Burundi : Ndayishimiye promet des réformes, mais corruption, crise énergétique et précarité persistent

Redigé par BrenT
Le 23 janvier 2026 à 01:33

Le président burundais Evariste Ndayishimiye a une nouvelle fois exprimé sa «  volonté de réformer l’administration publique burundaise  », promettant sanctions et limogeages pour les «  responsables jugés inefficaces  ».

Ces déclarations ont été faites ce 22 janvier 2026, lors de la messe inaugurale d’une croisade du CNDD‑FDD à Magarama (Gitega), prévue pour durer trois jours. Le président a insisté sur la nécessité d’écarter les «  mauvais dirigeants  », dénonçant implicitement les pratiques de gestion administrative jugées défaillantes.

Toutefois, il est constaté que ce type d’annonce se répète depuis plusieurs années sans qu’aucune transformation structurelle majeure n’ait été observée dans l’administration publique.

Comme le révèlent plusieurs rapports et témoignagnes, la persistance - parmi d’autres facteurs - de la corruption, des dysfonctionnements judiciaires, de la mauvaise gouvernance et du manque chronique de services essentiels affaiblit continuellement la crédibilité de l’État burundais, suscitant frustration, colère et désolation chez les citoyens, qui ne savent plus à quel saint se vouer.

Une perception de corruption très élevée

Selon le ’Corruption Perceptions Index 2024’ de Transparency International, le Burundi obtient un score de 17/100, se classant 165ᵉ sur 180 pays, le pays figurant en permanence parmi les nations africaines les plus perçues comme corrompues depuis plusieurs années.

La corruption y est systémique, affectant notamment gestion des ressources publiques, marchés publics et institutions de contrôle. Les élites politico‑administratives sont par ailleurs régulièrement accusées de détournements et d’abus de pouvoir, sans jamais faire l’objet de poursuites.

Selon plusieurs rapports, cette corruption généralisée freine considérablement investissements et développement économique, l’opacité des marchés publics et l’inefficacité des contrôles dissuadant les investisseurs étrangers et freinant la croissance.

Une justice jugée inefficace et politisée

La justice est également critiquée pour son manque d’indépendance et son instrumentalisation. Dans son homélie, Monseigneur Bonaventure Nahimana, archevêque de Gitega, a dénoncé un système judiciaire corrompu et instrumentalisé, appelant à des réformes urgentes pour garantir l’équité et la cohésion sociale.

Monseigneur Bonaventure Nahimana, archevêque de Gitega, a dénoncé un système judiciaire burundais corrompu et instrumentalisé

Cette observation rejoint en outre les constats de plusieurs organisations  : l’impunité des acteurs, souvent affiliés au parti au pouvoir, persiste au Burundi en raison de mécanismes de lutte contre la corruption faibles et d’une justice fréquemment instrumentalisée et strictement contrôlée.

De même, Human Rights Watch souligne que les mécanismes judiciaires sont souvent instrumentalisés pour réprimer les critiques, ce qui mine davantage la crédibilité du système.

À ces défis s’ajoute une crise énergétique persistante, marquée entre autres par une pénurie de carburant qui depuis plus de quatre ans perturbe les transports, freine l’activité économique et complique la vie quotidienne. Les stations‑services sont régulièrement quasi à sec, paralysant les transports et obligeant les habitants à se tourner vers le marché noir à des prix exorbitants.

La crise énergétique au Burundi résulte d’un manque cruel de devises étrangères qui affecte le pays depuis plusieurs années, limitant l’importation de carburant et d’autres produits essentiels. Cette pénurie, reconnue par le gouvernement, complique l’approvisionnement des marchés, fragilise la stabilité macroéconomique, fait grimper les prix des biens importés et alimente l’inflation, rendant l’accès aux produits de première nécessité plus difficile.

Entre promesses de réformes non tenues et réalités catastrophiques, le Burundi continue de faire face à des défis profonds en matière de gouvernance et à un sous-développement persistant, qui semble sans issue, plongeant le pays dans une crise humanitaire qualifiée de silencieuse mais dévastatrice.

Entre promesses de réformes non tenues et réalités catastrophiques, le Burundi continue de faire face à des défis profonds en matière de gouvernance

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