La Cour internationale de Justice ouvre un procès sur le génocide des Rohingyas en Birmanie

Redigé par IGIHE
Le 13 janvier 2026 à 02:47

La Cour internationale de Justice (CIJ), la plus haute juridiction des Nations unies, a ouvert lundi à La Haye les audiences d’un procès visant à déterminer si la Birmanie (Myanmar) a commis un génocide contre la minorité rohingya.

En effet, c’est la Gambie, petit pays d’Afrique de l’Ouest à majorité musulmane, qui a déposé en 2019 une plainte contre la Birmanie, l’accusant d’avoir violé la Convention de 1948 sur le génocide lors de la répression militaire de 2016‑2017 dans l’État de Rakhine, où vivent principalement les Rohingyas.

Devant les juges, le ministre gambien de la Justice, Dawda Jallow, a affirmé que l’armée birmane avait délibérément ciblé les Rohingyas «  pour les exterminer  », transformant leur vie en un «  cauchemar  » fait d’homicides, de viols collectifs et d’incendies de villages. «  Ce n’est pas une affaire de droit international  ; il s’agit de personnes réelles  », a-t-il souligné.

Lors de l’offensive de 2017, plus de 730 000 Rohingyas ont fui vers le Bangladesh voisin et vivent encore dans des camps surpeuplés et précaires.

Il s’agit de la première fois en plus d’une décennie que la CIJ engage un procès complet pour génocide. La phase actuelle dure trois semaines et inclut plaidoiries et témoignages d’experts, entendus à huis clos.

La Birmanie, qui nie toute intention génocidaire, considère son opération militaire comme une réponse légitime à une insurrection. Lors des audiences préliminaires de 2019, l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi avait rejeté les accusations comme «  incomplètes et trompeuses  ».

Les observateurs estiment que ce procès pourrait redéfinir l’application du droit du génocide et influencer d’autres affaires à la CIJ, notamment la plainte de l’Afrique du Sud contre Israël.

Bien que la CIJ ne puisse punir directement des individus, un verdict favorable à la Gambie pourrait accroître la pression internationale sur la Birmanie et ouvrir la voie à des réparations.

Parallèlement, la Cour pénale internationale enquête et a demandé en 2024 un mandat d’arrêt contre le chef de l’armée birmane pour crimes contre l’humanité.

La Cour internationale de Justice a ouvert à La Haye les audiences d’un procès visant à déterminer si la Birmanie a commis un génocide contre la minorité rohingya

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