Le Rwanda dénonce les sanctions « unilatérales » américaines

Redigé par IGIHE
Le 2 mars 2026 à 11:52

Le Gouvernement du Rwanda a exprimé ses regrets après l’imposition, le 2 mars 2026, par les États-Unis de sanctions visant les Forces de défense rwandaises (RDF) et quatre de leurs hauts responsables. Kigali qualifie ces mesures d’« injustes », « unilatérales » et « déformant la réalité » du conflit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).

Selon " l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) ", relevant du Département du Trésor des États-Unis, les sanctions concernent les RDF en tant qu’institution ainsi que quatre hauts responsables militaires : le général Mubarakh Muganga, chef d’état-major général ; le général de division Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée de terre ; le général de brigade Stanislas Gashugi, commandant des forces spéciales ; et le général de division Ruki Karusisi, commandant de la cinquième division.

Des attaques persistantes malgré les Accords de Washington

Début décembre 2025, le Rwanda et la RDC avaient signé les Accords de Washington, visant à rétablir la paix dans l’est de la RDC.

Cependant, Kigali dénonce la poursuite des attaques menées par une coalition alliée à la RDC, comprenant la milice génocidaire des FDLR, des mercenaires, des soldats burundais et la milice Wazalendo. Ces offensives, terrestres et par drones, ont visé des positions de l’AFC/M23 ainsi que des zones densément peuplées.

La RDC accuse de son côté le Rwanda de soutenir le M23, mouvement rebelle ayant repris les combats en 2021 pour défendre les droits des communautés tutsi marginalisées.

La déclaration des États-Unis a imposé des sanctions en accusant le Rwanda de soutenir le M23, des allégations que Kigali a constamment rejetées, tout en exhortant la République démocratique du Congo à mettre fin à sa collaboration avec les FDLR, responsables de plusieurs attaques sur le sol rwandais.

Kigali dénonce une approche « partiale »

Dans son communiqué du 2 mars, le Gouvernement rwandais souligne que les sanctions « ciblent injustement une seule partie au processus de paix » et « déforment la réalité et altèrent les faits concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo ».

« Les attaques constantes et indiscriminées par drones et les offensives terrestres constituent des violations claires des accords de cessez-le-feu par la RDC et continuent de coûter de nombreuses vies. Protéger le Rwanda est un honneur que les Forces de défense rwandaises portent avec fierté », ajoute le communiqué.

Engagement renouvelé envers les Accords

Depuis la signature des Accords de Washington le 4 décembre 2025, le Rwanda a réaffirmé à plusieurs reprises sa disposition à les respecter, précisant que ses mesures défensives ne seront levées que lorsque la RDC aura complètement neutralisé les FDLR.

Dans le communiqué publié, Kigali insiste : « La RDC s’était engagée, dans les Accords de Washington, à mettre fin de manière irréversible et vérifiable au soutien de l’État envers la FDLR et les milices associées, mais n’a pris aucune mesure en ce sens. »

Le Rwanda se félicite de la reprise du processus de mise en œuvre, y compris celle du Comité de supervision conjoint, qui nécessite une approche équitable de la part de tous les partenaires. Le pays réaffirme par ailleurs son engagement à respecter l’ensemble des Accords de Washington, y compris le Cadre d’intégration économique régionale.

Le Gouvernement rwandais souligne que les sanctions déforment la réalité et altèrent les faits concernant le conflit dans l’est de la République démocratique du Congo

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