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La justice française ordonne la poursuite de l’enquête visant Agathe Habyarimana

Redigé par Bertrand Tunezerwe
Le 6 mai 2026 à 05:30

La Cour d’appel de Paris a décidé, ce mercredi 6 mai 2026, de relancer l’instruction judiciaire visant Agathe Kanziga, veuve de l’ancien président rwandais Juvénal Habyarimana, dans le cadre des investigations liées à son rôle dans le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994.

Cette décision annule le non-lieu prononcé en 2025 par les juges d’instruction, qui avaient estimé que les éléments réunis ne permettaient pas de retenir des charges suffisantes contre l’accusée.

La juridiction d’appel a suivi les arguments du Parquet national antiterroriste (PNAT) ainsi que ceux des parties civiles, estimant que l’enquête devait être poursuivie afin d’examiner l’ensemble des éléments disponibles.

Kanziga, âgée de 83 ans, est visée en France depuis 2007 dans le cadre d’une information judiciaire ouverte après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR). Elle est soupçonnée de complicité de génocide et de crimes contre l’humanité, des accusations qu’elle a toujours contestées.

Le PNAT avait immédiatement contesté la fin de l’enquête en 2025, affirmant que certaines pièces et témoignages avaient été insuffisamment pris en compte et qu’une analyse plus large était nécessaire, notamment sur la période précédant le 9 avril 1994.

Les organisations de défense des victimes pointent notamment le rôle influent d’Agathe Kanziga au sein de « l’Akazu », cercle proche du pouvoir qui entourait Juvénal Habyarimana, présenté comme le noyau dur du régime et considéré comme le centre de planification et de mise en œuvre du génocide contre les Tutsi.

Dans son argumentaire, le parquet avait également demandé que les investigations soient élargies à la période allant du 1er mars au 9 avril 1994, estimant que les premières analyses s’étaient concentrées sur un laps de temps trop court.

Le génocide perpétré contre les Tutsi en 1994 demeure l’une des tragédies les plus fulgurantes et les plus sombres de l’histoire de l’humanité, plus d’un million de personnes ayant été méthodiquement massacrées en l’espace de seulement 100 jours, entre avril et juillet 1994.

Agathe Kanziga est pointée pour son rôle au sein de « l’Akazu » considéré comme le centre de planification et de mise en œuvre du génocide contre les Tutsi

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