Mali : une équipe d’experts en antiterrorisme va enquêter à Sévaré

Redigé par rfi
Le 10 août 2015 à 03:23

Au Mali, deux jours après l’attaque du Byblos, le calme revient à Sévaré. Le bilan officiel de l’opération lancée, samedi 8 août, par les forces spéciales maliennes fait état de treize morts. Quatre autres personnes ont pu être libérées. Une enquête est en cours. Elle est menée par les autorités maliennes et des experts occidentaux.
Des experts en antiterrorisme ont atterri à Sévaré dans la journée de samedi pour accompagner les forces maliennes dans l’enquête. Plusieurs arrestations ont eu lieu juste après (...)


Au Mali, deux jours après l’attaque du Byblos, le calme revient à Sévaré. Le bilan officiel de l’opération lancée, samedi 8 août, par les forces spéciales maliennes fait état de treize morts. Quatre autres personnes ont pu être libérées. Une enquête est en cours. Elle est menée par les autorités maliennes et des experts occidentaux.

Des experts en antiterrorisme ont atterri à Sévaré dans la journée de samedi pour accompagner les forces maliennes dans l’enquête. Plusieurs arrestations ont eu lieu juste après l’attaque, mais toutes les personnes interpellées « ont été relâchées », nous affirme une source sécuritaire à Sévaré.

Les questions sans réponse restent nombreuses. Qui sont les assaillants ? Selon une source militaire malienne, les soupçons s’orientent vers les hommes d’Amadou Koufa, un prêcheur radical originaire de Mopti. Son groupe, le Front de libération du Macina, est allié aux jihadistes d’Ansar Dine. Mais l’attentat n’a toujours pas été revendiqué. (FLM), un groupe allié au groupe jihadiste d’Ansar Dine.

« C’est le Byblos qui était visé. L’objectif des terroristes aujourd’hui c’est de semer la panique, d’amener les uns et les autres à douter d’eux-mêmes, de la capacité de l’Etat à relever des défis, de la capacité des forces internationales à continuer d’aider le Mali dans sa lutte contre le terrorisme, explique Choguel Maïga, le porte parole du gouvernement malien. C’est ça leur objectif. Et dans ce sens-là, c’est le Byblos qui a été visé aujourd’hui. Ils sont allés au Byblos où sont principalement logés les travailleurs contractuels de la Minusma. (...) Les ennemis de la paix au Mali, c’est des types aussi bien parmi les narcotrafiquants que parmi les preneurs d’otages. Donc on peut imaginer que ceux qui sont intervenus à l’hôtel Byblos, c’est des types de ces milieux-là. »

Combien étaient-ils ? Selon cette même source militaire, quatre assaillants auraient été tués pendant l’attaque. Y aurait-il des assaillants en fuite ? Des opérations sont en cours, selon une autre source sécuritaire.

Vendredi, le gouvernement malien a annoncé l’arrestation de sept suspects et leur transfert à Bamako mais aucune précision n’a été donnée sur leur identité.

Quelle cible ?

Autre question en suspens concerne la cible des terroristes. Le Byblos n’est plus un hôtel depuis 2011 et depuis le début de la crise dans le nord du pays. Un contractant de la Minusma, l’entreprise de logistique aérienne sud-africaine UTER, a alors loué le bâtiment pour loger ses employés à Sévaré.

Les assaillants savaient-ils à qui ils s’attaquaient ? D’après une source au sein de la Minusma, le bâtiment était mal sécurisé. Toujours selon elle, l’attaque aurait pu faire davantage de dégâts si les assaillants avaient opéré en soirée, lorsque la quinzaine d’employés d’UTER se trouvent habituellement sur les lieux.

Aujourd’hui le bâtiment est saccagé, les chambres détruites et d’énormes impacts de tirs sont visibles sur les murs. Le bilan « définitif » communiqué par le gouvernement ce dimanche fait état de treize morts dont quatre soldats maliens. Cinq employés d’un sous-traitant de la mission de l’ONU ont également perdu la vie : un Malien, qui était le chauffeur de la compagnie sous-traitante, un Népalais, un Sud-Africain et deux Ukrainiens. Par ailleurs, huit soldats ont été blessés.


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