En alertant les services de renseignements sur les activités clandestines et subversives du député national Mbindule Mitono avec un groupe armé opérant à Butembo, l’autorité provinciale met au jour une réalité que les discours officiels s’efforcent depuis des années de dissimuler derrière les slogans creux de restauration de l’autorité de l’État.
Car ce qui apparaît désormais avec une netteté accablante, c’est l’existence d’une porosité inquiétante entre certaines sphères du pouvoir politique et les architectures criminelles qui ensanglantent l’Est de la République démocratique du Congo.
Le plus sidérant, dans cette affaire, n’est pas uniquement l’allégation de proximité revendiquée avec le ministre Muhindo Nzangi, ni même l’évocation assumée d’une implication dans les groupes armés. Ce qui frappe avec une gravité particulière, c’est cette assurance presque provocatrice d’impunité, cette certitude déconcertante selon laquelle l’appartenance aux cercles du pouvoir constituerait désormais une immunité politique et judiciaire absolue.
Une telle posture traduit moins une dérive individuelle qu’une décomposition systémique de l’État, où certains responsables publics semblent considérer les institutions non comme des instruments de protection de la nation, mais comme des remparts destinés à couvrir les compromissions les plus obscures.
Cette situation donne une résonance troublante aux déclarations autrefois faites par l’ancien président de l’Assemblée nationale, Christophe Mboso, lorsqu’il affirmait détenir une liste de députés nationaux impliqués dans les groupes armés.
A l’époque, beaucoup avaient tenté de réduire ces propos à une simple sortie politique ou à une manœuvre circonstancielle. Pourtant, les événements successifs semblent progressivement confirmer l’existence d’un phénomène infiniment plus grave : celui de criminels en col blanc ayant infiltré les mécanismes mêmes de la représentation nationale.
Dès lors, une interrogation fondamentale surgit avec une acuité dramatique : comment prétendre pacifier l’Est du pays lorsque certains acteurs censés incarner la République entretiendraient eux-mêmes des relations avec les forces qui alimentent l’insécurité ?
Comment exiger des sacrifices de soldats abandonnés sur les lignes de front, de populations déplacées et de communautés martyrisées, lorsque des segments de l’élite politique seraient soupçonnés de prospérer dans l’économie du chaos ?
Le drame congolais ne réside plus seulement dans l’existence des groupes armés. Il réside désormais dans la possible institutionnalisation de leurs relais au sein même de l’appareil étatique.
Car lorsqu’un élu de la nation revendique des connexions politiques comme garanties d’impunité, ce n’est plus uniquement la sécurité nationale qui vacille : c’est la crédibilité entière de la République qui s’effondre.














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