Leurs bourreaux les décrivent comme des ” occupants étrangers” et des ”agents du mouvement de balkanisation de la RDC”. Dès son arrivée au pouvoir, il a initié le phénomène consistant à ”éliminer un à un des infiltrés” dans l’armée nationale. Un concept bien connu du public congolais comme faisant allusion aux Tutsi congolais. Pendant plus de cinq ans, il a ordonné des bombardements aveugles ciblant uniquement le peuple banyamulenge. Aucune autre communauté du Sud-Kivu n’a été visée par ces bombardements.
Félix Tshisekedi a créé des conditions et un environnement favorables à l’implantation d’une idéologie anti-tutsi. Celle-ci est devenue une ressource tant pour le gouvernement que pour l’opposition politique.
Aux niveaux national et provincial, des acteurs politiques tels que Muhindo Nzangi Butondo, Justin BITAKWIRA, Claude MISARE, Constant MUTAMBA, Omer BULAKALI, Martin FAYULU , Eve BAZAIBA et d’autres hautes autorités, ont eu recours à des discours de la haine similaires à ceux du général Ekenge et, à l’instar de Léon Mugesera et Théoneste Bagosora, cerveaux du génocide contre les Tutsi au Rwanda, s’en sont servis dans les années 1990.
Dans le même contexte de la haine, sous le régime de Félix Tshisekedi, certains enseignements dispensés dans les écoles exploitent une idéologie construite sur des alliances mythiques, fondées sur une supposée ”race bantoue” et sur une théorie du complot évoquant un empire Hima ou un peuple dit ” hamitique”.
Ces discours conflictuels font allusion aux Tutsi comme étant des Hamites et à d’autres Congolais non tutsi comme des ”Bantous” ou des autochtones. Ces enseignements sont enregistrés dans des vidéos qui circulent publiquement. Ces rhétoriques sont devenues un phénomène de haine ethnique d’envergure régionale. Celle-ci est désormais utilisée comme un outil de mobilisation populaire et par des groupes armés.
Ainsi, Félix Tshisekedi a adopté et soutenu le phénomène ”Wazalendo”, un concept qui repose sur une idéologie de déracinement et d’extermination des Tutsi en RDC. Des centaines de groupes armés ”Wazalendo” relevant de ce concept ont été soit intégrés dans l’armée nationale, soit considérés comme des réservistes. Leurs pratiques génocidaires sont devenues un signe d’héroïsme.
Ils commettent des actes visant à infliger des souffrances aux corps de leurs victimes, en ciblant même des officiers tutsi. Par exemple, en décembre 2021, un major de l’armée nationale congolaise (FARDC), Kaminzobe Joseph, un Munyamulenge/Tutsi, a été lynché et brûlé vif à Lweba par la population, en présence de soldats de l’armée nationale. De manière similaire, en novembre 2023, un capitaine de l’armée nationale, Rukatura Gisore, a subi la même atrocité. Il n’y a jamais eu des poursuites judiciaires engagées par le gouvernement de Tshisekedi.
Sous Tshisekedi le cannibalisme a été introduit pour manifester l’intensité de la haine, mais aussi pour inculquer la peur et la terreur.
Sous Tshisekedi, l’idéologie de la haine contre les Tutsi a modernisé les tueries en y intégrant des formes de violence telles que le cannibalisme. Celui-ci sert de moyen pour manifester l’intensité de la haine, mais aussi pour inculquer la peur et la terreur. Le but n’est pas nécessairement le goût de la chair humaine du Tutsi, mais l’expression d’une haine qui ne se limite pas à la simple mise à mort : il s’agit aussi de faire du mal et d’humilier le corps de la victime ainsi que sa famille.
En juin 2022, sous le régime de Félix Tshisekedi, à Kalima, dans la province du Maniema, trois Banyamulenge, Tutsi congolais, ont été tués, rôtis et cannibalisés devant des soldats des FARDC. En réaction à cette barbarie, le Dr Denis Mukwege, prix Nobel de la paix de 2018, a interpellé les tueurs afin qu’ils cessent d’enregistrer la cruauté des actes de cannibalisme et de lynchage. Il ne leur a pas demandé de ne pas tuer ni de ne pas manger les Tutsi, mais seulement de ne pas produire de vidéos des actes de tuerie pouvant servir de preuves de la barbarie. En d’autres termes tuer en secret.
En mars 2023, le ministre de la Communication et des Médias, M. Patrick Muyaya, a tenu des propos relevant du discours de haine, suggérant que la langue kinyarwanda est un concept ambigu et qu’il faudrait simplement faire référence aux Hutu ou aux Tutsi, et non à une langue. En décembre 2022, un général des FARDC, le lieutenant-général Constant Ndima, ancien gouverneur militaire du Nord-Kivu, a déclaré qu’il n’existe pas de langue kinyarwanda en RDC.
Tous ces acteurs n’ont pas été poursuivis par la justice. Dans ce contexte, Félix Tshisekedi a fait des allusions répétées à la théorie mythique du ”grand remplacement” dans un discours officiel, une rhétorique fondée sur des mesonges et la stigmatisation des Tutsi.
Cette théorie conspirationniste suggère que le Rwanda introduit ses populations en RDC pour occuper des terres des Congolais. Le gouverneur tshisekediste du Sud Kivu, Purusi Sadiki, avait déclaré dans une émission où il était invité par des médias français en 2024 : ” A ce jour 140.000 rwandais ont été emmenés au Sud Kivu pour s’y implanter”. Ce qui est évidement faux.
Le gouvernement de Félix Tshisekedi a ouvertement soutenu et invité des auteurs et journalistes controversés, dont Charles Onana, qui a clairement développé des théories de négation du génocide contre les Tutsi au Rwanda ainsi que des discours de haine contre les Tutsi congolais.
Félix Tshisekedi a également invité d’autres commentateurs diffusant des discours de haine incluant Jean Claude Mubenga. Ce dernier est devenu très connu et clairement apprécié par Félix Tshisekedi pour ses propos comme ”Ces gens sont des cafards. Ce sont des infiltrés. Ce sont des virus. Quand il y a un virus, on cherche à l’éliminer de l’intérieur.
Sinon, il devient contagieux. Quand vous voyez un cafard, il faut directement le tuer, sinon il va se multiplier et vous envahir. C’est tout. Si vous voyez seulement que c’est un Rwandais (Tutsi), on suit ses mouvements et, s’il parle le kinyarwanda, il faut immédiatement le tuer. C’est pourquoi, lorsque les Wazalendo rencontrent ces gens-là, ils en finissent directement avec eux. Voilà pourquoi les Wazalendo doivent être là pour exterminer ces gens.”
De même, en juillet 2023, M. Justin Bitakwira, ancien ministre du Développement rural et proche de Félix Tshisekedi, ainsi que des cadres du parti au pouvoir, l’Union sacrée de la Nation, ont tenu une conférence pour promouvoir un livre fondé sur les discours de la haine de Charles Onana. Ces intervenants ont également participé à des interviews dans les médias, au cours desquelles ils ont décrit les Tutsi comme ”des serpents et des criminels”.
Ces messages instaurent un système s’apparentant à une forme d’apartheid entre Noirs. En septembre, à Uvira, la population a empêché les Banyamulenge d’accéder aux points d’eau potable et aux marchés publics pour des motifs liés au faciès. En septembre 2025, à Uvira, une opération dite de ”ville morte” a été organisée pour protester contre la nomination du général Gasita Olivier, rejeté en raison d’une ”nationalité douteuse” et de son origine tutsi/banyamulenge.
Conclusion
Le régime de Félix Tshisekedi a incarné et canalisé des pratiques et une idéologie de haine dirigées contre les Tutsi congolais. Il est notamment associé à une campagne de soutien à des groupes armés appelant au déracinement et au nettoyage ethnique des Banyamulenge.
Ces dernières années, Félix Tshisekedi a également introduit et soutenu d’autres formes d’expression de la violence. Sous son régime, des cas de lynchages sommaires et même de cannibalisme ont été signalés. Ces événements, combinés à certains discours politiques, assimilent les Banyamulenge ou les Tutsi congolais à des cafards ou à de la vermine.
Le président Tshisekedi a manifesté son soutien à des acteurs qui promeuvent des messages de haine et de déshumanisation à l’encontre des Tutsi congolais. Il a lui-même tenu des propos relevant de ce registre.
Dr. Alex Mvuka
Il est analyste politique sur la région des grands lacs. Il est spécialisé en économie politique, gouvernance institutionnelle et études de conflits.














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