Le Rwanda conditionne la levée de ses mesures défensives à la neutralisation des FDLR

Redigé par IGIHE
Le 23 janvier 2026 à 11:21

Le Rwanda a réaffirmé que ses mesures de sécurité défensives resteront en place tant que la milice génocidaire FDLR ne sera pas totalement neutralisée, alors que le pays s’efforce de mettre en œuvre les Accords de Washington, négociés par les États-Unis avec la médiation du Qatar, avec la République démocratique du Congo (RDC).

S’exprimant jeudi devant la sous-commission des affaires étrangères pour l’Afrique du Congrès américain, présidée par le député Chris Smith (R-NJ), l’ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, a souligné que ces mesures sont conditionnelles, limitées dans le temps et directement liées à la neutralisation vérifiée des FDLR.

«  Les mesures défensives que nous avons mises en place ne seront ajustées que lorsque le niveau de menace diminuera  », a déclaré l’ambassadrice Mukantabana. «  Le Rwanda s’engage à un retrait progressif, simultané et indépendamment vérifié de ses mesures de coordination sécuritaire, proportionnel aux étapes de désarmement des FDLR.  »

L’intervention de l’ambassadrice a mis en évidence la menace persistante posée par les FDLR, formés par les responsables du génocide contre les Tutsi de 1994 au Rwanda, qui opèrent dans l’est de la RDC depuis plus de trois décennies, commettant atrocités et exactions contre les civils et maintenant une collaboration étroite avec l’armée congolaise.

L’audition portait également sur la mise en œuvre des Accords de Washington, signés le 4 décembre 2025. L’accord, négocié sous la direction des États-Unis avec la médiation du Qatar, vise à établir une paix durable, la sécurité et une intégration économique entre le Rwanda et la RDC.

Sarah Troutman, sous-secrétaire adjointe d’État des États-Unis représentant l’administration Trump, a assuré un suivi américain de l’accord tout en soulignant le risque de sanctions en cas de violation. Elle a également insisté sur l’importance de neutraliser la menace posée par les FDLR.

La milice génocidaire représente «  une menace légitime  » pour le Rwanda et «  il ne peut leur être permis d’opérer dans l’est de la RDC  », a-t-elle entre autres déclaré.

L’ambassadrice Mukantabana a par ailleurs fourni un contexte historique, rappelant l’insurrection des Abacengezi à la fin des années 1990, une campagne transfrontalière menée par d’anciens membres des forces armées rwandaises et de la milice Interahamwe, qui visait à déstabiliser le Rwanda après le génocide perpétré contre les Tutsi.

Elle a insisté sur le fait que les leçons du passé sous-tendent l’insistance du Rwanda à maintenir ses mesures défensives tant que des garanties de sécurité crédibles ne sont pas établies.

«  Les souvenirs des survivants du génocide contre les Tutsi, les tombes d’un million de victimes et l’histoire documentée de l’insurrection des Abacengezi, qui a coûté la vie à des milliers d’autres dans les années qui ont suivi 1994, nous obligent à maintenir nos capacités défensives jusqu’à ce que des garanties de sécurité crédibles soient établies, jusqu’à ce que la menace disparaisse, une fois pour toutes  », a-t-elle ajouté.

L’ambassadrice a conclu en réaffirmant la disposition du Rwanda à travailler avec la RDC, les États-Unis, l’Union africaine et d’autres partenaires internationaux pour garantir que les Accords de Washington se traduisent par une paix durable et une prospérité partagée.

Au-delà de la sécurité, ces accords établissent également un cadre pour la transformation économique régionale via le Cadre d’Intégration Économique Régionale (CIER). Le Rwanda vise à développer le commerce transfrontalier, à améliorer les infrastructures et à créer des emplois, liant ainsi paix et prospérité à des mesures de sécurité vérifiées.

Le Rwanda a réaffirmé que ses mesures de sécurité défensives resteront en place tant que la milice génocidaire FDLR ne sera pas totalement neutralisée

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