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Les éternels renégats de l’Histoire ou quand l’argent achète la trahison

Redigé par Tite Gatabazi
Le 10 février 2026 à 10:02

L’Histoire universelle est jalonnée de ces figures sombres qui, pour quelques privilèges, une reconnaissance factice ou de modestes gratifications matérielles, ont consenti à renier leur peuple, à travestir la vérité et à se vendre au pouvoir du moment.

De l’Antiquité aux drames contemporains, ces renégats ont toujours prospéré dans les interstices de la détresse collective, se parant des oripeaux de la représentation tout en œuvrant, en réalité, à la consolidation de l’oppression. Leur nom change, leur stratégie demeure : parler au nom des victimes pour mieux servir leurs bourreaux.

C’est dans cette lignée funeste que s’inscrit l’épisode profondément choquant de la réception, à Washington, par le ministre congolais Patrick Muyaya, d’un groupuscule d’individus se revendiquant abusivement comme « représentants des Banyamulenge des États-Unis ».

Cette mise en scène politique, aussi grossière qu’indécente, ne relève ni de l’erreur ni de l’ignorance : elle procède d’un calcul cynique et d’une entreprise délibérée de falsification de la réalité.

Ces individus ne sont ni des porte-voix, ni des leaders, ni des interlocuteurs légitimes. Ils ne représentent aucune structure reconnue, aucune base communautaire organisée, aucune légitimité morale ou politique.

Ils incarnent au contraire une usurpation manifeste, une confiscation frauduleuse de la parole collective, au service exclusif de leurs ambitions personnelles. En prétendant parler au nom des Banyamulenge d’Amérique, ils parlent en réalité contre eux, et contre les intérêts vitaux de leur communauté.

La diaspora Banyamulenge authentique, responsable et structurée, existe bel et bien. Elle s’exprime de manière constante et crédible à travers la Mahoro Peace Association (MPA), organisation humanitaire respectée pour sa transparence, son sérieux et son engagement au service des victimes.

C’est là que réside la voix légitime de la communauté et non dans les calculs opportunistes d’un cénacle renégat, désormais perçu par beaucoup comme une véritable gangrène morale.

L’indignité de cette posture est d’autant plus criante que nombre de ces individus doivent leur survie et leur trajectoire au Rwanda, qui leur a offert protection, sécurité, éducation et perspectives d’avenir lorsqu’ils fuyaient l’enfer des guerres à répétition en République démocratique du Congo.

Faux représentants, vraies complicités : le blanchiment politique de la persécution

Se ranger du côté d’un pouvoir largement perçu comme complice sinon instigateur de cette persécution n’est pas une simple divergence politique. C’est une trahison historique, un reniement du lien communautaire et une collaboration morale avec l’oppression.

La réception de ces faux représentants par Patrick Muyaya s’inscrit clairement dans une stratégie de manipulation : fabriquer des interlocuteurs de circonstance, simuler un dialogue inexistant et occulter, par un écran de fumée la réalité des crimes commis.

Et lorsque l’Histoire rendra son verdict, elle ne se contentera pas de juger des individus. Elle rappellera surtout que ces trahisons, si elles peuvent enrichir momentanément leurs auteurs, jettent l’opprobre sur des générations entières.

Car la honte de la compromission ne s’éteint pas avec les acteurs : elle s’inscrit durablement dans la mémoire collective, comme un stigmate que ni l’argent ni les honneurs ne sauraient effacer.

Soutenir un pouvoir perçu comme complice de cette persécution dépasse la politique : c’est une trahison historique et une complicité morale avec l’oppression

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