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Kwibuka 32 : Le Président Kagame met en garde contre le négationnisme et l’indifférence internationale

Redigé par IGIHE
Le 7 avril 2026 à 05:06

À l’occasion du lancement de la 32ᵉ commémoration du génocide contre les Tutsi de 1994, le Président Paul Kagame a mis en garde contre les dangers persistants du négationnisme, de l’indifférence internationale et de la passivité morale, appelant à une vigilance accrue face aux menaces actuelles.

Le Chef de l’État s’exprimait ce 7 avril 2026 au Mémorial du génocide de Kigali, lors de la cérémonie du lancement de la commémoration, ayant réuni des Rwandais, des amis du Rwanda ainsi que des membres du corps diplomatique, venus rendre hommage aux victimes.

La période de commémoration, connue sous le nom de Kwibuka, débute chaque année le 7 avril avec une semaine de deuil national et se poursuit sur 100 jours, en mémoire de la durée du génocide au cours duquel plus d’un million de personnes ont été tuées. L’édition 2026 est placée sous le thème : « Se souvenir, s’unir, se renouveler ».

Dans son allocution, le Président Kagame a insisté sur le rôle fondamental des témoignages des survivants dans la préservation de la vérité historique et la construction de la mémoire collective. « Ces témoignages maintiennent vivante la mémoire pour nous tous et pour ceux qui viendront après nous », a-t-il déclaré, soulignant qu’ils constituent « un réservoir d’humanité qui nourrit l’âme de la nation ».

Le Président a rappelé que la mémoire s’accompagne d’une responsabilité collective, mettant en avant les efforts des Rwandais dans la reconstruction du pays, notamment à travers les mécanismes de justice communautaire et le choix de l’unité face aux divisions.

Le Président Kagame a alerté sur les tentatives persistantes de déformation du génocide à l’échelle internationale

Le Président Kagame a toutefois alerté sur les tentatives persistantes de déformation du génocide contre les Tutsi à l’échelle internationale. « En 2018, l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution désignant le génocide contre les Tutsi par son nom exact. La vérité est indéniable, et pourtant, certains continuent de semer le doute et de déformer les faits », a-t-il dénoncé, estimant que ce phénomène va au-delà de la simple ignorance.

Le Chef de l’État a également souligné le fait que le négationnisme précède toujours les actes de violence. « Il existe une tendance à détourner le regard face aux signes avant-coureurs ou à les minimiser. Les discours de haine deviennent des actes, souvent banalisés comme de simples expressions de mécontentement populaire », a-t-il expliqué, ajoutant que « les préparatifs sont dissimulés derrière des récits de frustrations et de peurs collectives ».

Rejetant toute thèse d’un génocide spontané, le Président de la République a affirmé que celui-ci avait été « soigneusement préparé et exécuté au grand jour ».

Évoquant le rôle de la communauté internationale, Paul Kagame a regretté son inaction malgré des signaux clairs. « Les vies sauvées par les Casques bleus des Nations unies autorisés à rester démontrent combien il aurait été possible de faire davantage avec une volonté politique », a-t-il déclaré, déplorant également que même le vocabulaire utilisé pour décrire les massacres ait été sujet à des calculs.

Malgré cet échec, le Président a salué le rôle de l’ancienne Armée patriotique rwandaise (RPA), aujourd’hui les Forces de défense du Rwanda (RDF), dans l’arrêt du génocide et la protection des civils. Selon lui, cet héritage continue de guider les forces rwandaises engagées dans des missions de paix à l’étranger, « gagnant un respect universel ».

Revenant sur la période post-génocide, le Président a évoqué l’insurrection des Abacengezi qui a suivi la chute du régime génocidaire en 1994, précisant que la frontière ouest n’a été totalement sécurisée qu’à la fin des années 1990 grâce aux efforts conjoints de l’armée et des populations locales.

« Depuis lors, nos mesures de défense visent à garantir que de telles attaques ne puissent plus jamais être menées à travers nos frontières », a-t-il affirmé, estimant que ces défis sécuritaires ne devraient pas incomber au seul Rwanda.

Mettant en garde contre les doubles standards, le Président Kagame a illustré les risques de l’inaction par une métaphore : celle d’un agriculteur observant un feu naissant que certains pensent voir s’éteindre de lui-même, alors même « qu’un pyromane alimente secrètement les flammes ».

Enfin, élargissant son propos à l’échelle du continent, il a appelé les Africains à faire preuve de vigilance face à la haine et à l’extrémisme violent. « Les Africains, plus que quiconque, devraient comprendre le danger de la passivité morale », a-t-il insisté.

Tout en reconnaissant l’importance de la souveraineté nationale, le Président a mis en garde contre son instrumentalisation. « Les acteurs malveillants ne doivent pas être autorisés à se cacher derrière ce principe », a-t-il déclaré, avertissant que la propagation de l’idéologie génocidaire dans la région pourrait, si elle n’est pas contenue, entraîner un recul dangereux.

« Nous ne pouvons pas nous permettre de répéter les erreurs du passé », a-t-il conclu.

Le Président Kagame a insisté sur le rôle fondamental des témoignages des survivants dans la préservation de la vérité historique et la construction de la mémoire collective

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