Le ministre Nduhungirehe compare les manipulations ethniques de Ndayishimiye à celles de Habyarimana

Redigé par Bertrand Tunezerwe
Le 19 mars 2026 à 01:01

Le ministre des Affaires étrangères, Ambassadeur Olivier Nduhungirehe, a dénoncé ce qu’il décrit comme des manœuvres de manipulation visant des individus contre leur propre communauté dans la région des Grands Lacs.

Ces déclarations font suite à la visite au Burundi de membres de l’organisation ’Banyamulenge Global Advocacy’, venus selon eux «  remercier le président Évariste Ndayishimiye pour son soutien à la paix en RDC et son aide continue envers les Banyamulenge réfugiés dans le pays  ».

Charles Nteze Byabagabo, résident aux États-Unis et responsable de cette organisation, a indiqué avoir effectué ce déplacement afin d’exprimer aussi leur gratitude pour «  l’envoi de troupes dans l’est de la RDC, une initiative qui, selon lui, a permis aux Banyamulenge de se sentir en sécurité  ».

Suite à cette action controversée, le ministre Nduhungirehe a estimé que ce type de pratiques n’est pas nouveau dans la région et trouve un précédent dans l’histoire du Rwanda.

«  L’ancien président Habyarimana et son parti, le MRND, les ont utilisés et abusés au début des années 1990 au Rwanda, alors que les Tutsi étaient persécutés et tués dans de nombreuses régions du pays  », a indiqué le ministre via un message sur X ce mercredi, citant notamment le cas d’Antoine Nyetera, manipulé par Juvénal Habyarimana, qui «  a même continué après 1994 à nier le génocide qu’il a survécu tout en louant le régime Habyarimana  ».

Le chef de la diplomatie rwandaise a par ailleurs invité la délégation à «  fournir un effort supplémentaire en se rendant à Minembwe, dans les Hauts Plateaux du Sud-Kivu, afin de constater les frappes quotidiennes de drones des FARDC qui détruisent les habitations et les moyens de subsistance de leurs parents, ainsi que le blocus ethnique imposé par l’armée burundaise, qui empêche les populations locales d’accéder aux marchés  ».

«  Après cette visite à Minembwe, ces messieurs pourraient alors retourner à Bujumbura pour faire du "plaidoyer" auprès de l’un de leurs principaux tourmenteurs  », a noté le ministre Nduhungirehe.

De son côté, Douglas Kabunda, responsable de l’organisation «  Mahoro Peace Association  » basée aux États-Unis et œuvrant pour la communauté Banyamulenge, a affirmé que Charles Nteze Byabagabo et ses collègues, anciens membres de cette structure, en ont été radiés pour sabotage, manquement à leurs obligations et atteinte aux intérêts des Banyamulenge.

Plusieurs sources et analyses régionales rapportent régulièrement des frappes menées par l’armée congolaise, en collaboration avec l’armée burundaise, les Wazalendo, les FDLR ainsi que des mercenaires étrangers, sur des zones peuplées par la communauté Banyamulenge, certains rapports et experts allant jusqu’à évoquer un génocide perpétré contre cette minorité.

De plus, le porte-parole de l’armée burundaise, le général de brigade Gaspard Baratuza, a en personne reconnu, en fin d’année dernière, le blocage des routes reliant Minembwe aux autres régions, accusant les habitants de cette commune de «  collaborer avec l’ennemi  ».

Le ministre Nduhungirehe a comparé les manipulations ethniques de Ndayishimiye à celles de Juvénal Habyarimana, consistant à retourner des individus contre leur communauté
Byabagabo et ses collègues sont accusés de sabotage, de manquement à leurs obligations et d’atteinte aux intérêts des Banyamulenge
Le ministre Nduhungirehe a invité la délégation à se rendre à Minembwe pour constater les frappes de drones et le blocus imposé

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