Ce rassemblement résigné, traduit l’exacte matérialisation d’une soumission forcée à l’autorité coercitive, tandis que le porte-parole de l’armée burundaise revendiquait sans équivoque la responsabilité du blocus de Minembwe.
Cette image, à la fois révoltante et indicatrice d’une humiliation institutionnalisée, illustre avec acuité la tragique précarité d’une communauté dont la dignité et les droits élémentaires sont suspendus au bon vouloir d’un pouvoir armé, révélant, en creux, la mécanique implacable de l’oppression orchestrée et de la trahison des leurs.
Les manœuvres consistant à instrumentaliser les membres de sa propre communauté, au détriment de leur sécurité et de leur dignité, ne constituent nullement une nouveauté dans notre région.
Déjà au début des années 1990 au Rwanda, l’ancien président Juvénal Habyarimana et son parti, le MRND, se livrèrent à l’exploitation cynique et méthodique de leurs concitoyens, orchestrant persécutions et massacres contre les Tutsi dans de vastes pans du pays.
Parmi les instruments de cette machination, Antoine Nyetera se distingua par sa compromission totale, poursuivant après 1994 la négation du génocide qu’il avait lui-même survécu et encensant, en dépit de toute décence morale, le régime qu’il avait servi.
Cette duplicité incarne, de manière emblématique, la perfidie la plus raffinée : celle d’un individu trahissant ses pairs tout en revendiquant la légitimité d’une fidélité pervertie.
La récente venue de ces individus à Bujumbura, pour la plupart radiés de la principale association des Banyamulenge et ayant parcouru l’Atlantique aux frais de mécènes, illustre avec éclat l’ampleur de leur compromission.
Si, par un tour de passe pierre de la logique, ces mêmes individus se flattaient de défendre leur communauté, il leur faudrait accomplir ce que leur courage chétif leur interdit : se rendre à Minembwe, sur les Hauts Plateaux, afin de contempler l’inlassable ballet meurtrier des drones des FARDC, réduisant en cendres foyers et subsistances, et pour évaluer, à défaut de leur compassion absente, l’ampleur du blocus ethnique imposé par l’armée burundaise, qui prive leurs proches de l’accès aux marchés et aux ressources vitales.
Mais il est vain d’espérer une telle épreuve de ces héros de salon : leur bravoure s’évapore au simple frémissement du devoir, laissant derrière elle un désert de lâcheté qui ferait rougir d’envie les plus habiles prestidigitateurs.
Après cette confrontation avec la réalité de Minembwe, ces messieurs pourraient regagner Bujumbura pour poursuivre leur prétendue « advocacy » auprès de l’un de leurs principaux persécuteurs. Il importe de souligner, contrairement aux assertions du leader de ce groupe devant les caméras, que le Président du Burundi les a reçus en sa seule qualité nationale et non comme président de l’Union Africaine, n’ayant reçu aucun mandat du Sommet de l’UA en ce sens.
A moins qu’Evariste Ndayishimiye, qui n’en est pas à son premier égarement dans l’attribution de prérogatives nationales à l’UA, ne méconnaisse fondamentalement les limites de son rôle institutionnel, cette posture témoigne une fois de plus de la fragilité morale et éthique qui gangrène la conduite de certains dirigeants africains.
Ainsi se déploie, dans ce théâtre de compromission et de trahison, une opprobre pérenne : celle qui s’attache inexorablement à ceux qui, par cupidité, par lâcheté ou par calcul intéressé, trahissent leur communauté.
Cette infamie, irréversible et indélébile, perdure au-delà des voyages, des discours et des gesticulations diplomatiques et restera comme le stigmate inaltérable de ceux qui, sous couvert de défense communautaire, se font complices de l’oppression et de la destruction de leurs semblables.
Le périple de ces individus depuis les États-Unis jusqu’à Bujumbura incarne une mécanique perverse déjà observée à maintes reprises dans notre région : la trahison organisée, présentée comme une action de sauvegarde ou de représentation communautaire.
A Minembwe, face aux frappes aériennes incessantes et au blocus systématique, se révèle l’essence véritable de leur entreprise : non pas la protection de leurs pairs, mais l’asservissement de leur conscience à des intérêts extérieurs et à des calculs politiques dévoyés.
Ce spectacle de duplicité, où la perfidie se drape de pseudo-légitimité, rappelle avec acuité que la loyauté communautaire et la conscience collective, une fois violées au profit de l’opportunisme et de la compromission, se muent en un fardeau éternel et en une ignominie indélébile, marquant à jamais ceux qui ont choisi de trahir les leurs.














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