rwanda », la corruption « basée sur le sexe » serait répandue au Rwanda

Redigé par
Le 11 août 2011 à 06:54

Jean-François Isibo
Des femmes rwandaises, en quête de travail, sont discriminées au point où, certaines d’entre elles, touchent un salaire de misère si elles n’acceptent pas de coucher avec leurs employeurs, dans le secteur privé et même, avec des cadres supérieurs du gouvernement, selon une importante étude présentée ce jeudi à Kigali.
Cette étude de « Transparency Rwanda » indique que la corruption basée sur le sexe dans les lieux de travail existe au Rwanda et affecte, en particulier, des femmes à la (...)

Jean-François Isibo

Des femmes rwandaises, en quête de travail, sont discriminées au point où, certaines d’entre elles, touchent un salaire de misère si elles n’acceptent pas de coucher avec leurs employeurs, dans le secteur privé et même, avec des cadres supérieurs du gouvernement, selon une importante étude présentée ce jeudi à Kigali.

Cette étude de « Transparency Rwanda » indique que la corruption basée sur le sexe dans les lieux de travail existe au Rwanda et affecte, en particulier, des femmes à la recherche du travail dans le secteur privé. Le secteur public n’en est pas moins épargné. Cette organisation est une branche de « Transparency International » sur place.

21% de femmes interrogées durant l’étude prétendent que la détermination du salaire n’est pas objective. Certaines affirment que leurs salaires ont été fixés après avoir eu des rapports sexuels avec les cadres de l’entreprise. Au cas où elles refusent de céder aux désirs du patron, leurs salaires peuvent être revus à la baisse et même ne pas avoir de promotion.

Plus importunément, le rapport prouve que seulement 5.6% de victimes ont dénoncé les cas qu’elles ont rencontrés à la police ou à l’Ombudsman, de peur de se créer des problèmes, raison majeure pour laquelle les victimes gardent silence. 47.3% ont indiqué qu’elles vivraient plutôt dans le silence avec leurs problèmes que d’être la cible des fonctionnaires.

Marie-Immaculée Ingabire, présidente de « Transparency Rwanda », a fait savoir que les statistiques sont troublantes sachant que le Rwanda lutte sérieusement contre la corruption.

« Cela dérange parce que beaucoup de nos citoyens connaissent des cas de corruption basée sur le sexe dans leurs lieux de travail, c’est pourquoi je lance un appel à tous les employeurs afin de mettre immédiatement en place des mécanismes en vue de prévenir et de punir ces méfaits », a-t-elle ajouté.

L’étude reconnaît que le Rwanda a réalisé un progrès impressionnant dans la lutte contre la corruption et dans la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes. Cependant, 5% de femmes interrogées ont personnellement été victimes de corruption basée sur le sexe dans leurs lieux de travail, 10% sont conscientes de l’existence du problème et presque 20% connaissent une victime.

Les discussions de groupe cible, qui ont complété les résultats de l’étude, ont indiqué que l’incidence est probablement encore plus haute.

« Transparency Rwanda » en appelle au gouvernement pour éveiller la conscience sur cette forme de corruption, à encourager les femmes à rapporter et à mettre en place une structure sûre pour dénoncer comme un bureau spécialisé chez l’Ombudsman ou un service de suivi relatif au genre. Le groupe veut également que les autorités passent en revue la loi sur la corruption pour la rendre spécifique sur cette forme de corruption.

« Transparency Rwanda » fait également appel à tous les employeurs et organismes pour mettre en place des mécanismes de détection, de prévention et de rapport sur la corruption basée sur le genre et voire des manuels sur le recrutement et la gestion du personnel aussi bien que sa sensibilisation.


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