Sous la conduite de M. Ruben Atoyan, l’équipe du FMI a engagé des discussions avec les autorités du 24 mars au 4 avril 2025. À l’issue de cette mission, un accord au niveau des services a été conclu, confirmant la solidité des fondamentaux économiques du pays ainsi que son engagement constant en faveur des réformes structurelles, et ce malgré un environnement économique mondial difficile.
En 2024, le Rwanda a affiché une croissance de son produit intérieur brut (PIB), atteignant 8,9 %, ce qui le classe parmi les économies les plus dynamiques d’Afrique subsaharienne. Cette performance soutenue s’explique par la vitalité de plusieurs secteurs clés, notamment l’agriculture, la construction, le commerce, le tourisme, les transports et les télécommunications. Le marché du travail a également montré des signes positifs, avec une hausse du taux de participation et une baisse significative du taux de chômage.
L’inflation est demeurée stable, atteignant 4,8 % à la fin de l’année 2024, soit un niveau conforme à la fourchette cible fixée par la Banque nationale du Rwanda. Cette stabilité s’explique principalement par une amélioration de la production agricole et par une conduite efficace de la politique monétaire.
Le déficit budgétaire s’est révélé inférieur aux prévisions, grâce à une mobilisation accrue des recettes fiscales, à des investissements publics bien ciblés, ainsi qu’à une gestion efficiente des remboursements de TVA.
Le secteur financier a été jugé solide, porté par une croissance soutenue du crédit et une diminution du volume de prêts non performants. En parallèle, les pressions extérieures se sont atténuées, soutenues par une reprise des exportations au quatrième trimestre et par des flux réguliers de financements provenant des partenaires au développement. Ces éléments ont contribué à stabiliser le franc rwandais, dont la dépréciation a été limitée à 9,4 %, contre 18 % en 2023.
Les réserves internationales du Rwanda ont augmenté pour atteindre l’équivalent de 5,4 mois de couverture des importations, renforçant ainsi la résilience du pays face à d’éventuels chocs extérieurs.
« Tous les objectifs quantitatifs définis dans le cadre du PCI ont été atteints », a déclaré M. Ruben Atoyan, soulignant par ailleurs la mise en œuvre réussie des principales réformes structurelles. Celles-ci portent notamment sur la mobilisation accrue des recettes intérieures, le renforcement de la supervision des entreprises publiques, l’amélioration de la gouvernance d’entreprise, ainsi que sur une plus grande transparence des statistiques financières.
Le FMI a également salué l’achèvement, en février 2025, de la Facilité de crédit de confirmation (FCC), qui a joué un rôle déterminant dans la réduction des déséquilibres extérieurs et dans le renforcement des réserves en devises étrangères.
L’institution a également salué le nouveau paquet fiscal récemment adopté par le Rwanda, estimant qu’il devrait contribuer à renforcer les recettes publiques et à améliorer le ratio recettes fiscales/PIB.
Parmi les principales mesures fiscales entérinées par le Conseil des ministres en février figurent l’instauration d’un droit d’accise de 15 % sur les produits cosmétiques et de beauté, une augmentation de 15 % de la redevance sur le carburant par litre, ainsi que l’application d’une TVA de 18 % sur les téléphones portables.
Par ailleurs, la fiscalité sur les jeux de hasard a été considérablement alourdie, avec une hausse de la taxe sur les revenus bruts des jeux (GGR), portée de 13 % à 40 %, et une augmentation de la retenue à la source sur les gains, passée de 15 % à 25 %.
Une taxe touristique a également été introduite, aux côtés d’autres mesures destinées à élargir l’assiette fiscale et à assurer une mobilisation accrue des ressources intérieures.
Des projets stratégiques majeurs, tels que la deuxième phase de l’Aéroport international de Bugesera et l’expansion de la compagnie aérienne nationale "RwandAir" en partenariat avec l’Autorité d’investissement du Qatar, devraient dynamiser la croissance à long terme du Rwanda et renforcer la connectivité régionale.
Le Conseil d’administration du FMI examinera la cinquième revue du PCI du Rwanda en mai 2025.
Il convient de rappeler que le PCI, introduit en décembre 2022, vise à soutenir le programme de réformes du Rwanda sans nécessiter de financement direct de la part du FMI.


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