Le dernier épisode en date, qui voit Didier NANGAA ILAANI, frère de l’ancien président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC/M23 être arbitrairement arrêté et séquestré depuis dix jours à l’Agence nationale de renseignements (ANR) d’Isiro, illustre avec une acuité tragique cette dérive inquiétante.
Les ordres en provenance du Gouverneur BAKOMITO et du REDOC KASONGO, ce dernier beau-frère du Chef de l’État, semblent préparer son transfert à Kinshasa à bord d’un avion spécialement affrété ce dimanche, soulignant la mobilisation disproportionnée des moyens de l’État au service d’une vendetta privée.
Il est pour le moins inquiétant que l’appartenance familiale devienne désormais un critère de suspicion et de sanction. Didier NANGAA ILAANI n’est en rien impliqué dans les engagements politiques ou même spirituels de son frère et n’a jamais été associé aux activités de l’AFC ou du M23.
Et pourtant, sa simple parenté suffit à le transformer en cible, victime d’une persécution orchestrée par des autorités qui devraient incarner la neutralité et protéger les citoyens, plutôt que de les soumettre à l’arbitraire.
Cette dérive, qui s’inscrit dans un contexte de harcèlement continu de la famille Nangaa, interroge sur l’état du droit et de la justice en RDC. Elle révèle une volonté manifeste de criminaliser des individus pour des liens de sang, une approche qui heurte les principes élémentaires de responsabilité individuelle et de liberté politique.
Le signal envoyé aux populations est d’une clarté effrayante : en RDC, être apparenté à quelqu’un peut désormais suffire à être assimilé à ses positions et à ses choix, au mépris de la raison et du droit.
La société civile de la province du Haut-Uélé, qui tire la sonnette d’alarme, n’exagère pas : « Etre membre de la famille Nangaa ne signifie nullement partager ses convictions, tant politiques que spirituelles », rappelle un de ses éminents représentants. Et pourtant, c’est précisément cette distinction fondamentale qui est systématiquement ignorée dans le traitement des membres de cette famille.
Il est urgent que la communauté nationale et internationale se penche sur ces pratiques arbitraires, qui constituent une atteinte grave aux libertés fondamentales et à la dignité humaine. La République démocratique du Congo ne peut se permettre que le sang et le nom deviennent des critères de culpabilité.
Il est impératif que les autorités de sécurité se souviennent de leur devoir sacré : protéger tous les citoyens, sans discrimination, sans vengeance, sans haine.
Le cas de Didier NANGAA ILAANI est plus qu’une affaire individuelle ; il est le symbole d’une justice pliée sous le poids de l’influence et du favoritisme. Il est temps que le droit reprenne sa place et que la République mette un terme à cette série noire qui menace de transformer la parenté en condamnation.
La liberté, l’équité et la dignité humaine exigent qu’on élève la voix contre cette dérive inacceptable.














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