Urgent

La mise au point de Corneille Nangaa

Redigé par Tite Gatabazi
Le 14 février 2026 à 02:20

À la suite des appels renouvelés en faveur d’un cessez-le-feu dans l’Est de la République démocratique du Congo, Corneille Nangaa, coordonnateur politique de l’AFC/M23, a tenu à clarifier publiquement la position de son mouvement.

Dans une déclaration structurée et sans ambiguïté, il affirme que l’AFC/M23 demeure résolument engagée à mettre en œuvre, sans délai et de bonne foi, le mécanisme arrêté dans le cadre du processus de Doha.

Cette profession de foi se veut l’expression d’une responsabilité politique assumée et d’une volonté proclamée d’aboutir à un règlement négocié, durable et inclusif du conflit. À en croire Nangaa, l’option diplomatique ne constitue ni un artifice tactique ni un simple habillage rhétorique, mais un choix stratégique dicté par la conscience des impasses militaires et par l’exigence d’une solution politique structurée.

Toutefois, la déclaration ne se limite pas à cet engagement. Elle s’accompagne d’une dénonciation vigoureuse de ce que l’AFC/M23 qualifie de « stratégie de fragmentation diplomatique » imputée au régime de Kinshasa.

Selon Corneille Nangaa, la multiplication de cadres parallèles, d’initiatives concurrentes et de forums périphériques en marge d’un processus centralisé et consensuel ne ferait que brouiller les lignes de médiation et diluer la cohérence des efforts entrepris.

Une telle prolifération de canaux, loin de favoriser la convergence, affaiblirait la crédibilité des engagements et retarderait l’avènement d’un règlement politique sérieux.

Plus grave encore, la déclaration met en exergue une contradiction que l’AFC/M23 estime manifeste : alors que les autorités de Kinshasa auraient publiquement adhéré au principe d’un cessez-le-feu, les réalités du terrain témoigneraient, selon elle, d’une poursuite d’actes de belligérance caractérisés.

Offensives contre des localités densément peuplées, recours à des mercenaires, bombardements affectant indistinctement des populations civiles : autant d’éléments que l’AFCM23 invoque pour illustrer une escalade militaire assumée, en rupture flagrante avec l’esprit et la lettre des engagements proclamés.

Pour l’AFC/M23, cette dissonance entre le discours et l’action relèverait d’une manœuvre communicationnelle destinée à façonner l’opinion nationale et internationale. L’adhésion affichée au cessez-le-feu ne serait, selon elle, qu’un artifice visant à se soustraire à des responsabilités politiques et à masquer la poursuite d’une stratégie fondamentalement militariste.

Enfin, la mise au point de Corneille Nangaa élargit son propos à la dimension régionale du conflit. L’AFC/M23 exprime son inquiétude face à l’attitude du président burundais, appelé à assumer la présidence tournante de l’Union africaine, estimant que certaines postures contribuent à la persistance de violences ciblées contre les communautés banyamulenge.

Sans entrer dans des développements circonstanciés, le mouvement appelle la communauté internationale ainsi que les institutions continentales à exercer une vigilance accrue, afin de prévenir toute escalade supplémentaire et d’éviter une aggravation des tensions ethniques et de la crise humanitaire dans la région des Grands Lacs.

Ainsi, cette mise au point se présente moins comme un simple communiqué que comme un acte politique articulé, visant à redéfinir les responsabilités, à interpeller les médiateurs et à repositionner l’AFC/M23 dans le champ diplomatique.

Reste à savoir si les déclarations d’intention se traduiront en actes tangibles, capables d’inverser la dynamique d’un conflit dont la complexité et la profondeur continuent de défier les initiatives successives.

Corneille Nangaa affirme que l’AFC/M23 demeure résolument engagée à mettre en œuvre, sans délai et de bonne foi, le mécanisme arrêté dans le cadre du processus de Doha

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