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Le Président Kagame confirme les progrès du Rwanda vers l’énergie nucléaire à l’horizon 2030

Redigé par IGIHE
Le 19 mai 2026 à 05:42

À l’occasion du Sommet sur l’innovation nucléaire pour l’Afrique 2026, le Président Paul Kagame a confirmé que le Rwanda reste en bonne voie pour lancer l’exploitation de l’énergie nucléaire au début des années 2030.

Cette rencontre de haut niveau, qui se tient à Kigali du 19 au 21 mai, placée sous le thème « Alimenter l’avenir de l’Afrique : transformer les ambitions nucléaires en réalités attractives pour les investisseurs », a réuni des chefs d’État africains, des régulateurs, des organisations internationales, des investisseurs et des experts techniques afin de discuter du développement de systèmes énergétiques fiables capables de soutenir la transformation économique du continent.

Au cours du sommet, le Président Kagame a annoncé que le Rwanda venait d’achever avec succès la phase I de l’« Integrated Nuclear Infrastructure Review » (INIR) de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), une étape clé dans la feuille de route nucléaire du pays.

Le chef de l’État rwandais a reçu le rapport officiel des mains de Rafael Mariano Grossi, directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à l’issue d’un processus d’évaluation conduit avec des experts internationaux.

Le Rwanda ambitionne de produire jusqu’à 1,5 gigawatt d’électricité à partir de l’énergie nucléaire d’ici 2050.

« Nous avons l’intention de rendre l’énergie nucléaire opérationnelle au début des années 2030. Cette évaluation confirme que nous sommes sur la bonne voie », a déclaré le président de la République.

Paul Kagame a insisté sur le fait que les perspectives de développement de l’Afrique dépendent fortement de sa capacité à résoudre les pénuries énergétiques persistantes, précisant que l’industrialisation, la transformation des minerais, les infrastructures numériques, l’intelligence artificielle ainsi que les systèmes de santé modernes nécessitent une électricité stable et fiable.

« Pour l’Afrique, l’énergie n’est pas simplement une question de développement. Elle constitue le fondement de la croissance industrielle et de la compétitivité », a-t-il affirmé. « Les pays incapables de répondre à cette demande auront du mal à être compétitifs. »

Le Président Kagame a également expliqué que le Rwanda considère l’énergie nucléaire comme un élément central de sa stratégie énergétique à long terme, avec un intérêt particulier pour les petits réacteurs modulaires (SMR), qu’il juge mieux adaptés aux réalités africaines grâce à leur flexibilité, leur coût réduit et leur compatibilité avec des réseaux électriques de plus petite taille.

Le Président Kagame a confirmé que le Rwanda reste en bonne voie pour lancer l’exploitation de l’énergie nucléaire au début des années 2030

Tout en réaffirmant l’importance des énergies renouvelables, notamment le solaire et l’hydroélectricité, il a estimé qu’un approvisionnement intermittent ne suffirait pas à couvrir les besoins croissants du continent.

« Les énergies renouvelables demeureront indispensables, notamment le solaire et l’hydroélectricité, secteurs dans lesquels l’Afrique dispose d’un potentiel considérable. Toutefois, nos économies ne peuvent fonctionner de manière efficace en s’appuyant exclusivement sur une production énergétique intermittente », a-t-il déclaré.

Le Président a par ailleurs appelé les pays africains à renforcer leurs cadres réglementaires et leur gouvernance afin d’attirer des investissements à long terme dans les projets nucléaires.

« Ce que l’Afrique ne peut pas se permettre, c’est la fragmentation », a-t-il averti. « Si les pays travaillent de manière isolée, les progrès seront lents et beaucoup plus coûteux. », affirmant que la coopération régionale, l’harmonisation réglementaire, les mécanismes de financement et l’intégration des réseaux électriques seront indispensables pour garantir le succès du développement nucléaire sur le continent.

Le président du Conseil des ministres togolais Faure Gnassingbé a, pour sa part, lui aussi appelé l’Afrique à passer des discussions à l’action, qualifiant ce sommet de moment décisif pour l’avenir énergétique du continent.

« Il existe, dans la vie d’un continent, des moments où l’on ne se contente plus de constater, mais où il faut dessiner l’avenir. Et ce matin en fait partie, car la vérité est devant nous », a déclaré Gnassingbé.

Le dirigeant togolais a souligné que les énergies renouvelables, bien qu’importantes, ne peuvent à elles seules soutenir l’industrialisation, l’expansion numérique et la demande croissante en électricité de base.

Faure Essozimna Gnassingbé a appelé l’Afrique à passer des discussions à l’action, qualifiant ce sommet de moment clé pour l’avenir énergétique du continent

« Le continent africain ne dispose toujours pas d’un accès universel à une électricité fiable. Il représente pourtant une part croissante de la population mondiale. Nos villes vont continuer de croître, nos besoins industriels vont augmenter, nos économies vont se numériser. Tout cela exige une énergie que nous ne pouvons plus raisonnablement espérer tirer des seules sources dont nous disposons aujourd’hui », a-t-il ajouté.

Faure Gnassingbé a également évoqué les avancées du Togo dans le domaine nucléaire, notamment l’adoption d’une législation spécifique, la création d’une commission de l’énergie atomique et l’exploration des petits réacteurs modulaires pour les zones hors réseau.

« Le nucléaire africain ne sera pas un nucléaire importé. Il sera pensé, opéré et gouverné par les Africains, au service des Africains », a-t-il déclaré.

Insistant sur la nécessité d’une coopération régionale et sur le caractère complémentaire du nucléaire et des énergies renouvelables, la présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a, de son côté, annoncé que la Tanzanie prévoit de développer une capacité nucléaire de 1 200 mégawatts au cours de la prochaine décennie et qu’un organe national de mise en œuvre conforme aux normes de l’AIEA a déjà été créé.

« L’énergie nucléaire ne doit pas être considérée comme concurrente des énergies renouvelables, mais plutôt comme un complément dans l’effort global visant à construire des systèmes énergétiques résilients, durables et fiables », a entre autres indiqué Hassan.

Samia Suluhu Hassan a insisté sur la nécessité d’une coopération régionale et sur le caractère complémentaire du nucléaire et des énergies renouvelables

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi, a tenu a rappelé que près d’un demi-milliard de personnes en Afrique n’ont toujours pas accès à l’électricité, faisant des défis énergétiques du continent une priorité mondiale, indiquant que de récents accords conclus avec des banques de développement, notamment la Banque mondiale et des institutions régionales, contribuent désormais à lever les obstacles financiers qui freinaient jusque-là les projets nucléaires africains.

« Pendant de nombreuses années, le financement représentait la ligne rouge séparant l’Afrique des bénéfices de l’énergie nucléaire. Mais cela a changé », a déclaré Grossi.

Le responsable de l’AIEA a également salué les avancées réglementaires du Rwanda, notamment la mise en place du « Rwanda Atomic Energy Board » et de la « Rwanda Nuclear Authority », qu’il considère comme essentielles pour garantir la sécurité et renforcer la confiance des investisseurs.

Le président du « Rwanda Atomic Energy Board », le Dr Lassina Zerbo, a, lui, estimé que ce sommet marque le passage de l’ambition à la mise en œuvre concrète, appelant l’Afrique à se concentrer sur le développement de projets nucléaires viables et attractifs pour les investisseurs.

« L’Afrique ne doit pas simplement aspirer à avoir une place à la table. L’Afrique doit contribuer à façonner cette table elle-même », a déclaré Zerbo.

Il a également mis en avant le potentiel des petits et micro-réacteurs modulaires comme technologies capables de transformer les futurs systèmes énergétiques africains, avant d’annoncer la création d’une Coalition mondiale pour la philanthropie nucléaire destinée à mobiliser des financements pour le développement du nucléaire sur le continent.

Alors que le sommet doit se poursuivre durant les deux prochains jours, le Président Kagame a affirmé que le Rwanda continuerait à soutenir les efforts africains dans ce domaine.

Le Président de la République a enfin souligné le fait que la croissance démographique du continent pourrait devenir un avantage économique majeur si elle s’accompagne d’investissements suffisants dans les infrastructures énergétiques.

« D’ici 2050, l’Afrique disposera de la plus grande main-d’œuvre au monde », a-t-il noté. « Cette transition démographique peut devenir l’un des plus grands avantages économiques de ce siècle si nous nous y préparons. »

Le Président Kagame a souligné le fait que la croissance démographique du continent pourrait devenir un avantage économique majeur si elle s’accompagne d’investissements suffisants dans les infrastructures énergétiques
Le Sommet sur l’innovation nucléaire pour l’Afrique 2026 se tient à Kigali du 19 au 21 mai, sous le thème : « Alimenter l’avenir de l’Afrique : transformer les ambitions nucléaires en réalités attractives pour les investisseurs »

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