Burundi : un acteur de la société civile menacé suite à des dénonciations

Redigé par IGIHE
Le 7 janvier 2026 à 03:54

Vianney Ndayisaba, président de l’Association burundaise de lutte contre le chômage et la torture (ALUCHOTO), a indiqué avoir échappé de justesse à une tentative d’enlèvement dans la nuit de dimanche à la périphérie de Bujumbura.

Cet épisode survient quelques semaines après son intervention lors d’une émission publique animée par le président Évariste Ndayishimiye, fin décembre 2025.

En effet, Ndayisaba avait dénoncé un système de trafic humain impliquant l’envoi de femmes et de filles burundaises vers les pays du Golfe avec la complicité de hauts responsables sécuritaires, ainsi que des abus de pouvoir et des spoliations foncières imputés à certains cadres du parti au pouvoir, le CNDD-FDD. Depuis lors, il affirme être soumis à des menaces constantes, comme le rapportent plusieurs sources locales.

Un trafic humain organisé et toléré par des responsables

Les dénonciations de Ndayisaba s’inscrivent dans un contexte régulièrement signalé par des ONG et des observateurs internationaux. Le Burundi serait un pays de départ pour des femmes et jeunes filles envoyées vers le Moyen-Orient, souvent sous de fausses promesses d’emploi, parfois exploitées dans des conditions proches de l’esclavage.

Selon le rapport 2025 du ’Trafficking in Persons’ (TIP) du Département d’État américain, 1 186 victimes de trafic ont été identifiées en 2024, dont 989 pour travail forcé, contre 396 en 2023, révélant une hausse considérable. Ces pratiques seraient facilitées par la corruption et la complicité de certains responsables étatiques, selon Human Rights Watch et l’ONU.

La corruption touche également le domaine foncier et administratif, où des terres sont régulièrement spoliées au profit de responsables du régime ou de leurs proches, renforçant un système de prédation et d’impunité.

Le cas de Ndayisaba illustre un phénomène plus large : la répression des voix critiques au Burundi, où le CNDD-FDD contrôle les institutions et les forces de sécurité.

Par ailleurs, les membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, sont souvent pointés du doigt pour de nombreuses violations, voire des exactions, opérant comme une police supplétive impliquée dans des actes d’intimidation et de violence, sans crainte de poursuites.

Le président de l’Association burundaise de lutte contre le chômage et la torture a indiqué avoir échappé de justesse à une tentative d’enlèvement

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