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La rareté de la parole présidentielle ou quand Joseph Kabila se fait entendre

Redigé par Tite Gatabazi
Le 23 mars 2026 à 09:56

Peu prolixe, presque silencieux depuis qu’il occupait la magistrature suprême et encore davantage depuis la passation pacifique et civilisée du pouvoir, l’ancien président et sénateur à vie de la RDC, Joseph Kabila choisit ses mots avec une prudence extrême. Sa parole, devenue denrée rare, acquiert par là-même un poids singulier lorsqu’elle se manifeste.

Dans un geste exceptionnel, il a accepté de s’entretenir avec Hubert Leclercq pour le journal La Libre, à Goma, offrant ainsi un éclairage inédit sur la situation sécuritaire et politique de la République démocratique du Congo.

C’est au détour d’une déclaration cinglante que l’ancien président interpelle la conscience nationale et internationale : « Il faut mettre fin à cette dictature, cette tyrannie qui vient de s’installer. »

Ce jugement, d’une densité rare, témoigne non seulement de son analyse lucide des dynamiques du pouvoir actuel, mais également de son engagement, bien que discret, à préserver l’État de droit et la stabilité institutionnelle dans un contexte de crise exacerbée.

Le spectre de la "soudanisation" un avertissement à méditer

Au cœur de cet entretien exclusif, Joseph Kabila alerte sur le risque de « soudanisation » de la crise congolaise, une formule qui résonne comme un avertissement solennel et lourd de sens. Il évoque le danger que la fragmentation politique et sécuritaire ne transforme le pays en un théâtre de conflits prolongés, à l’instar des tragédies observées dans d’autres régions de l’Afrique.

Cette mise en garde, exprimée avec sobriété mais non moins d’acuité, invite à considérer la crise non seulement comme un ensemble d’événements isolés, mais comme un processus structurel qui, si l’on n’y prend garde, pourrait menacer l’unité et la cohésion nationale.

En consentant à cet entretien, l’ancien Président Kabila transcende la retenue habituelle qui a marqué sa posture publique, offrant ainsi à l’observateur attentif un diagnostic rare, mais d’une gravité indiscutable.

Cet échange, dense et incisif, constitue une pierre de réflexion incontournable pour quiconque s’intéresse à la trajectoire politique et sécuritaire de la République démocratique du Congo.

Par cet entretien, l’ancien président Kabila s’affranchit de sa réserve habituelle, offrant un constat rare et d’une gravité manifeste

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