La République des incohérences : Autopsie psychopolitique du régime tshisekedi

Redigé par IGIHE
Le 19 janvier 2026 à 02:09

Six ans après son arrivée au pouvoir, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo reste une énigme pour les chancelleries occidentales, mais pour les observateurs avisés de la scène congolaise, sa gouvernance dessine un motif psychologique inquiétant.

Ce que l’opinion publique qualifie d’« agissements anormaux » des revirements diplomatiques spectaculaires aux scandales de corruption qui touchent le cœur de la présidence ne sont pas de simples accidents de parcours. Ils sont les symptômes cliniques d’un pouvoir né dans le compromis, vivant dans l’insécurité permanente et gouverné par l’impulsivité. Pour comprendre la trajectoire erratique de la République Démocratique du Congo (RDC) aujourd’hui, il faut placer le régime sur le divan.

Tout remonte au péché originel de janvier 2019 : l’accord secret de Kingakati. Félix Tshisekedi n’a pas conquis le pouvoir par une victoire électorale incontestée, les données de la conférence épiscopale (CENCO) et les fuites désignaient l’opposant Martin Fayulu comme le véritable vainqueur. Il a accédé à la magistrature suprême grâce à un « deal » avec son prédécesseur Joseph Kabila, qui cherchait à garder la mainmise sur l’appareil sécuritaire.

Ce déficit de légitimité a instillé au sommet de l’État un « syndrome de l’imposteur ». Le Président vit avec la conscience aiguë que son trône est fragile, ce qui engendre une paranoïa structurelle. La rupture brutale de l’alliance avec Kabila en 2020 n’était pas seulement une manœuvre politique, mais un acte d’affranchissement psychologique nécessaire pour tuer le père. Cependant, cette méfiance s’est depuis métastasée, touchant ses propres alliés comme Jean-Marc Kabund ou Moïse Katumbi, perçus non comme des partenaires, mais comme des menaces existentielles potentielles.

Sur la scène internationale, cette insécurité se traduit par une diplomatie de l’ego, marquée par une volatilité extrême. L’exemple le plus frappant reste la rhétorique utilisée contre le président rwandais Paul Kagame. Passant de « frère » à ennemi juré, Tshisekedi a franchi un rubicon diplomatique lors de la campagne électorale de 2023 en comparant Kagame à Adolf Hitler, lui prêtant des visées expansionnistes.

Cette comparaison outrancière relève de la projection psychologique : en diabolisant l’adversaire de manière absolue, Tshisekedi tente de s’exonérer de ses propres échecs sécuritaires. C’est une fuite en avant verbale qui isole Kinshasa, perçu comme un partenaire incapable de retenue ou de stratégie froide.

Schizophrénie sécuritaire : Des « clochards » aux mercenaires

Le rapport du Chef de l’État avec son armée illustre une dissonance cognitive profonde. En qualifiant publiquement les militaires congolais d’« armée de clochards » même s’il s’agissait de dénoncer leurs conditions de vie, le Commandant Suprême a brisé le lien de confiance avec ses troupes.

Conséquence directe de ce mépris inconscient : la sous-traitance de la souveraineté. Ne faisant pas confiance aux FARDC, le régime a recours à des solutions de survie désespérées. D’un côté, il légitime les milices locales « Wazalendo », dont certains éléments se livrent à la criminalité à Kalemie. De l’autre, il engage des sociétés militaires privées, comme les mercenaires roumains d’Horatiu Potra, pour assurer la défense des positions clés. Plus grave encore, des rapports onusiens confirment la collaboration tactique avec les FDLR (milices génocidaires hutu).

L’affaire PayServices, qui vient d’éclater devant la justice américaine, offre une radiographie de la prédation financière du régime. La firme accuse des hauts responsables congolais, dont des proches du Président, d’avoir exigé des pots-de-vin de plusieurs millions de dollars pour débloquer un contrat de numérisation.

Le détail le plus révélateur est la réaction prêtée au Président : lorsqu’il aurait enfin rencontré les investisseurs en mai 2025, il se serait déclaré « choqué » d’apprendre ces blocages. Cette posture du « roi nu », qui règne mais ne sait pas, est devenue une stratégie de survie. Elle permet au Président de se dissocier psychologiquement de la corruption endémique de sa cour, tout en ne prenant aucune mesure radicale pour l’endiguer.

Enfin, le régime excelle dans la production de simulacres. Le projet « Kinshasa Arena », promis pour être le plus grand palais des sports de la région, gît aujourd’hui à l’arrêt, transformé en ruine moderne faute de financements, tandis que les partenaires turcs plient bagage. C’est la métaphore parfaite d’une présidence qui privilégie l’effet d’annonce à la réalité de la gestion.

En somme, la « psychologisation » des agissements de Félix Tshisekedi révèle un pouvoir en mode survie, hanté par ses origines troubles et naviguant à vue. L’« anormalité » n’est plus l’exception, elle est devenue le mode de gouvernance d’un régime qui, faute de pouvoir transformer le Congo, tente désespérément de se maintenir au-dessus du chaos qu’il contribue à alimenter.

Six ans après son arrivée au pouvoir, Félix Tshisekedi demeure une énigme pour l’Occident, tandis que sa gouvernance révèle un motif psychologique inquiétant

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