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Kigali persiste et signe, il ne tire pas les ficelles à l’est de la RDC

Redigé par Par Jean Jill Mazuru.
Le 25 juillet 2013 à 02:57

Le Rwanda continue de nier avec véhémence les allégations l’accusant de soutenir la rébellion du M23.Mais à voir les choses de plus près, le rapport de Human Right Watch ne lui facilite pas cette tache. Dans la foulée dudit rapport, les Etas Unis ont haussé le ton le 23/07/2013, donnant une injonction au Rwanda de retirer ses troupes de la RDC, et de ne plus apporter aucune aide, laquelle soit-elle au M23.
Ceux qui insinuent ce pseudo soutient accusent en réalité le Rwanda de violer les accords (...)

Le Rwanda continue de nier avec véhémence les allégations l’accusant de soutenir la rébellion du M23.Mais à voir les choses de plus près, le rapport de Human Right Watch ne lui facilite pas cette tache. Dans la foulée dudit rapport, les Etas Unis ont haussé le ton le 23/07/2013, donnant une injonction au Rwanda de retirer ses troupes de la RDC, et de ne plus apporter aucune aide, laquelle soit-elle au M23.

Ceux qui insinuent ce pseudo soutient accusent en réalité le Rwanda de violer les accords d’Addis-Abeba qu’il a lui-même signés, et en vertu desquels, le pays des mille collines et dix de ses homologues s’étaient engagés à ne plus apporter leur soutien au M23.

Dans ce rapport portant sur la situation conflictuelle qui prévaut dans l’est de la RDC, l’ONG internationale de défense des droits humains situe les responsabilités, tout en pointant une implication plutôt précise de Kigali. Le petit voisin de la grande RDC interviendrait, aux dires de Human Rights Watch, HRW,aux côtés des rebelles du M23, par non seulement la présence de soldats rwandais sur le terrain de bataille, mais aussi par la formation des recrues de la rébellion. Le Rwanda comme le M23 rejettent en bloc ces assertions, le Rwanda allant jusqu’à faire valoir que derrière ces attaques en règle se cachent une volonté manifeste de nuire à l’image de marque du pays, voire pour parvenir à ruiner l’économie florissante de celui-ci. Ah, jalousie quand tu nous tiens ! Kigali juge ce rapport comme ceux qui l’ont précédé de simples affabulations.

Cependant, le Rwanda n’est pas le seul qui soit mis en cause. Les rebelles eux-mêmes sont accusés par HRW de graves violations des droits humains, dont des exécutions sommaires et des viols à grande échelle. Pour leur part, certains officiers de l’armée congolaise, dans le douloureux bras de fer qui les oppose au M23, n’hésiteraient à se faire assister par des milices également responsables de graves exactions.

Une autre version livre des explications sur cette monté au créneau de HRW commence à surgir. Condamné à deux ans de prison en Éthiopie pour trahison, Daniel Bekele a été ensuite bombardé directeur exécutif de la division Afrique de Human Rights Watch. Ivre de ressentiment contre Meles Zenawi, feu l’ancien Ministre Ethiopien, et ami intime de son vivant du président Paul Kagame qui, l’a d’ailleurs décoré de la médaille d’ « Uruti » pour la Libération du Rwanda et la médaille d’« Umurinzi » pour la Campagne de lutte contre le Génocide, il déclarait sur son compte Twitter à la sortie du rapport :

« Non seulement le Rwanda permet au M23 de se procurer des recrues et de l’équipement sur son territoire, mais les militaires rwandais continuent d’apporter un soutien direct à ce groupe qui commet des exactions. Ce soutien renforce un groupe armé qui est responsable de nombreux meurtres, viols et autres crimes graves. »
S’il faut en croire cette analyse, le patron Afrique de HRW distillerait exercerait sa vengeance envers le Rwanda par procuration donc. Les élucubrations de Bekele se passent de commentaires, car tout y est faux, archi faux ! Mais au moins comprend-on désormais, vu à travers sa lucarne, son sinistre mobile.

La publication du rapport de l’ONG Human Right Watch certes véritablement fait mal au Rwanda. C’est ainsi que les autorités de Kigali multiplient les sorties mettant en cause la méthodologie de l’ONG. Mais le mal est fait. D’autant plus que les allégations de HRW sonnent comme une confirmation des soupçons qui pesaient déjà très fortement sur le pays de Paul Kagame.

Au-delà de cette implication dont fait état HRW, en réalité, ce qui ressort du rapport de l’ONG, c’est la tendance généralisée à la violation des droits humains, à laquelle toutes les parties au conflit se livreraient. Ainsi, le M23 qui légitime sa rébellion par la nécessité de faire respecter des accords conclus avec l’Etat congolais, est accusé d’avoir exécuté au minimum 44 personnes et violé une soixantaine de femmes et de filles.

Le sort des populations civiles vivant dans la zone du Nord-Kivu est d’autant plus périlleux que les troupes régulières congolaises ne sont en rien un recours rassurant. Selon les experts de HRW, certains officiers congolais, se préoccupant un peu trop de la victoire qu’ils veulent remporter sur les rebelles, pactiseraient même avec le diable. C’est ainsi qu’ils accorderaient leur soutien à des milices infréquentables qui pullulent dans cette région, elles-mêmes coupables de nombreuses abus. Le bourbier Congolais n’a pas encore cessé de faire ses victimes.


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