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Quand les vieux démons se recyclent : La haine ethnique comme « opium du peuple »en RDC

Redigé par Victor Mutsinzi
Le 5 octobre 2020 à 08:55

L’histoire du monde nous apprend que toute société en décadence ou ayant perdu ses repères moraux et sociaux finit par sombrer dans sa propre autodestruction en ciblant une des composantes nationales ou certains de ses voisins comme bouc émissaire de tous ses malheurs et graves échecs. Tel est le constat amer que l’on peut dresser en ce qui concerne la RDC où la haine ethnique contre les Tutsi et les minorités visibles dans l’Est est devenue depuis plusieurs décennies « l’opium du peuple » qui engendre un sentiment d’euphorie et de plaisir aux consommateurs dépendants, les extrémistes congolais et autres nouveaux convertis.

Haine ethnique antérieure aux deux guerres
Il est impensable que jusqu’à ce jour la médiocre classe politique, la « société si vile » et autres extrémistes congolais n’aient pas ou ne cherchent même pas à comprendre les graves erreurs commises dans le passé par certains d’entre eux ou par leurs ainésen détruisant toutes les infrastructures socio-économiques héritées de la colonisation belge et en provoquant les deux dernières guerres, avec toutes les conséquences que l’on vit et que l’on pourra peut-être vivre encore pendant plusieurs années avenir.

Mais en lieu et place d’une voix de sagesse et d’autocritique, les chaînes de télévision et de radio, les médias ordinaires et sociaux en RDC et dans sa diaspora diffusent à longueur de journée des émissions et articles glorifiant la haine ethnique envers les minorités dans l’Est du pays (Banyamulenge, Tutsi du Nord-Kivu et Hema de l’Ituri) ainsi qu’envers les trois pays voisins (Burundi, Ouganda et Rwanda).

Conference Nationale Souveraine ou haine ethnique institutionnalisee
Pas plus loin qu’en 1992, lors de ce que l’on a appelé « Conférence nationale souveraine », le décor de la haine ethnique institutionnalisée était déjà planté, avec l’exclusion de tous les leaders tutsi (Cyprien Rwakabuba et Mg Patient Kanyamacumbi) à cette grande rencontre nationale. Et la suite tragique va venir en 1995 avec le très tristement célèbre « Rapport Vangu » piloté par le Haut Conseil de la République et Parlement de la Transition (http://jkanya.free.fr/banyamurenge0108.html),dirigé par Anzuluni Bembe, député de Fizi, et qui rendait apatrides les Banyamulenge et Tutsi du Nord-Kivu.

Anzuluni fut pendant plusieurs années un pique-assiette dans la famille de feu Honorable Gisaro Muhoza. En 1981, Anzuluni va toujours profiter de cette longue dépendance, même après la mort de Gisaro en mars 1980, pour mobiliser les voix de Banyamulenge du territoire de Fizi afin de se faire élire député national au détriment de son grand rival Ramazi Mwene malungu.

Mais en guise des « remerciements » pour l’amitié et le soutien politique offerts par Gisaro et toute la communauté Banyamulenge, Anzuluni Bembe, propulsé au poste du président du Haut Conseil de la République et Parlement de la Transition,fera adopter la résolution du 28 avril 1995, sur base de ce rapport Vangu, et visant l’expulsion des Banyamulenge du territoire national au plus tard le 31 décembre de la même année. Et la réponse du berger à la bergèrene tardera pas avec le déclanchement de la première guerre (1996-1997) pour combattre et chasser le régime discriminatoire de Mobutu. En tout état de cause, Anzuluni Bembe et tous ses collègues de l’époque (Vangu Mambweni, Faustin Kibancha et Jean-Baptiste Birhumana) ont le sang sur les mains et devront répondre un jour (même dans l’au-delà) de ces crimes commis.

Balkanisation du Congo ou un autre emballage addictif de l’opium du peuple ?
Si pendant les deux dernières guerres, deux mots « l’occupation et l’agression » avaient permis à certains de se faire des noms, voilà qu’un autre (balkanisation), utilisé à tort et à travers, est devenu un fourre-tout pour les extrémistes congolais en mal de position politique. En effet, une simple définition dit ceci en ce qui concerne la balkanisation : morcellement politique d’un pays en petites unités autonomes. Et l’exemple concret à ce sujet est celui de l’ex-Yougoslavie maintenant divisée en plusieurs petits Etats indépendants.

Partant de cette définition et de cet exemple, aucun de tous ces extrémistes congolais ne peut nous explique d’abord comment ce morcellement politique du pays est en train de se faire et ensuite comment est-ce que les pays voisins (Burundi, Ouganda et Rwanda) et les minorités de l’Est y participent ou en profiteraient. Il s’agit tout simplement d’un autre emballage addictif pour la propagande haineuse.

Trois grands cartels de l’opium du peuple
Comme ça se fait avec le trafic de la cocaïne à travers le monde, trois grands « cartels » de la haine ethnique anti-tutsi, utilisée comme opium du peuple, opèrent simultanément dans l’espace socio-politique congolais (diaspora comprise). L’objectif commun, pour ces marchands de malheur,étant celui de se faire un capital politique au sein de la population congolaise idéologiquement manipulée.

1. Cartel Mukwege
Sous l’emballage « sexy » de prix Nobel, de prix Sakharov, de la justice et de la lutte contre l’impunité, le cartel Mwege « vend »la haine ethnique contre les Tutsis comme de petits pains dans la sous-région des Grands Lacs africains et une partie de sa production est réservée à l’exportation pour ses sponsors occidentaux (Belgique, France, Suède et Norvège).

Déjà partenaire de longue date avec des négationnistes bien connus (Charles Onana, Judi Rever et autres réseaux occultes de la France-Afrique), voilà que Mukwege vient de recevoir un autre soutien affirmé et non surprenant de la part de la famille de feu Habyarimana, responsable du dernier génocide du 21èmesiècle contre les Tutsi (https://actualite.cd/2020/10/02/rapport-mapping-la-famille-du-feu-president-rwandais-habyarimana-exprime-son-soutien-la).

2. Cartel de Paris-Bruxelles
Dirigé de main fer idéologique par le très tristement célèbre Terminator, Honoré Ngbanda, ce cartel est considéré comme l’aile « taliban » des extrémistes congolais anti-tutsi qui recrute leurs « combattants » dans des nombreux sans papiers congolais de Belgique et de France. En plus du revisionnisme qui représente son principal « fonds de commerce », il se distingue aussi par des actions violentes.

Un personnage plus que controversé, Kwebe Kimpele, agit comme directeur de marketing de cette drogue sociale dure servie gratuitement à la diaspora congolaise en majorité désœuvrée en Europe et surtout à Bruxelles et Paris. Kwebe n’est pas un inconnu dans le passage médiatique congolais. Pendant plusieurs décennies, il fut « journaliste » à la Voix du Zaïre en chantant matins et soirs les louanges du régime dictatorial de Mobutu et défendant les crimes commis par son actuel mentor, Ngbanda. Ceci pour dire que leur amitié dans les mensonges ne date pas d’aujourd’hui.

Kwebe Kimpele, ayant peur de retour au pays pour des raisons évidentes,s’est installé en Belgique et se fait actuellement passer pour un chercheur ou historien. Sa récente grande découverte du 21ème siècle et qui « mériterait un prix Nobel » est celle qui concerne les origines « rwandaises » du héros national Emery Patrice Lumumba (http://www.mbokamosika.com/2017/01/les-doutes-de-kwebe-sur-les-origines-tetela-de-patrice-lumumba-balayes-par-les-documents-historiques.html).

En effet, dans plusieurs vidéos en circulation sur Youtube, on peut bien entendre Kwebe affirmer sans rire ni honte (il n’en a plus aux yeux) que le nom Lumumba n’existe pas chez les Batetela et que dans ses « recherches », il n’a pas trouvé un village d’où est originaire Patrice Lumumba. Bref, que ce dernier était un Tutsi rwandais (https://www.provinces26rdc.net/rdc-lumumba-serait-dorigine-rwandaise-kwebe-kimpele-video/). La simple question à laquelle ce pseudo-chercheur/historien ne répond pas est celle de savoir s’il avait finalement trouvé le nom de Lumumba ainsi que son village au pays de Mille Collines.

À la queue leuleu, Honoré Ngbanda,Kwebe Kimpele et Patrick Mbeko,
le tumultueux cartel de l’APARECO et de la diaspora congolaise en occident.

3. Cartel de Kinshasa géré par Martin Fayulu
Sa défaite aux dernières élections présidentielles fut une aubaine pour cet homme inconnu du paysage politique national une année auparavant, mais qui fut vite coopté par l’Europe occidentale (Belgique et France notamment) et l’église catholique congolaise dirigée de main de fer par la Conférence épiscopale du Congo (CENCO). Cette dernière ainsi que le ministre français des Affaires étrangères furent les premiers à monter aux barricades pour dénoncer la défaite de leur candidat, en affirmant détenir les vrais résultats.

Sous l’emballage de la « vérité des urnes » et « balkanisation », Fayulu mobilise à traversles mensonges et la haine ethnique (https://actualite.cd/2020/10/03/fayulu-je-demande-aux-congolais-de-sopposer-linstauration-de-minembwe-en-commune-rurale) les âmes égarées et surtout celles qui « trouvent les Tutsi même dans leurs garde-robes ». Une hallucination pour un homme qui rêvait de diriger un grand pays comme la RDC.Heureusement que la catastrophe a été évitée au pays avec la défaite de Fayulu aux élections présidentielles de décembre 2018.

Fayulu : le candidat malheureux essuie ses larmes de crocodiles après son échec cuisant.

Vérité sur Kasika et Makobola
En août 1998, la deuxième guerre éclate en RDC et les Banyamulenge, les Tutsi du Nord-Kivu et certains Bashi civils et militaires sont arrêtés et exécutés sommairement sur l’ensemble territoire sous contrôle des forces armées et de sécurité, et aussi des milices, de Kabila père. Le commandant de la région militaire du Maniema, Moïse Segabiro, ainsi d’autres militaires indexés se sentent menaces de mort et décident de quitter nuitamment Kindu vers Bukavu. Et après un long voyage, le groupe arrive à Kasika et va humblement et amicalement demander un logement chez le mwami et le cure de la paroisse en croyant avoir franchi la zone du danger.

Mais le lendemain matin, au moment de quitter leurs hôtes et après avoir reçu les assurances du Mwami que la route à emprunter était très sécurisee, les hommes du commandant Moïse Segabiro sont surpris par une attaque des Mayi-Mayi Nyakiliba mêlés à la population au centre même du village de Kasika ; et Moïse visiblement ciblé est froidement abattu ainsi que certains de ses gardes du corps et d’autres encore sont blessés.

Les quelques survivants ripostent en premier en légitime défense (droit reconnu à toute personne agressée) et ensuite pour récupérer les corps de leurs camarades tués et aussi les blessés. Il s’en suivra donc une bataille rangée au milieu du village contre les Mayi-Mayi se servant de la population civile comme bouclier humain.

D’où les dommages collatéraux à déplorer et la responsabilité incombe aux criminels Mayi-Mayi qui ont lancé cette attaque contre les innocents passagers.
Il faut souligner que les extrémistes qui exploitent politiquement et haineusement cet événement sanglant n’ont jamais dit la vérité concernant la cause et le nombre de miliciens Mayi-Mayi tués dans ce combat. Ils ont choisi, comme d’habitude, les mensonges et la haine ethnique comme fonds de commerce politique. Aussi, il est bien connu de tout le monde que le nombre de morts recensés de tous les côtés (militaires, civils et Mayi-Mayi) était de 55 personnes.

À Makobola, c’est dans la nuit du 31 décembre 1998 que la position militaire des troupes du Rassemblement Congolais pour la Démocratie (RCD) est attaquée par une centaine d’assaillants lourdement armés et venus en embarcations motorisées sur le lac Tanganyika. Et ici encore, les miliciens du régime Kabila père se sont servi de la population civile comme bouclier humain dans leur attaque. Les troupes RCD commises à cette position étaient complètement dépassées par la puissance de feu des assaillants qu’il a fallu l’intervention des renforts venus d’Uvira pour changer la donne militaire sur le terrain. Et comme on pouvait aussi bien s’y attendre, des dommages collatéraux au sein de la population civile sont déplorés et la responsabilité incombe avant tout aux assaillants.

Mais l’occasion était encore belle pour les extrémistes congolais pour se faire du capital politique sur le sang des innocents. Non seulement qu’ils ont caché la vérité sur la cause de ces événements sanglants de part et d’autre, mais aussi et surtout les morts au sein des assaillants étaient comptabilisés comme ceux des civils victimes du massacre à vendre auprès de leurs sponsors occidentaux et politiques du régime de Kinshasa de l’époque.

Un autre élément important à noter. Cette attaque est intervenue pendant la période de la stratégie mise en place par le régime Kabila père et qui consistait à « ramener la guerre d’où elle est partie ». C’est-à-dire attaquer et déstabiliser les bases-arrière des troupes du RCD. Et cette stratégie était opérationnalisée par le Consulat général congolais à Kigoma, Tanzanie. En d’autres termes, ces assaillants bien équipés et lourdement armés étaient en mission commandée au service de cette stratégie du régime Kabila père.

De grands noms congolais savent la verite sur Kasika...

Notons aussi que toutes les informations détaillées sur Kasika et Makobola sont bien connues par un grand nombre d’autorités politiques congolaises mais qui ont préféré se taire après avoir bénéficié matériellement et politiquement de cette deuxième guerre. On peut citer, à titre d’exemple, Alexis Thambwe Mwamba (président du sénat), Lambert Mende (sénateur), Antipas Mbusa Nyamwisi (Leader du RCD/KML), Norbert Bashengizi Katintima (ancien gouverneur du Sud-Kivu vice-président de la CENI), Elisée Munembwe (Vice-Premier Ministre en charge du Plan), les généraux Amisi Kumba Tango Four et Jean-Pierre Ondekane.

« Six millions de morts offerts » par l’International Rescue Committe (IRC) mais introuvables au Congo et nulle part ailleurs.
Dans ses errements d’enquêtes de santé, l’ONG américaine IRC avait offert aux extrémistes congolais le contenu à la propagande haineuse contre les Tutsi en affirmant qu’entre 1998 et 2004, la deuxième guerre avait causé la mort de six millions de morts. Malheureusement, pour ces charlatans chercheurs de l’IRC et les « grands consommateurs » de leur produit, la dynamique de toute population humaine obéit à des règles rigoureuses qui ne laissent pas de la place « aux fantasmes et aux mensonges rentables »pour les deux groupes (http://adrass.net/WordPress/wp-content/uploads/2010/12/Surmortalite_en_RDC_1998_2004.pdf).

Bien à la demande de la Commission Européenne, trois experts de l’Association pour le Développement de la Recherche Appliquée en Sciences Sociales (ADRASS) se sont bien penchés sur cette question en recourant aux techniques appropriées pour la reconstitution de la population congolaise à partir de 1956. Et les résultats obtenus ne laissent aucun doute quant à la réfutation sans appel de l’estimation selon laquelle il y aurait quatre ou six millions de morts causés par la deuxième guerre en RDC(http://adrass.net/WordPress/wp-content/uploads/2010/12/Surmortalite_en_RDC_1998_2004.pdf).

N’ayant plus « d’acheteurs » pour les six millions de morts introuvables au Congo et partout ailleurs au monde, les extrémistes congolais ont changé le fusil d’épaule en optant pour un autre document aussi discrédité, à savoir le « Rapport Mapping » devenu le « Nouveau Testament » du pasteur Mukwege. Et on remarquera sans surprise que dans ledit rapport, il n’est nulle part mentionné ou insinué la mort des millions de congolais. D’ailleurs, si on additionne (pour raison d’exercice mathématique) les chiffres manipulés de différents massacres reportés dans les deux provinces du Nord et Sud Kivu (épicentre des deux guerres) entre septembre 1996 et juin 2003, on peut atteindre environde 10 mille morts.

La vérité est bien connue. En fait, ces chiffres manipulés de morts ne servent qu’à couvrir la haine ethnique que les extrémistes congolais nourrissent depuis bien longtemps avant les deux guerres contre les Tutsis dans la sous-région en général et plus particulièrement contre les minorités dans l’Est du pays (Banyamulenge, Tutsi du Nord-Kivu et Hema de l’Ituri).

Minembwe, un destin national
Minembwe, le chef-lieu de la commune rurale qui porte son nom et qui est devenue la nouvelle cristallisation de la haine ethnique envers les Banyamulenge depuis plus de trois ans, a un destin national pour ceux ou celles qui ne le savent pas ou qui l’ont tout simplement oublié.

« Qui s’y frotte, s’y pique », dit bien un proverbe français et aussi la Devise de la ville de Nancy (région de Lorraine, France).Depuis les années 60, Minembwe continue à administrer une leçon politique et militaire aux différents régimes, autorités et rébellions congolais ainsi qu’à d’autres forces occultes qui ont tenté et tentent encore d’y opérer l’épuration ethnique contre les enfants du terroir, les Banyamulenge.

Le premier dans ce registre fut Laurent-Désiré Kabila avec sa rébellion muleliste qui tenta à plusieurs occasions entre 1967 et 1973 de déstabiliser Minembwe, avant que les guerriers Banyamulenge n’infligent une défaite militaire au maquis de Hewa Bora. Et Kabila père n’avait plus de choix que de se réfugier en Tanzanie d’où on est allé le récupérer en 1996.

En 1996, c’était le tour du Maréchal président à vie

Mobutu Sese Seko KukuNgbwendu Wa Za Banga (toute une chanson !), qui n’a même pas tenu pendant huit mois de guerre avant d’aller mourir dans les oubliettes au Maroc. Même son super conseiller spécial en matière de sécurité (ou plutôt d’insécurité), le Terminator Ngbanda, n’a eu la vie sauve qu’en retournant se réfugier chez ses « ancêtres »au Togo.

D’autres apprentis-sorciers du régime Mobutu comme Anzuluni Bembe qui rêvait d’y installer de grandes fermes de vaches, chèvres et moutons ravis aux Banyamulenge vit maintenant dans l’anonymat total à Kinshasa. Il en est de même pour l’ancien vice-gouverneur du Sud-Kivu, Lwabanji Lwashi Ngabo, qui avait donné un ultimatum de sept jours aux Banyamulenge de quitter le pays en octobre 1996.

Nomination d’un bourgmestre Munyamulenge
Redevenu ministre provincial de l’intérieur et de la sécurité, Lwabanji n’a eu d’autres choix politiques que de procéder, en date du 28 septembre 2020, à l’installation officielle du premier Bourgmestre (un Munyamulenge) de la Commune rurale de Minembwe, en présence d’une forte délégation composée des deux ministres d’Etat (Décentralisation et Défense nationale), du gouverneur du Sud-Kivu, du chef d’état-major général des FARDC, de plusieurs généraux et députés nationaux.

À partir du mois d’août 1998, Minembwe est dans le viseur de Kabila père qui espérait prendre une revanche sur la défaite cuisante infligée à son maquis de Hewa Bora par les guerriers Banyamulenge en début des années 70. Même avec l’appui des Interahamwe et miliciens Mayi-Mayi, les forces du gouvernement de Kinshasa bien positionnées à Kilembwe et ses environs n’y parviendront pas. Kabila père, quant à lui, son sort sera scellé le 16 janvier 2001 dans son bureau du Palais de Marbre à Kinshasa.

Depuis bientôt trois ans, la coalition FARDC, Mayi-Mayi et leurs alliés des rebelles burundais (RedTabara, FNL et FOREBU) mène une épuration ethnique contre les Banyamulenge sur les Hauts-Plateaux de l’Itombwe (Fizi, Mwenga et Uvira) avec tuerie des civils, destruction des villages et razzia du gros bétail.

Une epuration ethnique de Tutsi congolais bien planifiee en cours
Et si cette coalition est la partie visible de l’iceberg sur le terrain, la planification s’est faite dans des officines bien connues au niveau national et international. Ce plan macabre était d’ailleurs pensé et mis en route pour ne durer que de quelques mois seulement.

Mais là, et c’est une fois encore, les planificateurs et les sous-traitants de l’exécution avaient fortement sous-estimé la force de frappe et la détermination de l’auto-défense locale Banyamulenge, les vaillant jeunes Twirwaneho. Ces derniers, maintenant bien aguerris, organisés et opérant très méthodiquement, ont déjà réussi à mettre en déroute les troupes des FARDC et leurs alliés Mayi-Mayi et rebelles burundais sur une bonne partie des Hauts-Plateaux, et surtout récupéré une quantité suffisante d’armes et munitions sur ces fuyards. Les hauts gradés des FARDC en savent beaucoup plus que quiconque.

Avec cette nouvelle donne militaire sur le terrain, il y a lieu de penser que toutes les forces du mal derrière cette épuration ethnique en cours, et qui croyaient à une simple promenade de santé pour leurs troupes engagées, vont y réfléchir à deux fois avant de tenter toute autre opération vouée aussi à l’échec.

Paraphrasant un de nos poètes pastoraux qui disait ceci dans les années 80 : « Twe na ba Nguz ni aha turindiriye ingunga ». Traduction : C’est ici, nous et les Nguz (ancien premier ministre de l’époque, Nguz a Karl Ibond) nous attendons le retour du Christ sur cette terre. En termes clairs, pour les Banyamulenge, nous y sommes nés, nous y vivons et nous y mourrons comme tous les autres autochtones de ce pays, n’en déplaise aux extrémistes congolais et autres forces occultes. Et quant à la commune rurale de Minembwe ainsi qu’à d’autres créés à la même date et dans le même décret à travers le pays, nous leur souhaitons longue vie dans leur épanouissement socio-économique.

Appel patriotique au président Fatshi
Personne ne doute du lourd fardeau que porte actuellement le nouveau président, Felix Antoine Tshisekedi, en héritant un pays complètement détruit économiquement, socialement et moralement par les trois régimes dictatoriaux qui se sont succédédepuis 1965 jusqu’en janvier 2019.

Le président Fatshi vient d’ailleurs de reconnaitre dans une interview avec la presse de la diaspora congolaise en Europe que le premier ennemi du Congo est le Congolais lui-même en faisant allusion à la corruption ayant domicile au pays depuis de longues décennies (https://7sur7.cd/index.php/2020/10/02/corruption-en-rdc-le-premier-ennemi-du-congo-nest-autre-que-le-congolais-lui-meme-felix).Cette trahison des Congolais envers leur pays ne se limite pas à la corruption.

Des gens bien identifiés comme Anzuluni Bembe, Lwabanji Ngabo et Vangu Mambweni sont responsables du déclenchement de la première guerre en 1966. D’autres encore comme Denis Mukwege, Honore Ngbanda et Martin Fayulu opèrent actuellement sur le même registre de la haine ethnique avec toutes les conséquences que cela implique déjà.

Front Commum pour le Changement ou des corrompus ?
Si les premiers actes posés par le nouveau président dans le domaine de l’Etat de droit (justice) donnent espoir à la grande masse clochardisée par le pillage des ressources du pays par une minorité d’une bourgeoisie politique, il n’en demeure pas moins que les vautours des anciens régimes maintenant regroupés au sein du Front Commun de Corrompus (FCC) ne s’avouent pas vaincus.

A partir des postes stratégiques qu’ils occupent encore au sein de différentes institutions du pays, les sociétaires et commis du FCC ne rêvent que d’une « chose illusoire » : un retour rapide au pouvoir de leur Raïs. Mais du rêve à la réalité, il y a d’abord un grand pont sur le fleuve Congo à bâtir avant de le traverser. Inchallah !

En plus de la destruction des infrastructures socio-économiques du pays, les régimes précédents ont instrumentalisé le tribalisme et la haine ethnique contre les minorités visibles dans l’Est pays (Banyamulenge, Tutsi du Nord-Kivu et Hema de l’Ituri) identifiés comme bouc émissaire de leurs échecs. D’autres encore, extrémistes et politiciens à la recherche du sensationnalisme, se servent de cette haine ethnique (devenue opium du peuple) pour se faire un capital de sympathie auprès de la population congolaisecomplétement bernée par les visées machiavéliques des uns et des autres, notamment ces trois grands cartels.

Très récemment, le Conseil supérieur de la communication, conscient du dangerque représente la destruction du tissus social, a mis en garde : « toute personne qui tiendrait des discours de haine tribale ou autres, se verrait interdite de passage dans les médias » (https://www.msn.com/fr-fr/actualite/monde/rdc-les-appels-%C3%A0-la-haine-tribale-se-multiplient-dans-les-m%C3%A9dias/ar-BB19mBZK). Mais force est malheureusement de constater que, cette mise en garde ne s’applique pas contre la haine ethnique envers les Tutsi et les minorités de l’Est du pays (Banyamulenge, Tutsi du Nord-Kivu et Hema de l’Ituri). Bien plus qu’avant, les « usines » des médias de la haine ethnique fonctionnent en plein régime, au vu et au su de tous et sans que cela n’émeuve aucune autorité en RDC. Au contraire, c’est devenu le « pain quotidien » pour une majorité de la population qui n’a rien d’autre à se mettre sous la dent que cette cocaïne sociale.

Monsieur le président, il y a péril en la demeure.
Ces pogroms anti-tutsi (Banyamulenge, Banyarwanda du Nord Kivu) et Hema en cours sont sans rappeler les événements qui ont précédé chacune des deux dernières guerresau Congo, avec toutes les conséquences que l’on vit et vivrons encore pendant longtemps. Il devient plus qu’urgent d’imposer votre marque en se démarquant de la gestion politique calamiteuse des régimes précédents, car l’unité, la concorde et la réconciliation du peuple congolais en dépend plus que jamais.

* L’auteur assume seul et pleinement la responsabilité des informations fournies et des opinions exprimées dans cet article


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