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Le FMI plaide pour un environnement économique solide et une réforme des exonérations fiscales au Rwanda

Redigé par IGIHE
Le 7 mai 2026 à 11:45

Le Directeur général adjoint du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), Dr Montfort Mlachila, a encouragé la mise en place d’un environnement économique et institutionnel solide permettant aux investisseurs de tirer des bénéfices durables de leurs activités.

Par ailleurs, il a recommandé aux pays, dont le Rwanda, d’éviter de recourir aux exonérations fiscales comme principal levier pour attirer les investisseurs.

Cette position a été exprimée lors de discussions entre le FMI et diverses institutions rwandaises, tenues à l’occasion de la présentation d’un rapport sur la situation économique des pays situés au sud du Sahara en 2025, ainsi que sur les effets du conflit en cours dans les pays arabes.

Lors de son allocution, le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a indiqué que les conclusions de ce rapport serviront de base à la planification nationale, d’autant plus que les effets des conflits internationaux sont susceptibles de perdurer au-delà de deux ans.

Il a rappelé qu’en 2025, l’économie rwandaise a enregistré une croissance de 9,5 %, un niveau considéré comme le plus élevé depuis la période post-Covid-19. Toutefois, il a souligné que ce rythme de croissance reste insuffisant au regard des ambitions de développement du pays.

Selon les explications, la croissance actuelle du produit intérieur brut (PIB) par habitant est estimée à 1,4 %, ce qui demeure faible. Illustrant cette situation, il a indiqué qu’à ce rythme, il faudrait environ 50 ans pour doubler le revenu par habitant.

« Pour être clair, nous sommes autour de 1 000 dollars par habitant par an. Le doubler prendrait 50 ans, ce qui n’est pas acceptable. Dans certains pays d’Asie de l’Est, ce résultat est atteint en 15 ans », a-t-il expliqué.

Impact des tensions internationales sur les prix mondiaux

Le rapport du FMI met également en évidence les effets du conflit en Iran, qui ont contribué à la hausse des prix sur les marchés internationaux, notamment en raison des perturbations dans l’approvisionnement en produits pétroliers.

Il souligne également une forte augmentation des prix des engrais sur les marchés mondiaux, une situation susceptible d’entraîner une hausse des prix des denrées alimentaires dans de nombreux pays de la région au cours de l’année prochaine.

Face à ces défis, le ministre Yusuf Murangwa a assuré que le gouvernement rwandais travaille à garantir un approvisionnement régulier en pétrole et en diesel afin de soutenir les différents secteurs économiques et permettre aux opérateurs économiques de poursuivre leurs activités.

Il a également averti que la hausse des prix des engrais constitue un enjeu majeur nécessitant des mesures anticipées afin d’en limiter les effets sur l’économie nationale et la sécurité alimentaire.

Exonérations fiscales : une politique jugée inefficace pour attirer les investisseurs

Lors des échanges, le FMI a recommandé aux pays de ne pas considérer les exonérations fiscales comme un instrument central d’attraction des investissements.

La responsable de l’investissement au sein du Rwanda Development Board (RDB), Michelle Iradukunda, a pour sa part soulevé la question de savoir s’il existait d’autres mécanismes permettant d’attirer les investisseurs en l’absence d’allègements fiscaux.

Dr Montfort Mlachila a souligné que les exonérations fiscales constituent souvent une contrainte pour les États, certains investisseurs les utilisant comme levier de négociation pour obtenir des avantages supplémentaires, en menaçant de déplacer leurs capitaux vers des pays voisins. Il a précisé que les études montrent que ces exonérations ne sont pas un facteur déterminant dans les décisions d’investissement.

« Les investisseurs recherchent des rendements élevés, mais ces rendements dépendent de nombreux autres facteurs », a-t-il souligné.

Selon lui, la solution durable réside dans le renforcement des institutions, la stabilité du cadre réglementaire, la lutte contre la corruption et la promotion d’une bonne gouvernance, expliquant que lorsque ces conditions fondamentales sont réunies, les investisseurs peuvent être attirés même en l’absence d’importantes exonérations fiscales.

Dr Mlachila a également insisté sur le fait que, lorsque des exonérations sont accordées, elles doivent être limitées dans le temps, encadrées juridiquement et appliquées de manière transparente et équitable.

« Cela permet d’éviter les exonérations accordées de manière sélective à certaines entreprises ou individus, ce qui peut favoriser la corruption », a-t-il averti.

Le FMI prévoit en outre que l’économie rwandaise connaîtra une croissance comprise entre 7,2 % en 2026 et 7,6 % en 2027, confirmant ainsi des perspectives globalement positives malgré les incertitudes liées au contexte international.

Le ministre des Finances et de la Planification économique, Yusuf Murangwa, a indiqué que le rapport présenté contribuera à la mise en place d’une planification solide au Rwanda
Le directeur principal de l’économie au sein du département Afrique du FMI, Dr Nikola Spatafora, présente un aperçu de la situation économique des pays d’Afrique subsaharienne
Le directeur général adjoint du département Afrique du Fonds monétaire international (FMI), Dr Montfort Mlachila
La gouverneure de la Banque nationale du Rwanda, Soraya Hakuziyaremye, a appelé à des mesures pour aider les populations à faire face aux effets du conflit au Moyen-Orient
Le directeur en charge de l’économie à la Banque nationale du Rwanda, Dr Thierry Kalisa, a participé à ces échanges

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