Le ministre s’exprimait ce 19 mars 2026, lors d’une séance avec la Commission parlementaire sur la Gouvernance, l’Égalité des sexes et l’Autonomisation des femmes.
Selon le Dr Nsanzimana, l’ajout de services auparavant non couverts a considérablement augmenté les coûts supportés par la Rwanda Social Security Board (RSSB). Les nouvelles prestations devraient accroître les dépenses annuelles d’au moins 21 milliards de Rwf.
Le 24 février 2026, le gouvernement a annoncé des réformes visant à renforcer la Mutuelle de Santé, un programme en place depuis 25 ans, fondé sur le principe de solidarité pour garantir l’accès aux soins à tous les Rwandais.
À l’origine, les cotisations étaient de 1 000 Rwf, puis portées à 3 000 Rwf en 2011. La nouvelle structure catégorise les contributions selon le statut socio-économique :
Les citoyens du premier registre social sont entièrement subventionnés par l’État.
La deuxième catégorie paiera 3 000 Rwf.
La troisième catégorie paiera 5 000 Rwf.
La quatrième catégorie paiera 8 000 Rwf.
Les membres du cinquième registre social contribueront à hauteur de 20 000 Rwf.
La RSSB estime que près de 90 % des membres paieront entre 4 000 et 8 000 Rwf.
Le ministre a précisé que cette augmentation reflète l’inclusion de traitements coûteux mais essentiels, tels que la prise en charge du cancer, la dialyse rénale, les transplantations d’organes, les chirurgies orthopédiques et spinales, ainsi que les dispositifs d’assistance pour les personnes handicapées, notamment déficientes auditives et visuelles.
En 2025, le programme a dépensé 98 milliards de Rwf, tandis que les cotisations des membres s’élevaient à seulement 31 milliards de Rwf, soit 34 % du financement total, révélant un déficit que les réformes visent à combler.
Le Dr Nsanzimana a détaillé la répartition des cotisants : 6,89 % sont entièrement couverts par l’État en raison de pauvreté extrême ; 23 % paieront 3 000 Rwf avec un complément de 1 000 Rwf de l’État ; plus de 35 % paieront 5 000 Rwf ; 26 % contribueront 8 000 Rwf ; et 8 % paieront 20 000 Rwf.
Des efforts sont en cours, menés par le MINALOC et la RSSB, pour corriger les erreurs de classification socio-économique et assurer l’équité. Ces ajustements devraient être finalisés en juillet 2026, au début de la nouvelle année d’assurance.
Malgré la hausse, le ministre a insisté sur le fait que les cotisations restent relativement faibles par rapport au coût des services offerts. L’inclusion des médicaments pour le traitement du cancer, par exemple, a ajouté au moins 9 milliards de Rwf aux dépenses annuelles de la RSSB.
« Ces coûts sont considérables, c’est pourquoi nous avons dû revoir la manière de renforcer financièrement le programme, tout en veillant à ce que la charge pour les citoyens reste supportable », a expliqué le Dr Nsanzimana, précisant que des propositions antérieures avaient envisagé de porter les cotisations jusqu’à 15 000 Rwf.
Il a averti que le non-ajustement des cotisations avait mis à rude épreuve la prestation des services. « C’était comme vouloir puiser de l’eau dans un récipient vide. Nous devons réinvestir dans le système, surtout maintenant que nous avons ajouté des services très coûteux », a-t-il souligné.
L’élargissement de la couverture améliore déjà l’accès aux soins. Auparavant, les séances de dialyse couvertes par le programme étaient limitées à 18 par patient, après quoi les coûts étaient à la charge des patients eux-mêmes. Chaque séance coûte environ 75 000 Rwf, et les patients nécessitent généralement trois séances par semaine, ce qui devient inabordable sans assurance.
Le ministre a également mis en avant les progrès dans les traitements spécialisés, notamment les transplantations rénales désormais effectuées par des médecins rwandais formés à l’étranger, ainsi que les projets d’élargir des services tels que la chirurgie cardiaque.
En 2024, plus de 6 000 patients nécessitant une chirurgie orthopédique n’avaient pas pu accéder aux soins, mais ont depuis été traités grâce à l’inclusion de ces services dans la Mutuelle de Santé.
Les parlementaires ont insisté sur l’importance de sensibiliser le public pour expliquer les raisons des changements. Le député Deogratias Nzamwita a rappelé que des résistances similaires avaient été observées lors de l’introduction de RAMA et de la Mutuelle de Santé, mais que la compréhension du public s’était améliorée par la suite. Le député Etienne Mvano Nsabimana a ajouté qu’une communication claire aiderait à apaiser les inquiétudes.
Par ailleurs, Anastase Nabahire, président de la commission, a demandé aux autorités de résoudre des problèmes persistants, comme les incohérences dans la prescription des médicaments, où des traitements recommandés par des spécialistes sont parfois modifiés par des médecins affiliés à la RSSB, suscitant des interrogations parmi les patients.
Les cotisations révisées ont déjà commencé à être perçues et entreront officiellement en vigueur en juillet 2026.














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