S’exprimant depuis Addis-Abeba, en amont du sommet de l’Union africaine, le chef de la diplomatie rwandaise a pointé la responsabilité de Kinshasa dans la prolongation du conflit.
Interrogé sur la poursuite des combats malgré les différents processus de paix, le ministre Nduhungirehe a affirmé qu’« il n’y a aucun jour sans attaques aériennes de Kinshasa sur les positions de l’AFC/M23 et contre les populations banyamulenge », dénonçant en parallèle une montée des discours de haine. Selon lui, le président Félix Tshisekedi signe des accords « sans réelle volonté » de les mettre en œuvre.
Au cœur des divergences entre Kigali et Kinshasa figure une nouvelle fois la question des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Alors que la RDC accuse régulièrement le Rwanda de poursuivre des intérêts liés aux ressources minières, Olivier Nduhungirehe a jugé cette lecture « simpliste ».
« Il y a un problème FDLR. Ils ont été entretenus, soutenus et intégrés dans l’armée de la RDC, et c’est pour cette raison qu’il y a eu les accords de Washington », a-t-il déclaré. Pour Kigali, la neutralisation de ce groupe armé constitue un préalable indispensable. « Il doit y avoir un engagement de la RDC de neutraliser les FDLR pour permettre au Rwanda de lever les mesures de défense », a insisté le ministre, estimant que cette question est « un point central du conflit ».
Concernant les menaces de sanctions internationales visant le Rwanda, notamment de la part des États-Unis, le chef de la diplomatie rwandaise a exprimé son scepticisme quant à leur efficacité. Il a rappelé les mesures prises entre 2012 et 2013, au plus fort de la précédente crise du M23.
« Cela a-t-il réglé le problème de la RDC et du M23 ? Non. La guerre a repris huit ans plus tard », a-t-il affirmé, ajoutant qu’aucune sanction n’empêcherait le Rwanda de sécuriser sa frontière face à ce qu’il qualifie de menaces persistantes.
Le Rwanda et la RDC ont signé, en décembre 2025, des accords de paix sous l’égide des États-Unis, auxquels ont participé les trois présidents réunis. L’un des points centraux de ces accords portait sur la neutralisation des FDLR.
Toutefois, le gouvernement congolais est régulièrement pointé du doigt pour entretenir, jusqu’à ce jour, une collaboration étroite avec ce groupe, en lui fournissant des armes, des équipements et divers soutiens.














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