Certes, les efforts engagés sous l’égide de diverses capitales et organisations de Washington à Doha, en passant par l’Union africaine, Luanda, Lomé, Nairobi ou encore les instances ecclésiales de la CENCO et de l’ECC sont dûment salués.
Mais cette reconnaissance protocolaire ne saurait masquer une inquiétude plus profonde : celle d’une dynamique compromise par ce que les initiateurs du mouvement qualifient sans ambages de mauvaise foi du pouvoir en place.
Selon cette lecture, l’éloignement progressif des perspectives d’une paix durable ne procède pas d’un simple concours de circonstances, mais bien d’un enchevêtrement de défaillances structurelles délibérément occultées.
En éludant, voire en minimisant gravement les causes profondes du conflit, les initiatives diplomatiques en cours se condamneraient à une inefficacité chronique. Au cœur de ces causes, le Mouvement Sauvons la RDC identifie une rupture du pacte républicain issu des accords de Sun City, le non-respect persistant de la Constitution et des lois de la République, ainsi qu’une crise de légitimité affectant les institutions elles-mêmes.
A ces dérives s’ajoutent, dans un tableau particulièrement sévère, des choix politiques jugés désastreux, une gouvernance qualifiée de prédatrice et la consolidation progressive d’un système à vocation autoritaire. Plus préoccupant encore, l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, ainsi que le recours assumé au tribalisme et à la stigmatisation comme outils de division, seraient érigés en véritables stratégies de maintien au pouvoir. Une telle configuration, si elle devait être avérée, ne pourrait qu’entretenir un climat de défiance généralisée, rendant illusoire toute tentative de stabilisation durable.
Dès lors, le comportement qui s’impose est celui d’une lucidité sans concession : aucune paix véritable ne saurait émerger d’un processus qui se refuse à nommer les causes profondes du désordre qu’il prétend résoudre.
La multiplication des cadres de dialogue, aussi prestigieux soient-ils, ne saurait suppléer l’absence d’une volonté politique authentique de réforme et de restauration de l’État de droit. En persistant à contourner les questions essentielles, la diplomatie internationale risque de se faire l’otage d’une mise en scène où la paix proclamée dissimule mal la perpétuation des logiques de crise.
Ainsi, le communiqué du Mouvement Sauvons la RDC agit comme un révélateur : celui d’un décalage croissant entre les discours officiels et les réalités politiques internes. Il rappelle, avec une insistance quasi doctrinale, que la paix ne se décrète pas dans les chancelleries, mais se construit sur le socle exigeant du respect des normes, de la légitimité institutionnelle et de la justice impartiale.
Faute de quoi, elle demeure une promesse ajournée, condamnée à se dissoudre dans les contradictions qu’elle refuse d’affronter.














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