Des témoignages concordants décrivent des pratiques qui semblent tout droit sorties des archives sombres de l’histoire contemporaine : des hommes armés débarquent, interpellent sans justification, bandent les yeux et conduisent leurs victimes vers des lieux tenus secrets, où elles sont retenues pendant des jours, voire des semaines ou des mois.
Cette pratique, frappante par son arbitraire et son audace, traduit une violence institutionnalisée et soigneusement dissimulée. Politiques, journalistes, activistes, simples citoyens, personne n’est à l’abri de cette mécanique de peur. Chaque enlèvement devient une leçon silencieuse et brutale : le pouvoir, lorsqu’il s’arroge la faculté de déterminer qui peut s’exprimer et qui doit se taire, opère selon ses propres lois, substituant la force à la légitimité, l’intimidation à la justice.
Loin d’être de simples dérives individuelles, ces agissements révèlent une stratégie politique consciente. Le secret, l’opacité et la terreur psychologique deviennent des instruments de contrôle social et de neutralisation des voix discordantes. La peur, cultivée par le silence et la dissimulation, s’insinue ainsi dans le corps social, étouffant la critique et confinant les citoyens dans un état de vigilance permanente, voire de soumission tacite.
Le prix de la liberté et le devoir de mémoire
La liste des victimes, qui ne cesse de s’allonger, constitue un témoignage indirect de la fragilité de l’État de droit dans lequel le Congo prétend évoluer. Politiques, journalistes, activistes, chacun devient, par la simple assertion de sa liberté d’opinion ou de son engagement citoyen, un enjeu stratégique pour un pouvoir qui confond sécurité nationale et répression.
L’absence de transparence et de cadre légal dans ces opérations illustre un déficit démocratique majeur : celui où la protection de l’État se transforme en oppression des citoyens.
Mais la violence et le silence ne sauraient être des absolus. Chaque récit, chaque témoignage qui s’échappe de ces lieux de détention clandestine est un appel à la vigilance collective et à la conscience citoyenne. Il appartient à la société congolaise et à la communauté internationale de reconnaître le caractère systémique de ces pratiques et de dénoncer la confiscation de la liberté individuelle sous couvert de protection cybernétique.
La liberté, en effet, n’est pas un privilège optionnel, mais le socle de toute nation qui se prétend démocratique. Refuser de nommer les auteurs, de documenter les violations et de garantir des recours, c’est inscrire l’arbitraire dans la durée et légitimer une peur permanente.
Le devoir de mémoire, la documentation et la dénonciation deviennent alors les seules armes pour contrer cette oppression silencieuse, et rappeler que le droit à la parole, la sécurité des citoyens et l’intégrité de la nation demeurent des principes non négociables.














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