La révolution du National Resistance Movement ugandais dirigée par l’actuel septuagénaire Yoweri Museveni a profité de nombreux intrépides jeunes guérilleros rwandais à la tête desquels Feu Fred Rwigyema et l’alors Major Paul Kagame pour battre en retraite les nordistes Milton Obote, Okello et autres et pouvoir vaincre la guerre pour organiser en 1986 jusqu’à ce jour, un régime accueillant au même pied d’égalité tous les Ugandais y compris ceux de l’Ouest (Ankolé et Bufumbira) qui étaient considérés comme des parias.
En 1990, les jeunes Rwandais, le Gén Fred Rwigema, les Majors Bayingana, Bunyenyezi, Paul Kagame et consorts se sentant de trop dans un nouvel establishment ugandais ont décidé eux aussi de rentrer chez eux, les armes à la main pensant se faire aider par leurs anciens camarades ugandais.
Depuis que les jeunes Rwandais ont pris le pouvoir à Kigali, leur grand frère Museveni a montré son mécontentement de voir ces jeunes-là opter pour un système politique révolutionnaire avec des accents culturels rwandais qui s’imposaient pour un petit qui sortait de la longue guerre de libération et du génocide des Tutsi qui a été mal jugulé avec un million et vingt sept mille tutsi qui sont passés sous la machette et le goupillon des irascibles Interahamwe.
Museveni a-t-il toujours voulu être le porte-parole de ces jeunes révolutionnaires rwandais ? A-t-il cherché en vain à convaincre ces derniers pour qu’ils adoptent une attitude politique faisant du Rwanda une province ugandaise ?
Force est malheureusement de constater que le torchon brûle entre les deux régimes avec le Grand Frère Museveni qui cherche à torpiller les efforts d’indépendance et de développement de son petit voisin de l’Ouest en voulant changer les figures proéminentes de l’establishment rwandais. Un souci de garder son influence intacte et de contrôler les décisions pérennes sur les régimes de la région.
Kampala soutient avec énergie les dissidents rwandais
Dans ce souci d’affaiblir le régime de son cousin du Sud Paul Kagame qui est pourtant populaire dans l’armée ugandaise, Museveni n’hésite pas à chasser de son leadership des généraux qui manifestent dans les faits la sympathie de l’actuel régime rwandais.
Ainsi a-t-il chassé puis tailler des crimes à l’endroit de son ancien Chef de la Police, le Général Kale Kayihura pour, à la fin, le faire arrêter et le traduire en justice militaire. Crimes présumés ? « Collaborer dans le rapt de réfugiés rwandais exilés en Uganda ». Ici il est faut allusion à un transfuge de l‘armée rwandaise, le Lieutenant Joël Mutabazi devenu depuis peu le chargé de communication du RNC/Rwanda National Congress, une organisation rebelle activement soutenue par l’establishment ugandais en vue de déposer le régime rwandais.
Pourtant l’ancien Inspecteur Général de la Police Ugandais, le Général Kale Kayihura tout en tentant de bien parfaire son travail de superviseur du maintien de l’ordre et de la sécurité, tout en respectant les accords d’échange de criminels entre le Rwanda et l’Uganda, il a fait gagné au change l’Uganda qui s’est vu remettre par le Rwanda 30 présumés criminels ugandais exilés au Rwanda contre une dizaine de présumés criminels rwandais ayant fui en Uganda.
Les observateurs trouvent que ce général qui doit avoir un faible pour le régime rwandais est victime d’avoir voulu une application stricte des accords dûment signés par les deux parties de collaboration dans la lutte contre les crimes transfrontaliers. L’eau qui a débordé le vase vient en fait du fait que le général a combattu de pied ferme les recrutements de jeunes réfugiés rwandais des camps de Nyakivala, Oruchinga… par le RNC activement appuyé par le service ugandais de renseignement militaire (CMI/Chieftancy of Military Intelligence) pour les transporter dans les camps d’entraînement de ce RNC situés sur les inaccessibles hauts plateaux de l’Itombwe en RDC.
Le dernier crime commis par ce général, il y a quelques petits mois, est d’avoir arrêté une trentaine de ces jeunes rwandais à la frontière tanzanienne en partance pour la RDC et de les avoir emprisonnés prenant ainsi de court le CMI et le RNC.
Les services de renseignements militaires rwandais doivent suivre de très près tout ce complot ourdi par le régime de Museveni contre celui de Kagame.
Pourra-t-on avoir une nouvelle Clare Short pour désamortir une bombe incendiaire qui est entrain d’être réattisée entre les deux pays.
Curieuse ce qu’est la politique ! Hier, de 1994 à 2003, Museveni ne cessait dans ses discours officiels, de vilipender les FDLR/Forces Démocratiques de Libération du Rwanda les prenant comme une nouvelle version des Interahamwe de triste mémoire au Rwanda.
Il est pourtant rapporté que Kampala a abrité en juin 2013 au Mamba Point Bar une réunion entre le RNC et les FDLR pour préparer des attaques terroristes à la grenade dans la ville de Kigali avec objectif de torpiller les élections législatives qui étaient prévues en septembre de cette année-là mais aussi pour semer l’insécurité généralisée dans la ville au cours des fêtes de fin d’année 2013.
Un vaste réseau terroriste Afrique du Sud-Kampala-Est RDC-Kigali
Tout avait été bien préparé dans le détail avec des émissaires du Général Kayumba Nyamwasa, Esther Kanyire et Sam Lethoko qui avaient fait le déplacement d’Afrique du Sud pour présenter le Lieutenant Mutabazi au Col Jean Marie et sa délégation des FDLR.
Un reclus de justice dans l’affaire des 23 policiers ugandais arrêtés et comparant le 5 novembre 2013 devant la justice, Cpl Joseph Nshimiyimana alias Camarade a déclaré à la cour que ce jour-là, au cours de cette rencontre, sous la direction du Lt Mutabazi, il a été réceptionné 150 grenades à faire exploser dans les points névralgiques de Kigali et 50.000 dollars à payer aux jeunes gens qui allaient les lancer. « 14.000 $ ont été immédiatement versés par RNC », a dit le Cpl Joseph.
La suite, on la connaît : la mise en exécution s’est déroulée avec l’explosion de grenades au marché de Kicukiro, quartier urbain de Kigali au sud est faisant deux morts et 46 blessés.
Des régimes frères qui se mettent les bâtons dans les roues
De ce qui précède, il s’ensuit que le vieux Museveni semble ne guère apprécier l’organisation très disciplinée du régime Kagame. Il lui crée de l’ombre à l’échelle est africaine et africaine. Le côté ascète de Kagame, sa vision pour un Rwanda de demain ayant dépassé les divisionnismes de tout genre, son obsession à asseoir un système capitaliste rationnel et complet prévenant des guerres de clans… voilà en gros ce qui fait la publicité de Kagame dans la Communauté internationale, ce qui lui attire des foudres de son grand frère ugandais qui, septuagénaire qu’il est, rêve de finir ses années au pouvoir adulé.
Est-ce pour cela qu’il entend créer des révolutions de palais sanglantes ? Et si, tel un boomerang, il créait lui-même sa propre fin car le cercle d’anciens combattants du NRM (National Resistance Movement) est conscient du torpillage que Museveni exerce sur son jeune ancien camarade de guérilla ?
Les deux régimes de Kigali et Kampala ont beaucoup d’intérêt à se tolérer et de ne jamais se chercher noise. Les médiateurs devraient être sur pied pour prévenir l’irréparable.
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