La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et l’ONG Iteka s’alarment dans un communiqué de la répression contre des militaires tutsis et des “dynamiques génocidaires” à l’œuvre au Burundi après la mystérieuse attaque en janvier d’un camp militaire dans le nord-est du pays.
Dans la nuit du 24 au 25 janvier, des tirs résonnent dans la base de Mukoni (province de Muyinga). L’hypothèse d’une attaque de rebelles est rapidement écartée au profit d’une « tentative de vol en bande organisée ». Mais celle-ci peine à convaincre, l’objet du larcin n’ayant jamais été précisé par la justice.
Dans les jours qui suivent, une vague d’arrestations s’abat contre des soldats des ex-FAB (les ex-Forces armées burundaises, l’ancienne armée dominée par la minorité tutsi), dans plusieurs bases militaires distinctes de celle de Mukoni. D’après le décompte de la FIDH et de la ligue Iteka, « au moins un ex-Fab a été assassiné par les services de sécurité et entre 15 et 25 autres ont été arrêtés. Certains ex-FAB ont été torturés et sont toujours détenus au secret. 20 personnes ont été condamnées, dont 18 à 30 ans d’emprisonnement, à l’occasion d’un procès expéditif tenu le 26 janvier ».
« Vous devez exterminer ces gens »
Selon les deux ONG, cette répression ciblée contre des militaires tutsis laisse croire que « les dynamiques génocidaires à l’oeuvre au Burundi se poursuivent, dans un huis clos de plus en plus total ».
Une hypothèse renforcée par la violente campagne de dénigrement de la minorité tutsi impulsée par le régime de Pierre Nkurunziza depuis la crise politique d’avril 2015. Comme le rapporte la FIDH dans un rapport publié en novembre 2016, le président du Sénat, Révérien Ndikuriyo, aurait par exemple déclaré en décembre 2015 devant ses partisans, au sujet de la minorité tutsi : « Vous devez pulvériser, vous devez exterminer ces gens. »
Des déclarations inquiétantes au regard de l’histoire contemporaine du Burundi, jalonnée de crises ethniques. La majorité hutu, qui a subi deux génocides en 1956 et en 1972, s’est rebellée lors de la guerre civile burundaise contre le pouvoir tutsi, notamment au sein des forces armées et de police. Signé le 28 août 2000, l’Accord d’Arusha promettait une meilleure représentation de la majorité hutu. Mais il semblerait que la crise politique ait réveillé certains démons du passé.
Avec JeuneAfrique.fr
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