La Gambie débute les paiements de réparations aux victimes du régime Jammeh

Redigé par IGIHE
Le 13 janvier 2026 à 03:38

La Commission des réparations de Gambie a annoncé le début des paiements aux victimes de violations des droits humains commises sous le régime de l’ancien président Yahya Jammeh, marquant une étape dans le processus de justice transitionnelle engagé depuis la chute du dictateur en 2017.

Ces paiements, effectués par phases, concernent d’abord les victimes ayant subi des violations dès le début du régime en 1994. Pour être éligibles, elles doivent fournir une identification valide, un compte bancaire et les documents de vérification fournis par la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC).

La Commission appelle également la société civile et les organisations communautaires à soutenir les victimes, notamment celles vivant dans les zones rurales ou rencontrant des difficultés administratives.

Ce programme est mis en œuvre conformément à la loi sur les réparations des victimes (« Victims’ Reparations Act »), adoptée en novembre 2023, qui établit un Fonds des victimes alimenté notamment par la vente des biens de Jammeh, afin de financer compensations et autres réparations.

Le gouvernement avait déjà consacré des fonds dans le budget 2025, mais des ONG et la Commission nationale des droits de l’homme ont alerté sur les retards et l’insuffisance du financement, alors que certains survivants demeurent sans soins ni compensation.

Le rapport final de la TRRC (2021) a documenté des violations graves, incluant assassinats, disparitions forcées, tortures et arrestations arbitraires. Parmi les cas emblématiques figure le massacre de migrants d’Afrique de l’Ouest en 2005, où plus de cinquante personnes ont été tuées par une unité paramilitaire. Les familles réclament enquêtes supplémentaires, exhumations et jusqu’à 1 million de dollars par victime.

Des biens de Jammeh à l’étranger, notamment un manoir dans le Maryland (États‑Unis), ont été saisis pour alimenter le Fonds des victimes. Parallèlement, des appels se multiplient pour que Jammeh et d’autres responsables soient jugés devant un tribunal spécial mixte (gambien et international) adopté en décembre 2024, afin de compléter les réparations et renforcer la responsabilité pénale.

La Commission des réparations de Gambie a lancé les paiements aux victimes des violations des droits humains sous le régime de Yahya Jammeh

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