En qualifiant désormais la Constitution de « constitution des étrangers », She Okitundu qui en fut hier l’un des garants institutionnels semble renier, avec une légèreté confondante, les fondements mêmes qu’il était tenu de défendre.
Une telle métamorphose, loin de relever d’une évolution doctrinale mûrie et assumée, donne plutôt le sentiment d’un alignement opportuniste sur de nouvelles allégeances, où la loyauté se redéfinit au gré des intérêts du moment.
Ce faisant, la parole publique s’en trouve fragilisée et l’exigence de cohérence, pourtant essentielle à la crédibilité des anciens serviteurs de l’État, s’efface au profit d’une posture dont la précipitation interroge autant qu’elle inquiète.
Il est des déclarations qui, sous couvert de patriotisme offensif, révèlent moins une profondeur de pensée qu’une inquiétante plasticité des convictions.
Affirmer que toute opposition à une révision constitutionnelle relèverait d’une hostilité à l’égard de la nation elle-même procède d’un raccourci aussi périlleux qu’infondé. Car, dans toute démocratie digne de ce nom, la Constitution n’est ni un instrument de circonstance ni une arme polémique : elle est le socle de l’État de droit, le garant de l’équilibre des pouvoirs et le rempart contre les emballements conjoncturels.
En invoquant l’ombre commode d’une influence étrangère pour disqualifier toute voix discordante, certains discours cèdent à une facilité rhétorique dont l’histoire politique regorge d’exemples. L’argument de l’ingérence extérieure, mobilisé à l’envi, devient alors un alibi commode pour éviter le débat de fond, celui qui interroge la pertinence, l’opportunité et la finalité d’une réforme constitutionnelle.
A défaut de convaincre par la rigueur des idées, on disqualifie par la suspicion, substituant à l’argumentation un procès d’intention.
Plus troublante encore est la trajectoire de certaines figures intellectuelles, jadis réputées pour la constance de leur engagement et qui semblent aujourd’hui céder à une versatilité déconcertante.
Cette promptitude à épouser les inflexions du moment, à reconfigurer ses positions au gré des rapports de force, interroge la nature même de l’engagement politique. Car la fidélité aux principes ne saurait être à géométrie variable, ajustée selon les opportunités ou les bénéfices escomptés.
Dans ce théâtre politique où les alliances se font et se défont avec une célérité déconcertante, le reniement devient parfois une stratégie, et la conviction un simple accessoire. Les fidélités d’hier sont sacrifiées sur l’autel des ambitions immédiates, tandis que la réflexion cède le pas à la précipitation.
Cette dérive n’est pas sans conséquence : elle fragilise la crédibilité de la parole publique et nourrit une défiance croissante au sein d’un corps citoyen de plus en plus attentif aux incohérences de ses élites.
Il ne s’agit pas ici de contester le droit au débat sur l’évolution constitutionnelle, débat légitime par essence, mais d’en dénoncer les détournements. Car une Constitution ne se réforme ni dans la précipitation ni sous la pression de récits simplificateurs. Elle exige hauteur de vue, rigueur intellectuelle et fidélité à l’intérêt général, loin des calculs partisans et des postures opportunistes.
En définitive, ériger la Constitution en bouc émissaire ou en prétexte commode pour masquer des revirements personnels relève d’une instrumentalisation regrettable.
Le véritable patriotisme ne réside ni dans l’invective ni dans l’anathème, mais dans la capacité à défendre, avec constance et intégrité, des principes qui transcendent les contingences du moment.
À défaut, la parole publique se délite, et avec elle, la confiance indispensable à toute entreprise collective durable.














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