Davos 2026 : Quand le « Pays-Solutions » cache un État-Prédateur

Redigé par IGIHE
Le 21 janvier 2026 à 11:54

Alors que le gotha mondial de la finance et de la diplomatie prend ses quartiers dans les Alpes suisses pour le Forum Économique Mondial (WEF) de janvier 2026, le Président Félix Tshisekedi débarque avec un agenda à double détente.

En façade, il vend la RDC comme le « Pays-Solutions », vantant son cobalt « vert » et ses forêts. En coulisses, il transforme cette tribune économique en prétoire contre Kigali, jouant une partition bien rodée : celle de l’éternelle victime d’un voisin pilleur.

Pourtant, cette année, la mécanique s’enraye. Les récentes révélations explosives d’Africa Intelligence réduisent la posture de Kinshasa à une série d’accusations en miroir.

Tshisekedi accuse le Rwanda de piller les richesses du Congo ? L’enquête révèle que c’est sa propre famille biologique qui orchestre le siphonnage industriel des minerais au cœur même de l’État.

L’Amnésie Sélective : De la Fraternité à la « Guerre de 30 ans »

Anticiper le discours de Tshisekedi à Davos est un exercice sans surprise. Il y dénoncera une « agression de 30 ans » perpétrée par le Rwanda. Ce narratif omet pourtant une réalité historique gênante : lors de son accession au pouvoir en 2019, Félix Tshisekedi n’avait pas hérité d’une guerre ouverte avec Kigali. L’heure était à l’effusion diplomatique, le Président congolais multipliant les voyages au Rwanda et déroulant le tapis rouge au Président Kagame à Kinshasa.

Les observateurs s’interrogent : où était cette fameuse agression systémique lorsqu’il célébrait la fraternité diplomatique il y a à peine quelques années ? Ce revirement s’apparente à une stratégie de diversion. En pointant du doigt un ennemi extérieur, le régime tente désespérément de masquer la prédation interne qui gangrène le secteur minier. L’ironie est totale : alors que le Président exige la traçabilité des minerais pour bloquer le Rwanda, un rapport d’enquête interne du groupe minier Eurasian Resources Group (ERG) identifie le « Clan Tshisekedi » comme le moteur d’un pillage systématique.

Ce ne sont pas des rebelles fantômes qui volent le cobalt, mais des membres de la famille présidentielle, dont son frère Thierry Tshisekedi et son conseiller privé Kahumbu Mandungu (dit « Kao »), cités comme bénéficiaires de réseaux illégaux causant des pertes de 150 millions de dollars par mois à l’industrie formelle.

L’Arroseur Arrosé : Garde Républicaine et Connexions Troubles

Le concept d’accusation en miroir prend tout son sens à la lumière des faits. Tshisekedi accuse le Rwanda de militariser les mines ? La réalité documentée est que la Garde Républicaine (GR) congolaise, unité d’élite dédiée à la protection du Chef de l’État, a été privatisée pour sécuriser les sites miniers illégaux du clan présidentiel, allant jusqu’à interdire l’accès aux inspecteurs de l’armée régulière (FARDC).

Plus grave pour l’audience occidentale : Tshisekedi accuse le Rwanda de financer l’instabilité. Pourtant, l’enquête révèle que les cartels protégés par le pouvoir à Kinshasa collaborent avec des réseaux libanais liés à l’ancien groupe Congo Futur, sous sanctions du Trésor américain pour financement du Hezbollah. Le gouvernement qui réclame des sanctions internationales contre son voisin abrite ainsi en son sein des réseaux liés au terrorisme international.

La Facture Suisse : L’Indécence des Chiffres

Le malaise s’accentue avec le scandale financier révélé par la presse suisse en marge du sommet. Alors que Kinshasa pleure sur ses « caisses vides » et sollicite l’aide internationale, un journal helvétique a dévoilé que la délégation congolaise a dépensé 440 000 dollars uniquement pour l’hébergement. Cela représente une dépense pharaonique de 24 000 dollars par jour et par personne.

Ces fastes ont provoqué l’ire d’Andreas Glamer, membre du Conseil national suisse, qui a plaidé sur le réseau social X pour la suspension immédiate de l’aide au développement : « Il faut tout arrêter jusqu’à ce que ce gouvernement corrompu soit remplacé. »

L’Impasse de la Crédibilité

La posture de Félix Tshisekedi ne tient plus. Comment convaincre les investisseurs quand le cercle intime du Président est accusé de générer 2 milliards de dollars par an de revenus illicites au détriment de partenaires comme ERG ? En transformant Davos en tribune anti-rwandaise, Tshisekedi espère que le bruit de ses accusations couvrira le silence gênant de sa propre complicité et le fracas des scandales financiers. Mais les faits sont têtus : le véritable « trouble maker » de l’économie congolaise ne siège pas à Kigali, mais bien dans les salons feutrés de la Cité de l’Union Africaine à Kinshasa.

Alors que le gotha mondial de la finance et de la diplomatie se réunit dans les Alpes suisses pour le WEF de janvier 2026, le président Félix Tshisekedi arrive avec un agenda à double détente

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