Ces déclarations interviennent alors que les autorités congolaises ont tendance à relativiser l’influence et les capacités opérationnelles des FDLR, les décrivant comme un groupe composé de personnes âgées. En février 2026, le gouvernement congolais, par la voix de Patrick Muyaya, avait nié tout lien avec les FDLR, estimant que le Rwanda exagérait la menace, certains membres étant désormais localisés dans des zones contrôlées par l’AFC/M23.
Pour Twagirumukiza, ces déclarations ne correspondent pas à la réalité. Ancien militaire des ex-FAR, il avait quitté le Rwanda en 1994 pour la RDC et rejoint un camp à Burungu, dans le Sud-Kivu, où militaires et civils étaient formés avant d’intégrer les FDLR : « ceux qui prétendent que les FDLR n’existent plus minimisent le génocide perpétré contre les Tutsi et cherchent à affaiblir le Rwanda. Nous formions constamment de nouveaux soldats, jeunes et vigoureux. Aujourd’hui, ces jeunes sont toujours actifs. »
Twagirumukiza a également évoqué des divisions internes au sein des FDLR, qui ont conduit en 2016 à la création d’une faction séparée, le CNRD. Cette faction s’est ensuite rapprochée d’autres groupes pour former le MRCD, dirigé par Paul Rusesabagina, avec une branche militaire, le FLN, qui a mené des attaques sur le territoire rwandais.
Les attaques du FLN en 2018
Entre juin et novembre 2018, le FLN a perpétré une série d’attaques meurtrières dans les zones avoisinant le parc national de Nyungwe, entraînant de nombreuses pertes humaines, des pillages systématiques et la destruction de plusieurs infrastructures. Ces assauts ont été enregistrés les 3 et 19 juin, le 1er et 13 juillet, ainsi que le 15 novembre.
Nsabimana Callixte, ancien porte-parole du FLN, avait alors précisé que ces attaques ciblaient les forces de défense rwandaises ainsi que des infrastructures stratégiques telles que des ponts et des routes, dans le but d’isoler certaines régions. Twagirumukiza, membre du CNRD à l’époque, a affirmé avoir été au courant de ces opérations.
« Je suis resté de l’autre côté, mais nous étions au courant de ces assauts qui faisaient de nombreuses victimes au Rwanda », a-t-il déclaré, soulignant l’ampleur meurtrière de ces attaques.
Selon lui, continuer les combats dans les forêts en RDC n’avait plus de sens, raison pour laquelle il a choisi de rentrer au Rwanda. Twagirumukiza a également évoqué les horreurs du génocide contre les Tutsi, dont il avait été témoin. « Ces événements ne doivent jamais se répéter. Voir tant de cruauté, alors que certains minimisent toujours cette tragédie, est profondément affligeant », a-t-il affirmé, saluant les progrès accomplis par le Rwanda depuis 1994.
Selon l’ancien combattant, l’insécurité actuelle plonge ses racines dans le génocide contre les Tutsi de 1994 et les violences qui ont suivi.
Après que les forces ex-FAR et des Interahamwe aient massacré plus d’un million de Rwandais avant de fuir vers le Zaïre, ces groupes se sont établis dans des camps à Goma et Bukavu, rapidement transformés en véritables bases militaires, n’ayant pas été désarmés et éloignés des frontières rwandaises.
À partir de ces camps, ils ont recruté de nouveaux combattants, lancé leur entraînement et orchestré des attaques sanglantes sur le territoire rwandais, donnant naissance à l’ALiR, puis aux FDLR.
Aujourd’hui, le nombre de combattants des FDLR en RDC est estimé entre 7 000 et 10 000, perpétuant une menace sécuritaire majeure et la mémoire de crimes d’une ampleur effroyable.














AJOUTER UN COMMENTAIRE
REGLES D'UTILISATIONS DU FORUM
Ne vous eloignez pas du sujet de discussion; Les insultes,difamations,publicité et ségregations de tous genres ne sont pas tolerées Si vous souhaitez suivre le cours des discussions en cours fournissez une addresse email valide.
Votre commentaire apparaitra apre`s moderation par l'équipe d' IGIHE.com En cas de non respect d'une ou plusieurs des regles d'utilisation si dessus, le commentaire sera supprimer. Merci!