Monsieur Senyanzobe réagit à l’article publié ce matin sur les manifestations anti- troisième mandat du Président burundais Pierre Nkurunziza. Il fait quelques remarques et ajouts repris ci-dessous.
Note de l’éditeur
La fin du titre est pour le moins mielleuse : il eut été préférable d’oser écrire « Les FDLR s’infiltrent » et ce sans point d’interrogation.
L’article analyse parfaitement les tenants et les aboutissants de ce gigantesque piège que représente le BURUNDI actuel mais sans prendre en compte le risque particulier de menace de guerre civile pour ne pas oser écrire de « prémices à un nouveau génocide des Tutsi ».
Mais deux acteurs, pour le moins sournois mais surtout efficaces car déterminés voire acharnés » manquent surtout à l’appel : il s’agit primo de l’éternel acteur « spécialiste autoproclamé de l’Afrique des Grands Lacs », le sieur Filip REYNTJENS et secundo, de la terrible mais surtout funeste organisation vaticane Sant’Egidio.
Filip REYNTJENS s’est fendu, il y a peu, d’une longue et détaillée analyse prospective avec pour titre accrocheur voire révélateur : « ANALYSE – Scénarios pour le Burundi » paru sur le site http://www.iwacu-burundi.org le 26 avril et repris le 2 mai, sur le site fr.igihe.com, avec pour titre « Evolution de la situation politique burundaise : Possibles scénarios ».
Comme constitutionnaliste expérimenté, puisqu’il a rédigé par le passé pour Juvénal HABYARIMANA la fameuse et fumeuse constitution rwandaise qui stigmatise, on ne peut mieux, l’ostracisme envers les Tutsi, Filip REYNTJENS se lance dans l’analyse personnelle de la constitution burundaise (qu’il n’a pas écrite lui-même), pour conclure que ce troisième mandat n’est pas permis par la constitution burundaise et ce selon les articles 96 et 302. La conclusion de l’expert est donc claire, nette et sans bavures.
Mais Filip REYNTJENS s’aventure ensuite dans une parodie de scenarii envisageables et sort effectivement ainsi de son territoire de prédilection comme constitutionnaliste pour entrer dans le domaine typique de politicologue.
Là, il n’est plus crédible, du tout, car ses scenarii relèvent de la plus haute fantaisie voire de l’approche dangereuse du futur du BURUNDI. Les six scenarii énoncés sont aussi difficiles voire impossibles à envisager : de la plus pure élucubration mentale.
Quant à Sant’Egidio, cette organisation a, à maintes reprises, tenté de renouer voire de rabibocher les liens, pour le moins inexistants, entre les FDLR et les hauts cadres politiques rwandais, comme a bien tenté, à son tour, bien inutilement le président tanzanien Jakaya KIKWETE.
Sant’Egidio qui est archi connue pour ses nombreuses tentatives passées, a osé, il y a peu, inviter à Rome les hauts responsables des FDLR alors que ceux-ci étaient, en principe selon les décisions onusiennes, interdits de voyage.
Cette organisation tente par tous les moyens d’établir un dialogue entre les religions et une solution pacifique aux conflits. Mais ces indécents déplacements à Rome auront au moins permis aux hauts cadres FDLR présents de visiter plusieurs des 27 aumôniers militaires rwandais exfiltrés vers Rome après le génocide des Tutsi par les canaux bien connu de l’IDC (International Démocratie Chrétienne) qui a exfiltré de nombreux génocidaires coincés à GOMA.
Il reste cependant une grande inconnue et elle concerne l’église burundaise : celle-ci n’a toujours pas fait connaître sa position à propos du troisième mandat du Président NKURUNZIZA.
Ce silence n’est pas une nouveauté dans les prises de positions passées de l’église : le pape Pie XII n’a-t-il pas, par son silence, été complice du génocide juif ? Et l’église rwandaise n’a-t-elle pas une indéniable coresponsabilité dans le génocide des Tutsi, s’étant réfugiée dans le silence inadmissible : pas un traître mot ni allusion en chaire de vérité, et ce pendant les trois mois du génocide ?
Ceci indépendamment de la responsabilité indéniable de certains de ses membres, plus qu’actifs pendant le génocide, tandis que d’autres se permettaient de donner, quelle honte, leurs bénédictions à ceux qui « allaient travailler ».
La situation actuelle du BURUNDI est dangereusement explosive et son voisin rwandais devra en supporter, bien involontairement, les conséquences, et ce avec ou sans la présence des funestes FDLR qui, mis en grave danger au KIVU n’hésitent donc pas à choisir un autre terrain où ils peuvent se rendre utile en prenant moins de risques.
D’importantes organisations internationales ont promis leur précieuse aide au RWANDA, qui a déjà accueilli plus de 30.000 réfugiés, mais cela n’empêchera pas le sang de couler au BURUNDI et c’est le point capital, le point crucial des jours qui viennent : empêcher le déclenchement d’un nouveau génocide.
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