En érigeant cette question au rang de préoccupation stratégique, l’Union africaine affirme que le discours de haine en RDC n’est ni une simple dérive langagière ni un épiphénomène conjoncturel, mais bien un instrument de déstabilisation profonde, souvent précurseur des violences les plus extrêmes.
Cette position solennelle consacre une exigence de responsabilité collective, rappelant avec gravité que, sur le continent africain plus qu’ailleurs, les mots ont trop souvent précédé l’irréparable, et que leur encadrement relève désormais d’un impératif moral, juridique et politique incontournable.
Réunis au niveau ministériel lors de leur 1323ᵉ réunion, le 29 décembre 2025, les membres du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (CPS) ont posé un acte d’une gravité politique et morale considérable, soigneusement passé sous silence par une large frange des médias en République démocratique du Congo.
Dans une décision sans ambiguïté, le CPS a fermement condamné « l’utilisation de discours de haine et d’idéologies de haine » et a expressément demandé à l’Envoyé spécial de l’Union africaine pour la prévention du génocide et des atrocités de masse d’enquêter sur ces dérives et d’en faire rapport au Conseil.
Cette prise de position, loin d’être anodine, inscrit la question du discours de haine au rang des menaces majeures à la paix et à la sécurité continentales.
Le silence médiatique observé autour de cette résolution interroge autant qu’il alarme. Il ne s’agit pas d’un simple oubli ou d’une négligence journalistique, mais bien d’une occultation révélatrice d’un malaise profond : celui de devoir confronter un récit dominant, complaisamment entretenu, à une réalité institutionnelle internationale qui en démonte les fondements.
En condamnant explicitement les idéologies de haine et en mandatant une enquête officielle, l’Union africaine reconnaît implicitement le caractère structurant, dangereux et potentiellement criminogène de ces discours, dont les effets corrosifs sur la cohésion sociale et la stabilité régionale ne sont plus à démontrer.
Briser l’omerta pour rétablir la vérité des faits
Ce que certains ont choisi de dissimuler au public congolais mérite aujourd’hui d’être dévoilé, non par goût de la polémique, mais par exigence de vérité et de rigueur.
La décision du CPS s’inscrit dans une continuité internationale de plus en plus affirmée, où le discours de haine n’est plus perçu comme une simple dérive verbale relevant de la liberté d’expression, mais comme un signal d’alerte précoce des violences de masse et des crimes les plus graves.
En sollicitant l’intervention de son Envoyé spécial pour la prévention du génocide, l’Union africaine rappelle que l’histoire du continent marquée par des tragédies où la parole meurtrière a précédé l’acte impose une vigilance extrême face à toute banalisation de la haine.
Révéler cette résolution, c’est donc rompre avec une omerta dangereuse et réhabiliter le droit des citoyens à une information complète, honnête et contextualisée. C’est également rappeler que la responsabilité de prévenir les atrocités ne saurait incomber aux seules instances internationales : elle engage au premier chef les autorités nationales, les médias et les élites d’opinion, sommés de choisir entre la complaisance coupable et la lucidité salutaire.
En définitive, la vérité des faits, même dissimulée un temps, finit toujours par s’imposer. Et lorsqu’elle émane des plus hautes instances continentales, la taire revient non seulement à tromper l’opinion, mais à fragiliser délibérément les fondements mêmes de la paix.














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