En effet, le ministre rappelle que Juvénal Habyarimana, au pouvoir de 1973 jusqu’à son assassinat en 1994, était directement impliqué dans de nombreux crimes politiques et massacres visant à la fois les Tutsi et des Hutu opposants au régime.
Crimes d’État et persécutions politiques
Selon les informations, Juvénal Habyarimana aurait ordonné dès 1963 la liquidation de cadres et chefs tutsi à la prison de Ruhengeri, ainsi que de Hutu perçus comme des menaces, dont Michel Rwagasana, ancien secrétaire général du Parti UNAR et symbole de la monarchie bannie, diabolisée par le parti extrémiste PARMEHUTU et plus tard par le MRND de Juvénal Habyarimana.
Entre 1973 et 1976, des dizaines de politiciens et hauts fonctionnaires hutu furent arrêtés et détenus dans des conditions inhumaines, certains assassinés clandestinement sous les ordres directs de Habyarimana. Des pratiques de torture odieuses ont été rapportées dans les prisons de Ruhengeri et de Gisenyi, impliquant également de hauts responsables militaires et civils du régime.
Évoquant le cas de Gregoire Kayibanda, figure controversée et premier président du Rwanda (1962-1973), il est rapporté qu’il aurait été soumis à l’inanition et à la soif à son domicile avant de décéder en 1976.
Une lettre de 1991, « Le président Habyarimana face à ses actes criminels », publiée par le major Lizinde, accuse Juvénal Habyarimana, son beau-frère Protais Zigiranyirazo et plusieurs colonels d’avoir organisé ces assassinats et falsifié les certificats de décès des victimes, dans le but de dissimuler la véritable cause.
Le ministre cite aussi des assassinats d’envergure, tels que celui de l’Américaine Diane Fossey en 1987, tuée pour avoir dénoncé un trafic illégal de gorilles, et de l’Abbé Silvio Sindambiwe en 1989 pour ses dénonciations des crimes du régime. D’autres figures hutu et officiers de l’armée furent également éliminés, parfois par empoisonnement ou détention prolongée.
Préparation du génocide contre les Tutsi en 1994
Des rapports internationaux datant de 1993, notamment ceux de la Commission des Nations Unies sur les droits de l’homme et de la MINUAR en 1994 dirigée par le général Roméo Dallaire, ont documenté l’implication directe de Juvénal Habyarimana dans l’organisation des massacres contre les Tutsi et les démocrates hutus dans les mois précédant le génocide.
Des télégrammes et rapports militaires internationaux avaient effectivement alerté l’ONU sur l’imminence de ces crimes, notamment à travers l’armement des milices Interahamwe et Impuzamugambi liées au MRND, le parti de Habyarimana.
S’adressant directement au fils Habyarimana, le ministre a insisté sur le fait que tenter d’innocenter son père revient à « prouver de plus en plus une absence nette de crédibilité, une malhonnêteté intellectuelle et tout simplement un manque d’humanité ».
Dr. Bizimana note que la mort de Juvénal Habyarimana en avril 1994 n’effacera en rien sa responsabilité dans ces crimes commis de 1963 à 1994, mais aussi dans la préparation et l’exécution du dernier génocide du 20ème siècle, celui des Tutsi du Rwanda.
« Leur sang versé ne tombera plus dans l’oubli dans lequel Juvénal Habyarimana avait cru instaurer », conclut le ministre Bizimana.














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