Engagé sous l’égide de l’État du Qatar, ce cadre de dialogue avait réuni le gouvernement de la République démocratique du Congo et le mouvement AFC/M23 dans une dynamique structurée, ponctuée de rencontres officielles, de déclarations conjointes et de mécanismes de suivi du cessez-le-feu.
L’opinion publique, témoin attentif de ces séquences diplomatiques, a vu les deux parties parapher des textes saluant les avancées enregistrées et se félicitant des efforts de facilitation entrepris par Qatar, à travers la plateforme de Doha.
Or, l’émergence concomitante d’autres canaux de médiation, notamment ceux adossés à Luanda, suscite un trouble perceptible. Le processus de Doha a-t-il été formellement clos, simplement suspendu, ou demeure-t-il juridiquement et politiquement en vigueur ?
A défaut de clarification officielle, le risque est grand de voir se superposer des architectures diplomatiques concurrentes, générant une confusion normative préjudiciable à la cohérence des engagements pris. Car tout processus de paix tire sa force non seulement de la solennité des signatures, mais de la continuité institutionnelle qui en garantit l’exécution.
Entre continuité diplomatique et dilution des engagements : la mémoire fragile des accords
Dans l’hypothèse où le processus de Doha conserverait une validité politique, il conviendrait d’en inventorier les acquis avec rigueur : quels mécanismes de vérification ont effectivement été institués ? Quels dispositifs de surveillance du cessez-le-feu ont été opérationnalisés ? Quels engagements substantiels ont franchi le seuil de la déclaration de principe pour entrer dans la sphère de l’effectivité ? Ces questions ne relèvent pas d’un formalisme tatillon, mais d’une exigence de traçabilité diplomatique. Une médiation nouvelle, pour être crédible, ne saurait ignorer les fondations déjà posées sans courir le risque de fragiliser l’ensemble de l’édifice.
La succession ou la coexistence de cadres de dialogue, qu’ils soient impulsés depuis Doha ou depuis Luanda ne doit pas se traduire par une amnésie politique. Chaque signature engage, chaque communiqué co-signé crée une attente, chaque mécanisme annoncé fonde une responsabilité.
A défaut d’articulation explicite entre les différentes initiatives, la paix devient un horizon perpétuellement repoussé, et la diplomatie un théâtre d’ombres où les annonces solennelles se dissipent dans l’indétermination stratégique.
La véritable bataille, feutrée mais décisive, ne se joue peut-être pas seulement sur le terrain militaire, mais dans la maîtrise des séquences diplomatiques : celle qui saura imposer sa continuité, sa cohérence et sa légitimité écrira, en définitive, la grammaire de la sortie de crise.














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