A chaque génocide, à chaque massacre de populations civiles, l’histoire se répète avec une constance révoltante : les victimes sont implicitement accusées de leur propre destruction, tandis que ceux qui disposent du pouvoir d’intervenir se dérobent derrière des prétextes diplomatiques ou bureaucratiques.
De Srebrenica au Rwanda, les alertes pressantes furent ignorées, les forces de protection insuffisantes, et les décisions retardées au point de rendre inefficace toute tentative de prévention. Cette incapacité structurelle à agir ne relève pas de l’ignorance, mais d’un aveuglement volontaire et d’un défaut moral profond, qui transforment l’inaction en complicité et font peser sur l’humanité tout entière le fardeau d’un sang que l’on aurait pu épargner.
L’histoire contemporaine, par sa répétition tragique, révèle une constante inquiétante : la Communauté Internationale, malgré les tragédies qui se succèdent, demeure souvent incapable de tirer des leçons tangibles de ses erreurs passées.
A chaque génocide, à chaque massacre systématique de populations civiles, se répète un schéma douloureusement prévisible : les victimes sont, implicitement ou explicitement, rendues responsables de leur propre extermination. Cette logique perverse permet aux puissances mondiales de se dédouaner, de préserver leur conscience tout en masquant leur défaillance.
L’alerte constante de figures comme Bertrand Bisimwa, Coordonnateur Adjoint de l’AFC/M23, qui rappelle sans relâche les manquements d’hier et les renoncements aux conséquences funestes, met en lumière l’ampleur de cette carence morale et politique.
De Srebrenica au Rwanda, l’inertie de la Communauté Internationale a été non seulement choquante, mais criminelle par omission. Le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 illustre crûment cette tragique répétition.
Le 7 avril 1994, alors que le génocide débutait, dix casques bleus belges, des parachutistes de la MINUAR chargés de protéger la Première ministre Agathe Uwilingiyimana, furent désarmés, lynchés et tués par des soldats rwandais.
Loin de provoquer une réaction immédiate et efficace, cet événement, comme tant d’autres, fut suivi d’une inaction délibérée, d’un retrait progressif des troupes étrangères et d’une incapacité manifeste de l’ONU à intervenir de manière décisive.
L’ouvrage du Général canadien Roméo Dallaire, J’ai serré la main du diable, demeure un témoignage saisissant de l’impuissance et de la frustration face à ce refus collectif d’agir ; pourtant, les leçons qu’il contenait sont restées lettre morte.
L’éternel retour de l’inaction : de l’indifférence à la complicité
Le constat s’étend tragiquement au-delà du Rwanda. À Srebrenica, en juillet 1995, la communauté internationale fut une fois encore confrontée à la passivité coupable face à l’extermination systématique de milliers de Bosniaques musulmans.
De même, les tragédies actuelles à Minembwe et à Uvira démontrent que l’histoire n’a guère instruit la conscience internationale. Les alertes se succèdent, les appels à la protection des populations vulnérables s’intensifient, et pourtant, les mécanismes de prévention restent insuffisants ou inexistants.
La communauté internationale, par son inertie répétée, ne se contente plus de manquer à ses obligations ; elle devient, par son silence et sa lenteur, complice de l’injustice et de la violence.
Il ne s’agit pas seulement d’une faillite diplomatique ou militaire, mais d’un déficit éthique majeur. Lorsque des États ou des institutions internationales échouent à protéger les populations civiles face à des massacres planifiés, lorsque les alertes sont ignorées et les promesses de sécurité brisées, l’humanité entière est mise en échec.
La répétition de ces manquements révèle une incapacité chronique à transformer le savoir historique en action concrète. La mémoire des victimes, des dizaines de milliers d’êtres humains sacrifiés par la haine et l’avidité de la violence, devient ainsi le miroir d’une conscience internationale toujours en retard sur l’exigence morale.
Ainsi, la tragédie de Srebrenica, le génocide contre les tutsi au Rwanda et les violences actuelles contre les tutsi congolais en RDC illustrent un constat inéluctable : la Communauté Internationale, malgré les avertissements répétés et les enseignements du passé, continue de naviguer entre l’inaction et la culpabilité différée.
Tant que cette incapacité à tirer les leçons de l’histoire persistera, le monde restera prisonnier d’une répétition macabre où l’injustice et le sang des innocents servent de sombre rappel de nos carences collectives.
La vigilance, la mémoire et l’action doivent, impérativement, devenir les piliers d’une réponse internationale qui ne se contente plus de témoigner, mais qui protège et prévient réellement.














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