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Norvège : un homme pratiquement guéri du VIH

Redigé par IGIHE
Le 14 avril 2026 à 06:21

En Norvège, un patient a été estimé pratiquement guéri du VIH après avoir reçu une greffe rare de cellules souches provenant de son frère, ont annoncé des médecins.

Ce cas constitue l’un des très rares exemples de rémission à long terme du VIH recensés dans le monde.

L’homme, âgé de 63 ans et connu sous le nom de « patient d’Oslo », fait désormais partie du cercle restreint de dix personnes dans le monde ayant connu une rémission totale du VIH, à la suite de greffes initialement réalisées pour traiter des cancers graves du sang.

Cette avancée repose sur une mutation génétique rare présente chez son frère, qui empêche le VIH de pénétrer dans les cellules humaines. Cette mutation concerne le gène CCR5 et n’est retrouvée que chez environ 1 % des populations d’Europe du Nord.

Le patient vivait avec le VIH depuis 2006 lorsqu’il a été diagnostiqué, en 2017, d’un syndrome myélodysplasique, un cancer du sang potentiellement mortel. Face à la nécessité de traiter simultanément les deux pathologies, les médecins ont recherché un donneur compatible, sans succès, avant de se tourner vers son frère aîné.

De manière inattendue, ce n’est que le jour de la greffe, réalisée en 2020, que les médecins ont découvert que le donneur portait la mutation génétique déterminante.

« Nous n’en avions aucune idée… C’était incroyable », a déclaré Anders Eivind Myhre, de l’hôpital universitaire d’Oslo.

Deux ans après l’intervention, le patient a arrêté son traitement antirétroviral. Des examens ultérieurs n’ont révélé aucune trace du VIH dans son sang, son intestin ni sa moelle osseuse.

« À toutes fins pratiques, nous sommes presque certains qu’il est guéri », a indiqué Myhre.

Le patient a lui-même décrit cette expérience comme « gagner à la loterie deux fois », selon les chercheurs, dont les résultats ont été publiés dans la revue Nature Microbiology.

Aujourd’hui, les médecins affirment que l’homme est en excellente santé et a retrouvé un niveau d’énergie élevé.

Les spécialistes soulignent toutefois que, malgré son importance scientifique, cette procédure ne constitue pas une solution applicable à grande échelle pour les personnes vivant avec le VIH. Les greffes de cellules souches restent des interventions complexes, risquées et généralement réservées aux patients atteints de cancers graves.

Les chercheurs estiment néanmoins que ces cas exceptionnels sont essentiels pour mieux comprendre les mécanismes permettant d’éliminer le VIH de l’organisme et pour orienter les futures stratégies thérapeutiques.

Il s’agit, selon les médecins, du premier cas connu de guérison du VIH à la suite d’une greffe provenant d’un membre de la famille.

Selon Marius Tøsdal de l’université d’Oslo, le système immunitaire du patient a été « complètement remplacé » par celui du donneur, un phénomène observé pour la première fois à la fois dans la moelle osseuse et les tissus intestinaux d’un patient considéré comme guéri.

Ce cas s’ajoute à d’autres avancées majeures, notamment celui de Timothy Ray Brown, première personne déclarée guérie du VIH en 2008, ainsi que d’autres patients traités à Londres, New York et Genève.

Compte tenu de son rétablissement, les chercheurs estiment que le surnom de « patient d’Oslo » pourrait ne plus être approprié. « Le patient d’Oslo n’est peut-être plus un patient », a résumé M. Tøsdal, ajoutant qu’« il ne se considère plus comme tel ».

En Norvège, un patient a été estimé pratiquement guéri du VIH après avoir reçu une greffe rare de cellules souches provenant de son frère

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